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Il a manqué si peu aux Berruyères...
Bourges est passé tout près d'infliger à Rivas Ecopolis sa première défaite européenne. Mais le club madrilène a su garder la tête froide, en prolongation.
Pour ne pas voir ses rivaux directs dans la course à la qualification prendre leurs aises, pour revenir, également, à portée respectable de son hôte madrilène, le Bourges Basket avait tout intérêt, hier soir, à infliger son premier revers européen à Rivas Ecopolis.
Pierre Vincent, le coach berruyer, lançait d'entrée Anaël Lardy à la mène, ce qui n'est pas si fréquent. Rivas prenait certes d'entrée le commandement, par Ujhelyi, mais les Tango répondaient par des trois points d'Endy Miyem et Essence Carson, s'offrant ainsi un premier avantage (8-9, 5e).
Mais quelle adresse côté espagnol !
Ténu, et de très courte durée. Malgré les rotations initiées comme annoncé par Pierre Vincent, malgré tous leurs efforts, les Berruyères ne parvinrent pas à faire baisser l'insolent taux de réussite au tir de la formation espagnole (73 % à deux points à la 10').
Mais elles restaient au contact, les joueuses de Pierre Vincent. Elles par- venaient même à reprendre les devants, sur une pénétration décidée d'Anaël Lardy (25-26, 17e).
Seulement voilà : en face, quand on est ainsi mis en danger, on sort l'artillerie lourde. Et les trois points de Cruz (bien seule), Berjemo et Joens remirent en un clin d'œil les Berruyères à distance (34-28, 19"). Il y avait pourtant beaucoup de mieux dans les rangs tango, si on se réfère à la sortie de la semaine précédente à Gorzow. Mais dans le sillage d'une Anna Cruz à 5 sur 6 au tir à la pause, Rivas était tout simplement, et comme depuis le début de cette campagne continentale, sur son petit nuage...
Restait à espérer, côté Bourges, que les bras ibériques se mettent un peu à trembler, dans les vingt dernières minutes.
Fichue prolongation
Rivas atteignit quand même les dix longueurs d'avance, par Langhorne (40-30, 22e). Les Tango, une fois encore, réagirent vivement, collèrent un 7-0 (avec un trois points limpide signé Endy Miyem). Essence Carson, à trois points puis lancer, remit les deux équipes sur la même ligne (44-44, 26e).
Le trois points de Stella Kaltsidou remit même Bourges aux commandes (46-47, 28°). Le match vif, enlevé, ne demandait qu'à basculer, d'un côté ou de l'autre. Et si Rivas parvenait, à l'entame du dernier quart, à conserver l'avantage (sur un trois points de Joens alors qu'une faute évidente était commise sur Kaltsidou), il y avait vraiment une petite place pour un exploit tango...
Ce que démontrèrent aussitôt Ilona Burgrova, qui bonifia son rebond, et Essence Carson, aux lancers (53-54, 32'). Une fois encore, Rivas remit la pression, par l'incontournable Dubljevic, et sur un trois points magistral de Cathy Joens (58-54, 33e). Sacrée équipe, quand même, que ce novice européen, quand elle surfe sur la confiance.
Le trois points d'Essence Carson tomba, une nouvelle fois, à pic (60-60, 37'). Emmeline Ndongue alla batailler sous le cercle, arracher une paire de lancers (60-61, 38e). Cette fois, à de petits détails, Rivas donna l'impression de douter. Un peu...
Cruz arracha quand même la prolongation à 10" du terme (62-62). De part et d'autre, on sentit la nervosité. Les tirs tango, soudain, ne rentrèrent plus. Rivas alla provoquer sa chance, par Cruz, ligne de fond (71-67, 44"). Les Berruyères, malgré toute leur volonté, venaient de laisser filer une superbe occasion.
Hervé Le Fellic
Des petits riens, des lancers, des fautes.
On a eu droit hier, dans la banlieue de la capitale espagnole, à une superbe empoignade
Entre une formation espagnole fidèle à sa réputation, et en tout premier lieu à son adresse, et des Berruyères bien plus fringantes qu'à Gorzow et à qui il n'a manqué qu'un tout petit rien.
D'ailleurs, Javier Fort, le coach de Rivas, poussa un sacré soupir, au terme d'une prolongation parfaitement maîtrisée par les siennes. « La différence ? Elle se joue pour moi aux lancers francs. Bourges en a mais ne les met pas tous, sur la fin du temps réglementaire. Ce fut déterminant, car on a pu revenir. Et sur les cinq dernières minutes, on a su tenir... »
Et voilà comme le club espagnol vire invaincu, au terme de ces matches aller. Sacrée surprise, on en conviendra, et Javier Fort ne cache pas son propre étonnement. « C'est vraiment un rêve, pour nous. On ne pouvait vraiment pas imaginer se retrouver dans une situation aussi confortable. Notre but, c'était d'apprendre et de nous montrer compétitifs. »
II apprend vite, le nouveau venu, et des Tango pourtant tout à fait dans le bon ton, défensivement comme offensivement, n'ont pu le faire chuter de son piédestal.
« On a fait un bon match, on a fait ce qu'on devait, d'une façon générale. Ça se joue vraiment à très peu de choses », estima de son côté Pierre Vincent. Qui regretta quand même, c'est évident, « ce manque de justesse, à certains instants ; ces paniers qu'on prend sur des erreurs, parce qu'on ne suit pas, alors que moi, je veux que l'adversaire se les gratte. On rate à un moment l'occasion de faire le break mais on joue mal les situations. En prolongation, on cherche des choses compliquées. Mais je ne doute pas de mon équipe, elle progresse. » II reste encore un petit pas à accomplir...
Hervé Le Fellic