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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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07 octobre 2009   « On a une obligation de résultats »

« On a une obligation de résultats »

Pierre Fosset entame sa dix-septième saison à la présidence du club berruyer avec des ambitions toujours aussi élevées. L'usure du pouvoir, il ne connaît pas !


Pierre Fosset a attaqué sa 17e saison en tant que président du Bourges basket. Un bail ! Pour une réussite exemplaire. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil sur le palmarès du club berruyer, le plus beau de France, tous sports collectifs confondus, tant chez les messieurs que chez les dames. Avec, entre autres titres de gloire, trois victoires en Coupe d’Europe, une Ronchetti, neuf titres de champion de France, cinq coupes de France et sept tournois de la Fédération. Énorme ! Autant de succès, ça frise la boulimie. Ça risque de banaliser les victoires au point de finir par lasser. Eh bien, non ! Le Pierrot, lui, en redemande. « L’objectif de cette saison est clair : conserver le titre et la coupe de France et se qualifier pour le Final Four. »
Ambitieux, le président ! Avec une troupe considérablement rajeunie, renouvelée à 60 % après avoir perdu deux de ses joueuses emblématiques ( Cathy Melain et Céline Dumerc), ça ne sera pas simple. Même avec cette assurance tous risques qu’est Pierre Vincent, l’entraîneur auréolé d’un titre de champion d’Europe avec les Bleues. Mais le président se dit confiant. Dans son groupe, dans son staff et dans le fidèle public du Prado qui sait si bien booster son équipe dans les grandes occasions. Rencontre.

Pierre, dix-sept ans de présidence, ça use… N’avez-vous pas, parfois, l’envie de passer la main ?
En dix-sept ans, j’ai pris beaucoup de cheveux blancs (rires). Il y a eu, parfois, des moments de lassitude mais je n’ai jamais vraiment eu l’envie de raccrocher.
Qu’est-ce qui vous fait continuer ?
J’aime ce club. J’y ai joué. C’est comme une grande famille. La passion aussi… Et les résultats ! Les victoires, les titres, on n’a encore rien trouvé de mieux pour avancer… Depuis que je suis président, j’ai toujours gagné quelque chose. Un championnat, une coupe, un tournoi de la Fédération… Sauf en 2003 et en 2004. Et encore, on avait quand même disputé des finales et on s’était qualifié pour le Final four 2003…
Et si le Bourges Basket ne réussissait plus à gagner ?
Je n’ose même pas l’envisager…

Qu’est-ce qui peut parfois agacer dans ce paysage idyllique ?
Quelques lourdeurs, parfois, au sein même du club, qui sont d’autant plus difficiles à supporter qu’elles n’ont aucune raison d’être. Mais bon, ce n’est pas ça qui peut nous empêcher d’avancer.

« Les vrais problèmes sont financiers ; toujours ! »

Quels sont les vrais problèmes qui se posent à un président ?
Financiers ! Toujours. Notamment quand il faut boucler le budget. Si on a pu pérenniser le club, c’est parce qu’on s’est donné comme ligne de conduite de ne jamais dépenser l’argent qu’on n’a pas. Ce n’est pas maintenant qu’on va changer. Nos partenaires, pour la plupart, traversent une période difficile en raison de la crise économique. Je comprends qu’une entreprise pense à préserver l’emploi avant de donner de l’argent à un club. C’est humain. Et logique. Ainsi, des partenaires ont été obligés de lâcher le club, la mort dans l’âme. D’autres ont donné moins. Mais de nouveaux sont arrivés. Du coup, on aura le même budget que la saison dernière, environ 2,3 millions d’euros (dont 40 % de la part des collectivités).

En période de crise, c’est exceptionnel, non ?
En tout cas, ça fait chaud au coeur. Il y a un autre chiffre qui remonte le moral, celui des abonnés, en progression de 10 % par rapport à la saison dernière qui était pourtant notre meilleure année. Nous avons déjà 630 cette saison et ce n’est peut-être pas fini. C’est la preuve que le club est reconnu et populaire. Cette fidélité du public, ajoutée aux bons résultats, c’est ça qui m’incite à continuer…

Et puis, il y a le nouveau Palais des sports qui se profile à l’horizon 2013…
C’est une motivation supplémentaire, c’est sûr. J’ai d’autant plus envie de découvrir cette nouvelle salle en tant que président que c’est moi qui l’ai demandée.

Est-ce que ça va changer quelque chose dans la politique du club ?
Ce nouveau Palais des sports entraîne forcément une obligation de résultats ; un ancrage important au plus haut niveau, notamment européen. Mais ça ne change rien. Depuis que je suis président, le club a toujours été confronté à une obligation de résultats. Le public le sait. Les joueuses qui viennent à Bourges le savent. Elles signent ici pour gagner des titres. On va tout mettre en oeuvre afin d’avoir une équipe très compétitive pour l’ouverture de la nouvelle salle ; sachant toutefois qu’on peut toujours se planter sur le recrutement ; être victime de la surenchère sur nos meilleures joueuses ou encore payer un lourd tribut aux blessures… Rien n’est jamais acquis.

« Il faudra être digne du nouveau Palais des Sports »

Cette nouvelle salle va-t-elle nécessiter une autre organisation ?
C’est sûr. On ne passe pas comme ça de 3.000 à 5.000 places. On va avoir un énorme travail à effectuer en amont pour en être digne. Il va falloir trouver des idées pour faire venir le public et de nouveaux partenaires. Également dégager de nouveaux moyens financiers pour faire, autour du match, un véritable show. Il faut que les spectateurs s’y sentent bien ; s’y amusent et aient envie d’y venir en famille. Il faudra aussi l’ouvrir, à la mi-temps des matches, aux autres clubs de l’agglo pour qu’ils puissent faire connaître des sports moins médiatisés…

Si vous n’avez pris que neuf joueuses pros cette année, c’est histoire de mettre de l’argent de côté pour bâtir une très grande équipe en 2013 ?
Pas du tout ! Si nous avons limité le groupe à neuf joueuses, sans grands noms, c’est d’abord parce que notre budget ne nous permet pas de faire autrement. C’est aussi une volonté sportive. Cathy et Céline n’étant plus là, il était nécessaire d’entamer un nouveau cycle avec de jeunes joueuses. Nous avons aussi voulu laisser la porte ouverte aux meilleures espoirs issues du centre de formation. Sinon, à quoi bon faire de la formation ?

Comment avez-vous fait le recrutement ?
Je l’ai dit, d’abord en fonction de nos moyens financiers. Le choix des nouvelles joueuses a été fait avec Pierre Vincent. Et tout autant que leurs qualités de basketteuses, on a tenu compte de leur état d’esprit et de leurs facultés d’adaptation. Je pense qu’on a une belle équipe, avec une belle marge de progression. Il faut lui laisser le temps de mûrir.

Que redoutez-vous, alors que la saison ne fait que commencer ?
Au plan sportif, avec une équipe renouvelée à 60 %, il y a une part d’incertitude. On pourra vraiment voir où on se situe lors du premier match d’Euroligue, le 29 octobre au Prado, contre le Prague de Sonja Kireta. En fait, mon inquiétude se situe plutôt au niveau de l’Euroligue. Nous avons une équipe qui n’a pas beaucoup l’expérience du haut niveau. Plusieurs joueuses n’ont encore jamais évolué en Euroligue et n’ont pas l’habitude d’enchaîner les matches tous les trois jours. On risque d’avoir des trous dans la saison. Il faudra alors être fort mentalement pour compenser.

Ne pensez-vous pas que le championnat risque de se limiter à un duel Bourges - Tarbes ? Ou, dit autrement, que certaines équipes, comme Armentières ou Limoges, semblent bien faibles pour espérer figurer honorablement à ce niveau ?
On ne peut pas dire que la Ligue est faible. Si c’était le cas, ce serait embêtant pour nous car le fossé se creuserait avec l’Euroligue… Cela dit, on va découvrir de nouvelles équipes ; c’est intéressant.

Christian Ragot

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