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09 novembre 2009   Bourges a remis les pendules à l'heure

Bourges a remis les pendules à l'heure

Les Berruyères n'ont pas manqué leur rendez-vous au sommet. Dans les vingt dernières minutes, elles ont su renvoyer le leader tarbais à ses études...


Pierre Vincent, le coach berruyer, a beau, question discours, tomber parfois dans le phrasé de ses collègues et le fameux « match après match », il dut bien reconnaître que ce succès sur Tarbes était plus que précieux.

« Cette rencontre était très importante pour nous. Avec trois défaites, on aurait été dans une situation délicate. Et une telle victoire, ça met du baume au cœur. » Dans l'atmosphère générale s'entend, celle qui, en plus d'Ana Lelas, cloua Stella Kaltsidou sur le banc.

Tarbes, jusque-là invaincu dans l'Hexagone, comprit, après 29 minutes et un 14-4 des familles, que ce ne serait pas pour cette fois. Mais, à dire vrai, tout indiquait à la pause que les Tango pouvaient y croire. En rentrant au vestiaire, il leur suffisait de regarder les stats pour s'en convaincre. Bourges dominait dans tous les secteurs de jeu, et tout particulièrement au rebond (25 à 14). Seule cette satanée adresse n'était pas, une fois encore, au rendez-vous du sommet de la Ligue (10 sur 30 au tir).

Tarbes, meilleure attaque du championnat (85 points de moyenne avant le choc) n'en avait même pas profité pleinement, en dépit des missiles de ses extérieures. « Eldebrink a été particulièrement brillante », a apprécié en connaisseur Pierre Vincent. « Heureusement, ça s'est calmé après la pause. Mais cette victoire, elle est venue à l'énergie ! »

Avec l'apport de toutes question scoring, même si, du côté des meneuses, on se doit de prendre encore plus de shoots, ce que souligna d'ailleurs le coach berruyer. Sa troupe n'a pas raté le coche, a répondu présente, s'inscrivant dans la lignée de ses sorties précédentes, à Montpellier, Kosice. Et c'est sans doute ce qui est le plus positif : confirmer le bon allant, la progression de match en match, face à un adversaire du calibre de Tarbes, ça ne peut que mettre en confiance. Surtout quand on y met la manière et qu'on renvoie le leader à ses études. Un leader qui sera forcément marqué et dont tout le monde faisait une montagne. Sauf son propre coach, François Gomez.

« Depuis le début de la saison, je ne cesse de dire qu'on a certes un potentiel intéressant, mais qu'on n'est certainement pas l'armada annoncée partout. On est leader à la force du poignet, pas au talent. »

Et Tarbes lâcha...
Le coach tarbais ne chercha même pas à se cacher devant la différence de sanctions entre les deux formations (9 pour Bourges, 22 pour le TGB). « Si les arbitres ont sifflé ainsi, c'est qu'il y avait des fautes d'un côté et pas de l'autre... »

Malgré cet important différentiel, forcément coûteux en lancers, François Gomez estima qu'il y avait la place. « Comme jeudi à Gdynia, on aurait pu passer. À la mi-temps, on aurait dû tuer le match, en virant avec dix points d'avance. Mais on a raté des paniers faciles, sous le cercle. Mes intérieures ont rendu une très mauvaise copie. »

Les vingt dernières minutes virent le leader vaciller sous les coups, comme sonné par l'agressivité adverse. « En ne menant pas plus largement, on laisse la place au doute. Et on verse dans l'indiscipline, à l'image du dernier quart où on lâche, d'où l'écart. On croit, sur la fin, qu'on peut seule sauver l'affaire. Mais on voit ça dans les grands films, pas dans les mauvaises séries de France 3 Midi Pyrénées. » Et c'est Bourges qui est revenu dans la course aux César...

Hervé Le Fellic

09 novembre 2009  Toile de maître tango dans la peinture

Toile de maître tango dans la peinture

Dans un sommet où il y avait des duels partout, le secteur intérieur était un point de rendez-vous capital. Les grandes Tango n'ont pas failli.


Pour la bataille des airs, Tarbes est pourtant survitaminé. En pénétrant au Prado, les chiffres suffisaient à souligner le danger : Charde Houston était la meilleure réalisatrice bigourdane, avec une moyenne de 18 points ; Isabelle Yacoubou suivait, avec un apport de 15 unités par match...

On n'a pas vu le duo infernal, et c'est tout à l'honneur des grandes Berruyères, Ilona Burgrova et Endy Miyem (mais quel match, une fois encore !) lancées d'entrée, Emmeline Ndongue et Jennifer Digbeu ensuite.

Avec 49 rebonds à 27, avec 39 des 58 points tango (contre... 10 au duo adverse), ce fut tout bonnement un règne aérien sans partage. Une clé essentielle (même si non suffisante) dans le succès final.

« Ce match nous tenait vraiment à cœur, on voulait mettre les choses au clair », lâcha, dans un grand sourire, Endy Miyem, au ravageur troisième quart (12 points, 5 sur 5 au tir, 6 rebonds).

Comme toutes ses équipières, Endy avait bien compris à la pause que l'affaire était plus que jouable. « On était au contact, et c'était le plus important. Il fallait juste faire quelques ajustements, et retrouver un peu de réussite. »

La suite, ce fut une tornade, Tarbes encaissant -un 45-28 dans les vingt dernières minutes. « On était euphoriques, on se sentait poussées par le public », savoura la jeune championne d'Europe.

Qui sait tout le bénéfice que l'équipe tango peut tirer de cette belle référence, acquise en (presque) totale maîtrise. « Maintenant, les autres équipes vont recommencer à nous craindre. »

Hervé Le Fellic

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