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Bourges Basket : le Berry Républicain 

journal Le Berry Républicain
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27 octobre 2009   Peut-être pas si simple qu'escompté

Peut-être pas si simple qu'escompté

S'il n'y a pas d'ogre dans ce groupe C, Prague et Sopron sont des clients connus, et Kosice s'est sérieusement renforcée. Les Berruyères n'auront aucun droit à l'erreur.


Au lendemain du tirage au sort de l'Euroligue, effectué en juillet dernier à Munich, nous titrions : « Largement dans les cordes des Tango ».

Certes, les joueuses de Pierre Vincent avaient évité les écueils russes ainsi que l'ambitieuse formation de Valence. Mais les semaines écoulées ont amené à tempérer tout excès d'optimisme.

Car quatorze fois quart de finaliste en autant de participations, le club cher au président Fosset trouvera sur son chemin des rivaux qui ont mis à profit les dernières semaines de l'été pour augmenter leurs atouts.

On citera bien entendu au nombre des dangers Sopron. Et pas seulement parce que le champion magyar avait sorti les Tango en quarts, en deux manches sèches, la saison dernière. Le collectif de Norbert Szekely a peu évolué, et ce sera sa grande force. Milovanovic, Honti, Horti, Semsei, c'est du talent ! Équipe la plus jeune à s'être qualifiée pour un Final Four, Sopron ne peut que se bonifier. Et l'arrivée de la prometteuse meneuse serbe Maja Miljkovic est un argument supplémentaire.

Des arguments, l'USK Prague n'en manque pas. Chaque année, le champion tchèque suit la même ligne : conserver un maximum de joueuses cadres, leur adjoindre des coéquipières d 'expérience.

Sandra Le Dréan, les deux anciennes Tango Evi-na Maltsi et Sonja Kireta, la meneuse américaine Lindsay Whalen, sont là pour assurer la continuité. Et Zane Tamane (en provenance d'Orenbourg) comme Cathrine Kraaye- veld (ex Kosice) sont là pour que le club praguois franchisse enfin une étape, sur la scène continentale.

Kosice n'a pas hésité à investir gros
À ces deux clients attendus s'est ajouté le champion de Slovaquie, Kosice. Dont l'appétit sur le marché des transferts, ces dernières semaines, a complètement changé le visage.

Les quatre meilleures réalisatrices de l'exercice précédent (Kraayeveld, Spencer, Frôhlich, Cohen) sont sous d'autres cieux. Jurcenkova est out pour la saison, Jalcova ne reprendra qu'en janvier.

Mais leurs remplaçantes ou suppléantes ont une sacrée carte de visite. Can-dice Dupree (venue de Cracovie) est une shooteuse américaine connue sur tous les parquets du continent. L'expérimentée meneuse grecque Anastasia Kostaki est revenue au bercail après une saison au Panathinaikos, tout comme Luisa Michulkova (ex Faenza). L'intérieure russe Ekaterina Lisina a quitté le marasme financier du CSKA Moscou, pour jouer un rôle majeur. Kosice a sorti la planche à billets, et ce n'est pas pour rien...

Quatre places en jeu, et déjà trois sérieux obstacles. Rien ne dit que les deux novices qui complètent le groupe seront d'aimables faire-valoir.

Rivas Ecopolis, le club de la banlieue de Madrid, c'est la nouvelle comète du basket espagnol. Il ne vit que sa troisième saison en Liga, mais fait déjà partie des ténors. Il mise toujours sur l'adroite Jelena Dubljevic, la dangereuse Américaine Cathy Joens ou l'intérieure hongroise Ujhelyi, qui vient d'être rejointe par sa compatriote Petra Czaszar et son double mètres.

La mène est désormais confiée à Begona Garcia (la saison dernière à Orenbourg), qui épaulera Clara Berjemo. Et l'arrivée de l'intérieure américaine Crystal Langhorne (Vilnius) devrait être un plus incontestable.

Gorzow, finaliste du dernier championnat polonais, cherchera à brouiller les cartes, tout en apprenant ce qu'est l'Euroligue. Le club a vu partir ses deux meilleures scoreuses, Lindsay Taylor et Anne Breitreiner (Tarbes). Mais la Biélorusse Yuliya Durecka comme l'Américaine Sidney Spencer sont des shooteuses à ne pas négliger.

Rajeuni, renouvelé, le Bourges Basket devra engranger tout ce qui se présentera. Chaque point risque de valoir cher. À commencer par ceux mis en jeu demain, pour la venue de Prague...

Hervé Le Fellic

27 octobre 2009   Pierre Fosset : Partisan d'une Ligue européenne et d'une LFB à douze clubs

Pierre Fosset : Partisan d'une Ligue européenne et d'une LFB à douze clubs

Comme tout un chacun à Bourges, le président Fosset est impatient de retrouver l'Euroligue. Selon lui, l'avenir du basket féminin ne peut se décliner que sur le mode Europe.


Président, jouer l'Euroligue, est-ce vital pour le Bourges Basket ?
Oui et non ! Même si, depuis 1996, on n'a jamais manqué le rendez-vous, on aurait les moyens de faire face à un loupé sportif... Sur une saison. La réponse appartient en fait au public et aux partenaires. Selon leur envie de nous suivre ou non. Et puis, on jouerait au moins l'Euro Coupe. Certes, ça n'a pas la même saveur. Quand on est habitué au foie gras, il est difficile de revenir au pâté, même s'il y en a du bon... Non, franchement, on s'en remettrait. Il ne faut pas oublier que tout a commencé par notre victoire en Ronnchetti...

Ne pas jouer l'Euroligue, ce serait aussi une façon de faire des économies ?
Non, au contraire, car il faudrait rebondir aussitôt et pour cela, mettre tout en œuvre, notamment au plan financier pour s'en donner les moyens. Sans Euroligue, il serait plus difficile de recruter. Il faudrait sans doute faire signer des contrats de 2 ou 3 ans aux joueuses en leur proposant un véritable challenge sportif...

On sent, depuis le début de la saison, que c'est difficile pour tout le monde.
La crise est passée par là. Certains clubs ont une volonté forte d'assainir leur situation ; pour d'autres, c'est moins évident. Surtout, il faudrait que chacun soit honnête en annonçant son budget. Je ne pointe personne du doigt (*). Nos partenaires, le public, ne comprennent pas qu'avec notre budget, le double des autres, on n'écrase pas tout...

La crise sévit même dans toute l'Europe...
C'est vrai. Y compris en Russie où de grands clubs comme le CSKA ou le Dynamo Moscou ont mis la clé sous la porte. Mais il y a quand même des clubs qui ont encore beaucoup d'argent. En Russie, comme le Spar-tak, Ekaterinbourg ; en Espagne, en Pologne, en Tchéquie... Les clubs français, par rapport aux grands clubs étrangers, sont vraiment pénalisés par une fiscalité trop lourde. Pareil pour le foot ou le rugby. Pour espérer ri-valiser, il faut trouver autre chose que l'argent pour faire venir des joueuses et s'appuyer sur la formation.

Dans ce contexte, une Ligue féminine à quatorze clubs, n'est-ce pas trop ?
Je pense sincèrement qu'il faut revenir à douze clubs. Il n'y a pas, actuellement, en France, sportivement parlant, un réservoir de joueuses suffisant pour alimenter quatorze clubs. Ni les moyens de faire venir de très bonnes joueuses de l'étranger. Financièrement aussi, quand on voit la disparité des budgets, on se dit que quatorze clubs, ce n'est pas raisonnable.

Pour les plus riches, Bourges ou Tarbes, la solution ne serait pas une véritable Ligue européenne ?
Personnellement, je suis pour la création d'un championnat d'Europe à 16 ou 24 clubs, disputé en deux poules avec play-offs par exemple. Avec la possibilité de laisser une passerelle entre cette Ligue Europe et les championnats nationaux. C'est sûr que l'on vivrait mieux, que les affiches seraient plus alléchantes, qu'on verrait plus souvent de grandes joueuses et que cela se vendrait mieux auprès des partenaires, du public et des médias. Il faudrait commencer par établir un cahier des charges avec des garanties sur les budgets, la capacité des salles... Cela nous obligerait aussi à développer des stratégies différentes, tant au plan sportif que de la gestion, pour progresser plus vite. Ce serait vraiment motivant... Mais pas sûr qu'à la FFBB on cautionne ce genre d'idée..


Christian Ragot

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