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Ne pas être surpris par la nouveauté
Pour son premier voyage à Gorzow, le Bourges Basket aura tout intérêt à se méfier d'un adversaire certes novice, mais qui présente du danger partout.
Il a un caractère sympathique, ce premier tour européen, pour les Tango. En ce qu'il permet de découvrir de nouvelles places fortes du basket féminin. La semaine prochaine, ce sera la banlieue de Madrid, avec une étonnante équipe de Rivas Ecopolis. Ce soir, c'est Gorzow, vice-champion de Pologne, qui va vivre un grand moment. Ça change quand même des sempiternels voyages à Brno ou Pécs...
Pour autant, il ne faut pas que la découverte fasse perdre... les bonnes habitudes. Celles qui caractérisent, depuis plusieurs semaines maintenant, les prestations de la troupe de Pierre Vincent. C'est de plus en plus solide défensivement, c'est de mieux en mieux bâti, pensé. C'est à chaque fois un peu plus marqué par une maîtrise collective qui, par exemple, a permis de faire la différence, samedi soir, dans un contexte villeneuvois pourtant peu favorable, voire franchement hostile. Les Tango, malgré la pression adverse, avaient su faire la différence dans les dernières minutes d'un match qui, sur la toile, suscite une certaine polémique, soit dit en passant...
Méfiance de rigueur
Pour ce (long, très long) déplacement en Pologne, le Bourges Basket sait qu'une nouvelle fois, il devra élever notablement son niveau d'exigence. Gorzow, galvanisé qui plus est par son premier grand match européen à domicile, risque fort de ne pas être à prendre avec des pincettes.
Pour reprendre un terme qui fait fureur, depuis ce week-end, Bourges ne sera en rien protégé par son statut de grand d'Europe. Et Pierre Vincent s'attend à affronter un adversaire coriace à manœuvrer.
« Gorzow n'est pas simple à jouer. C'est une équipe qui score beaucoup par l'intérieur, avec Piekarska par exemple. Mais cette formation est aussi dangereuse par l'extérieur avec de vraies shooteuses, comme l'Américaine Spencer, qui n'est pas très vive, mais qui met dedans ; par la Biélorusse Dureika ; par la Russe Sapova, qui est également une shooteuse, peut-être moins agressive que les autres, mais qui est pétrie de talent. » Pas question, donc, de faire des impasses, même si, pour Pierre Vincent, « Gorzow est peut-être un peu plus faible à la mène ».
Il faudra aussi se méfier d'une défense polonaise « agressive, dure, physique. C'est peut-être un peu fouillis sur ce plan, c'est vrai. Mais il y a beaucoup de présence sur les lignes de passes, et Gorzow n'hésite pas à faire défense de zone demi-terrain, ce dont on a peu l'habitude », comme l'a analysé le technicien berruyer.
Qui demandera donc beaucoup de concentration et de contrôle du jeu rapide polonais.
Hervé Le Fellic
« Je trouve davantage mes marques »
Mine de rien, l'Euroligue commence à devenir une vieille connaissance pour Jennifer Digbeu. Qui se sent de mieux en mieux dans le jeu berruyer.
Jennifer Digbeu, la jeune intérieure tango, est à l'image de son équipe : elle progresse de match en match. À chaque sortie, elle donne l'impression de se couler un peu plus dans le collectif et son temps de jeu, comme son efficacité, s'en ressentent.
« C'est vrai, j'ai l'impression que je trouve de mieux en mieux mes marques. Que ce que j'accomplis trouve de plus en plus de rentabilité. Et ça fait plaisir, même si j'aimerais apporter encore plus. »
Comme attendu depuis le recrutement de l'ancienne Valenciennoise et Mondevillaise, Jennifer est utilisée à plusieurs postes, aussi bien comme ailière que comme intérieure (poste 4), sa position de prédilection et de formation. « J'ai ma préférence, mais d'un autre côté, évoluer aux deux postes nie permet d'avoir davantage de temps de jeu. » Le premier objectif, quand on intègre un nouveau club, de nouveaux schémas tactiques, un autre coaching.
À l'aile comme dans une position plus centrale, Jennifer apporte de toute façon son envergure défensive et son tir ; l'un des plus purs, des plus déliés de la Ligue féminine.
« C'est à la base un geste naturel. Je suis attirée par le shoot et je continue à le bosser, car il est toujours perfectible ! »
Comme le jeu de Jennifer, comme celui d'une équipe tango qui semble de mieux en mieux dans ses baskets, quel que soit le style de l'adversaire. « Depuis plusieurs matches, on montre davantage de contrôle, une meilleure gestion des rencontres, estime Jennifer. On a pu le voir à Villeneuve où on a, malgré le contexte, réussi à développer notre jeu. On a eu une belle réaction. On a puisé sur les derniers matches de la confiance ; on a les moyens d'aller chercher les victoires. On ressemble à quelque chose, on devient une équipe qu'il faut prendre au sérieux ! »
Et qui, par ses dernières performances, s'est parfaitement remise en selle, en championnat, mais aussi en Euroligue. Une compétition que Jennifer commence à bien connaître.
Souvenirs d'une 3e place européenne
Elle l'avait vécue essentiellement sur le banc lors de ses deux saisons valenciennoises, au sortir de l'Insep. Avec, en point d'orgue, le match pour la 3e place, disputé en 2006 lors du Final Four de Brno, face à Vilnius. Jennifer s'en souvient par cœur, forcément. « J'avais joué 3'10 sur ce match, j'avais marqué un panier à trois points et pris deux rebonds ! Ça reste un de mes plus beaux souvenirs. Même si je ne rentrais pas souvent, j'étais dans l'équipe, je vivais les matches avec la même intensité... »
Heureusement, elle put s'exprimer plus longtemps dans la plus belle des compétitions européennes, avec Mondeville. Et, désormais, sous le maillot tango. Curieusement, Jennifer dit ressentir en Euroligue « moins de pression » qu'en LFB. « En championnat, tout le monde te connaît. En Euroligue, c'est vraiment autre chose. C'est aussi un autre niveau d'exigence ! »
Même face à une équipe de Gorzow dont Jennifer avouait hier « ne rien savoir », mais qu'elle ne prend surtout pas à la légère. « II faut bien que, chaque année, il y ait de nouveaux clubs. Gorzow n'est pas le plus connu, mais il n'est sûrement pas là par hasard ! »
Hervé Le Fellic