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13 novembre 2009   Quand les signaux repassent au vert

Quand les signaux repassent au vert

Après une période délicate, tant question résultats qu'état de l'effectif, le Bourges Basket aligne les sorties convaincantes. Sopron n'y a pas résisté, mercredi soir. Et en prime, les Tango ont vu revenir Stella Kaltsidou.


Le Prado était en joie, et les commentaires étaient tous nantis d'un large sourire, mercredi soir. Comme si le public berruyer, lui aussi, avait rangé, par cette démonstration face à Sopron, les tristes souvenirs de la saison dernière. Quand ce même club magyar avait privé les Tango de leurs rêves de Final Four...

Il n'y avait guère que Pierre Vincent pour apporter un bémol, dans la liesse générale. « C'est vrai que, désormais, on sait mieux ce qu'on a à faire. Mais il ne faut pas verser dans l'euphorie. Vraiment, je n'aime pas ça ! »

II ne s'amuse pas à jouer les rabat-joie, le stratège berruyer. Mais il ne veut surtout pas que son équipe, emportée par la liesse ambiante, se trouve trop belle. Quand tout un chacun, ou presque, n'a vu que les belles envolées berruyères, qu'une équipe de Sopron bloquée dans toutes ses intentions, lui a souligné de rouge les erreurs. Ces ballons perdus dans le premier quart ; ces erreurs de positionnement sur quelques mouvements adverses, pourtant longuement étudiés.

Ce qui peut apparaître comme des broutilles, mais qui aurait pu se payer au prix fort, face à une opposition plus consistante. Car il ne faut pas oublier que Sopron, mercredi soir, était privé de son guide, Jelena Milovanovic. Et celle-là, c'est quelque chose...

On savourera quand même, et Pierre Vincent également, ce large succès berruyer. Cette mise sous boisseau d'une formation pourtant réputée pour la facilité de son jeu. En vingt minutes (les 2e et 3e quarts), Sopron n'a pu inscrire que cinq paniers. A commis 8 fautes, en perdant 7 ballons, dans la 3e période. Après avoir subi les foudres berruyères dans les dix minutes précédentes (9 sur 14 au tir, dont 3 sur 4 à trois points, dans le 2e quart).

L'addition aurait été encore plus lourde si Norbert Székely, le coach magyar, n'avait opté sur les dix minutes finales pour un jeu... contre nature : par l'intérieur, avec Krivacevic (qui a inscrit là ses 12 points) et Horti.

Et revoilà Stella !
Voir Sopron abandonner ainsi ses principes fondateurs, ce jeu large et extérieur, fut bien le signe du désarroi magyar. Les visiteuses ont pris de plein fouet l'impact physique d'un groupe tango qui a eu, en prime, le bonheur de voir revenir sur le parquet sa shooteuse grecque, Stella Kaltsidou.

Depuis dix jours (depuis le placage subi face à Montpellier), elle rongeait son frein, contrainte de jouer les observatrices privilégiées. « Au moins, j'ai pu voir les choses autrement. .. Ce qui est évident, c'est qu'on progresse à chaque match. Notre défense est très dense, même s'il reste quelques erreurs. Et en attaque, on se connaît de mieux en mieux. »

Elle qui était déjà « contente d'être sur le banc, en tenue » vécut « un grand bonheur », quand Pierre Vincent la lança dans les débats, à la 7é minute.

« Je savais qu'après une telle coupure, ce ne serait pas évident. Il faut retrouver le rythme, les sensations. » Elle dut attendre de se retrouver sur la ligne des lancers, à la 28' minute (55-32), pour inscrire ses premiers points... après ce qui lui est apparu comme une éternité.

En toute fin de troisième quart, on vit la Grecque prendre ses appuis, au-delà de la ligne des 6,25 m. Bingo ! « La passe de Katia (Manic, NDLR) était parfaite ; j'avais un tir ouvert, je devais le prendre. Mais oui, c'est un vrai plaisir... »

Le retour de l'Hellène est un motif supplémentaire de contentement, pour l'effectif berruyer. Certes, Essence Carson, la pigiste médicale d'Ana Lelas, est depuis trois matches très convaincante. Mais Pierre Vincent savait aussi que le manque de rotations, à l'extérieur, tirait, irrémédiablement, sur les organismes. Tout en le privant de quelques solutions tactiques et en l'obligeant de demander à Jennifer Digbeu ou Katarina Manic de faire preuve de polyvalence.

Un jeu solide, réfléchi ; un effectif plus fourni : voilà qui tombe on ne peut mieux, avant cinq déplacements (en six matches), dans les trois prochaines semaines.

Hervé Le Fellic

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