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« Bourges est protégé, c'est une honte ! »
Au prix d'un dernier quart bien maîtrisé, Bourges a réussi à s'imposer à Villeneuve-d'Ascq, provoquant l'ire du coach nordiste, Abdou N'Diaye,..
On n'aurait pas retenu grand-chose d'un haché Villeneuve - Bourges. Sauf que, pour la 28e fois en 29 confrontations particulières, c'est le club nordiste qui s'est incliné.
Mais il y eut une de ces colères dont Abdou N'Diaye, le coach villeneuvois, a le secret. Ça commença dans le couloir des vestiaires, à l'adresse de votre serviteur : « Hervé, tu peux l'écrire ! Bourges est protégé, tout le monde l'a vu. C'est inadmissible ! »
« Parce que c'est Bourges, personne ne dit rien... »
Et ça se poursuivit sur le même tempo, en conférence de presse. « C'est une honte ! Quand on décide de durcir le jeu, on nous refuse le droit de défendre dur. À la fin, ça fait 27 lancers à 4 ! Bourges n'est pas une équipe de voyous, mais là, ce n'est pas du basket. Qu'on les laisse marquer les paniers qu'elles méritent, mais pas les points que les arbitres décident de leur donner. C'est nul ! À chaque fois qu'il y a des problèmes, c'est face à Bourges. Et parce que c'est Bourges, personne ne dit rien ! »
Abdou N'Diaye, dans une belle rage, sortit de la salle. Ulcéré. Villeneuve, encore en tête"à la 30° (45-44), venait de s'incliner. Et son coach ne voulut mettre en avant qu'une seule explication.
Comme face à Tarbes, les Tango avaient été très peu sanctionnées, au contraire de leurs adversaires. Un scandale ? C'est simpliste.
Le premier problème, c'est celui de l'arbitrage en Ligue féminine. Quand les Nordistes, désireuses de refaire leur retard (20-29, 17e), durcirent leur défense, le duo de sifflets laissa passer beaucoup (trop) de choses. Logiquement, Villeneuve rentra au vestiaire avec 10 fautes, contre 6 à Bourges.
C'est donc ensuite que la différence se fit, dans tous les domaines. Villeneuve chercha à mettre encore plus de rythme, repassa devant. Puis encaissa un 10-2, d'entrée de dernier quart (47-54, 33°). Et la faute technique ramassée à cet instant par Abdou N'Diaye ne fit que corser l'addition.
Car c'est le deuxième problème. La jeune formation nordiste découvre, comme d'autres avant elle, la différence d'arbitrage entre l'Euroligue (trois arbitres) et la Ligue (deux). Les filles d'Abdou N'Diaye, au lieu de sentir le vent tourner et de tenter de s'y adapter, continuèrent d'y aller gaiement. Trop, au goût de messieurs Amrari et Mora, qui firent pleuvoir fautes et donc lancers. Pour le résultat et la colère que l'on sait.
Savoir s'adapter...
Celle de Pierre Vincent, après la sortie d'Abdou N'Diaye, fut plus rentrée, plus froide. « Moi, avant tout, je veux signaler que je salue mon adversaire en fin de match, que je gagne ou pas. Je comprends la frustration, mais... » Comme on dit, ces deux-là ne passeront pas leurs vacances ensemble...
Et le coach berruyer de développer sur le thème de la soirée : les sanctions.
« Quand on met beaucoup de pression, on fait des fautes : c'est normal. Le match fut dur, et il le fut de plus en plus. Moi, j'ai dit à mes joueuses qu'à la moindre action, ce serait sifflé. Il fallait s'adapter. On s'est ajusté. De toute façon, je suis pour qu'on siffle les fautes, qu'on applique les règles, parce que ça donne de la qualité au jeu. On est l'équipe qui défend le mieux et qui, dans le même temps, prend le moins de fautes. On ne va quand même pas se retirer pour laisser marquer l'adversaire ! »
II frappa la table à plusieurs reprises, pendant son discours, le coach berruyer. Rare, chez ce faux calme. Il y avait de l'agacement dans l'air...
Hervé Le Fellic
Les nerfs berruyers ont tenu le choc
Il serait réducteur, et pour tout dire injuste au regard de la débauche d'énergie des actrices, de ne retenir de ce Villeneuve-Bourges que les fautes et les lancers.
Certes, ce ne fut pas un grand match. Ce fut parfois même à la limite du basket. Mais ce fut un combat, de chaque instant.
Anaël Lardy au sol
Sauf pour Anaël Lardy, qui en rata les vingt dernières minutes. Juste avant la pause, en tentant une interception, la jeune meneuse berruyère s'écroula et se tordit de douleur. Le diagnostic n'était pas encore livré hier, mais elle ressentit sur l'instant une très vive douleur au péroné de la jambe gauche.
À cet instant, rien n'était joué, même si les Tango menaient d'une courte tête (29-32) dans une rencontre âpre. « Dans le premier quart, on avait parfaitement su exploiter les choix offensifs de l'adversaire ; on l'a moins bien réalisé dans les dix minutes suivantes, où on les laisse revenir », analysa Pierre Vincent, le coach tango.
Villeneuve parvint à reprendre le commandement dans le troisième quart, mais l'entame de la dernière période fut fatale aux Nordistes. Une belle lutte d'Ilona Burgrova, quelques fautes locales, une technique à Abdou N'Diaye... le tout déboucha sur un 10-2 pour Bourges (47-54, 33e). Dans un climat pesant, les Tango, à l'image d'une Stella Kaltsidou au tir primé assassin (52-60, 37e), parvinrent à garder leur lucidité. Et à inscrire un 10-0 pour emporter le morceau. Villeneuve ne mit plus un point...
« En deuxième mi-temps, nos options furent dans l'ensemble les bonnes, estima le technicien berruyer. Je suis très content de nos vingt dernières minutes. » Qui a montré sa solidité technique, tactique... et émotionnelle.
Précieux bagage pour qui veut voyager. L'apport de toutes, l'efficacité des rotations vont aussi beaucoup aider,
Hervé Le Fellic