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Les Tango ont coupé les ailes des Anges
Même s'il aurait pu et dû faire la différence avant la pause, le Bourges Basket a livré une prestation aussi solide que convaincante. Et son troisième quart a littéralement étouffé les Anges de Kosice.
Privé d'Ana Lelas et de Stella Kaltsidou, mais avec sa nouvelle Américaine, Essence Carson, le Bourges Basket avait hier soir un sacré challenge à relever : stopper Kosice et ses shooteu-ses, la Grecque Kostaki et les deux Américaines Dupree et Crossly .
Ça partait d'ailleurs très bien, pour les joueuses de Pierre Vincent, qui avait décidé de mettre d'entrée Essence Carson sur le parquet. Bien le lui en prit, la nouvelle venue scora sur sa première action...
Bien organisées au rebond défensif, les Tango posèrent, sur les premières minutes, bien des soucis à la défense slovaque. Une fois inscrit le trois points de Kostaki (pour le premier avantage de Kosice, 7-6, 4°), Bourges joua parfaitement le coup. En défendant haut, en exploitant la moindre opportunité de jeu rapide, en sachant aussi trouver la faille dans la peinture adverse, les Tango signèrent un 9-0, prenant du coup un premier avantage significatif (7-15, 8e).
Occasions perdues...
Le seul danger côté slovaque, sorti des tirs à trois points, c'était comme attendu Candice Dupree et son potentiel athlétique.
Dommage qu'à cet instant les joueuses de Pierre Vincent voient quelques paniers tout faits leur échapper. Dommage aussi, ces très rares oublis défensifs, comme sur le panier d'Hrickova, en toute fin de premier quart (16-20, 10e).
Cette formation slovaque était, visiblement, à la portée d'une formation berruyère emmenée par une omniprésente Endy Miyem (10 points, 6 rebonds à la pause). Il fut d'autant plus rageant de voir les Tango, lestées il est vrai de huit pertes de balle en vingt minutes, rentrer au vestiaire sur la même ligne que leurs adversaires (31-31, 20e).
Mais Pierre Vincent sut recadrer le peu de choses qui en avaient besoin. Et on vit une formation berruyère encore plus agressive revenir sur le parquet, avec la ferme intention de ne pas laisser Kosice rêver plus longtemps.
Plus intraitables encore en défense, les Tango attaquèrent plus franchement encore le cercle adverse. Kosice n'eut pas d'autre choix que d'aller à la faute. Et même aux cinq fautes, en même pas quatre minutes.
La défense haute permit également de s'offrir d'intéressants déséquilibres dans la défense slovaque, et cette fois ils furent pleinement exploités. Paoline Salagnac, qui se régale, on le sait, dans cet exercice, et Essence Carson, qui au final a signé une performance intéressante et prometteuse, s'en donnèrent à cœur joie.
La défense berruyère a été intraitable
Et Stefan Svitek, le coach de Kosice, fut bien obligé de prendre un temps mort, nanti d'un 14-2 infligé en moins de cinq minutes. Il ne le savait pas encore, mais le ressort slovaque était définitivement brisé.
Hormis Candice Dupree, Kosice ne trouva aucune solution offensive. Et les multiples changements défensifs slovaques (zone,...) n'y changèrent absolument rien. Katarina Manic, impeccable capitaine hier, planta un trois points d'autant plus assassin qu'il fut ponctué par un poing serré rageur (35-50, 27e).
Il y eut bien, sur la fin du troisième quart et l'entame du quatrième, un dernier sursaut des locales. Logique, mais bien trop dans le style feu de paille. Essence Carson, décidément précieuse, y alla de son panier plus lancer, histoire de remettre les pendules à l'heure (44-54, 33°).
Kosice ne trouva pas une solution de shoot, ni par l'intérieur, ni ailleurs. Bourges continua de jouer juste, accélérant dès que l'occasion se présenta, sachant faire preuve de patience dans le cas contraire. Pierre Vincent put même s'offrir le luxe (c'en est forcément un en Euroligue) de faire rentrer ses jeunes, Margaux Galliou et Aurélie Favre.
Car économiser les forces ne sera pas inutile, ne serait-ce qu'en perspective du choc de samedi, face à Tarbes, au Prado. Où on espère retrouver Stella Kaltsidou...
Hervé Le Fellic
Les Berruyères ont su imposer leur rythme
Parfait en défense au point de réduire les shooteuses de Kosice à pas grand-chose, le Bourges Basket sut également, dans le troisième quart, hausser le ton en même temps que le rythme...
Stefan Svitek, le coach de Kosice, ne pouvait qu'avoir la tête des mauvais jours, au terme des quarante minutes. Depuis longtemps, il avait compris : face à une telle défense berruyère, sa troupe n'avait pas grand-chose à espérer.
Candice Dupree fut bien seule...
D'autant qu'hormis Candice Dupree, elles ne furent pas nombreuses à justifier leur réputation. On ne vit guère Crossly ; Kostaki ne pesa pas sur les événements ; Lisina fut tenue trop loin du cercle pour présenter un quelconque danger.
« On a certes réussi à produire une première mi-temps correcte », soupira le coach slovaque. « Mais le retour sur le parquet de Bourges nous a fait très mal. En fait, à partir de là, ce fut comme si on avait fini notre match. La défense de Bourges a été intraitable et nous, on n'a pas su être à la hauteur. On a trop respecté l'adversaire, on a vraiment trop manqué d'agressivité. On n'a pas joué notre basket. Alors, oui, c'est une grosse déception pour nous. »
Une déception qu'il faut largement mettre sur le compte du Bourges Basket. Qui a pleinement confirmé qu'il était sur le bon chemin, hier soir.
La troupe de Pierre Vincent a d'abord parfaitement su se tenir, défensivement parlant. Hormis quelques petites gourmandises, dans le deuxième quart. « On a commis quelques erreurs, c'est vrai », approuva Pierre Vincent. « On ne tient pas tous les rebonds, on fait quelques fautes inutiles. Et pendant cette première mi-temps, on est trop tombé dans le rythme adverse. Ce qui fait qu'on a perdu des occasions d'avoir des paniers faciles. »
II fut évident que les Berruyères auraient dû avoir un panier bien mieux rempli, au moment d'attaquer les deux derniers quarts. « On aurait dû, c'est vrai, avoir cinq ou dix points d'avance à la pause. On manquait parfois de lucidité », nota le stratège berruyer.
« En deuxième mi-temps, on a su appuyer plus fort. Et on a fait le break. En face, Kosice a multiplié les options défensives, mais a ramassé sur chacune d'elles. Il fallait qu'on mette plus de rythme, qu'on pousse davantage le ballon. C'est notre style, c'est comme ça qu'on s'offre des paniers faciles ; ce qui est nécessaire, quand on manque de shooteuses. »
Dans ce domaine, Essence Carson peut être un plus intéressant. L'Américaine n'a pas manqué ses débuts berruyers, malgré son logique manque d'adaptation au collectif. « Elle a été bien en défense, elle s'intègre vite », a pu se réjouir Pierre Vincent. « Elle nous apporte, par ses prises de shoot et de responsabilités, mais aussi par sa capacité à attaquer le cercle. » Tout bénéfice, donc...
Hervé Le Fellic