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Il ne faudrait surtout pas tout jeter
Certes, le Bourges Basket a échoué au port, présentant un bilan négatif sur cette phase aller. Mais pour autant, il y a bien du positif à retenir de ce voyage madrilène...
Tout ça pour ça ! Avoir repris, à sept reprises, le commandement devant Rivas Ecopolis, la bonne surprise de cette première moitié d'Euroligue. Avoir mené à 27 secondes de la fin du temps réglementaire, avoir raté les deux ultimes lancers pour la gagne. Être resté à hauteur lors de la dernière minute de la prolongation. Et échouer au port, pour un rien...
« C'est râlant », pesta Anaël Lardy, lancée à la mène d'entrée de match et qui a sans doute livré sa prestation la plus convaincante, depuis qu'elle a endossé la tunique tango. « C'est décevant parce qu'on a le match en main jusqu'au bout et qu'on le perd pour de petites choses... » Et après avoir fourni tous les efforts possibles, par-dessus le marché.
Il y avait moyen de tuer la rencontre
Car il fallait la tenir, cette équipe madrilène, adroite en diable (et ce n'est pas qu'une image). On passera (difficilement) sur quelques différences d'appréciation avec le corps arbitral, inhérentes à tout match à l'extérieur. On retiendra ce qui n'a pas permis la gagne, c'est certain. « On a parfois eu du mal à trouver les bonnes solutions », regretta la jeune championne d'Europe.
Sûr qu'après avoir su effacer dix longueurs de handicap, dans le sillage d'une précieuse Essence Carson, Bourges a perdu, dans le quatrième quart, l'occasion de plier le match. Juste au moment où, pendant quelques instants, la belle mécanique de Rivas se fit hésitante. « On pouvait passer », ragea le président Pierre Fosset. « Mais sur ces matches, la moindre erreur se paie cash. On rate la victoire sur les quelques ballons qu'on perd trop tranquillement. Et on s'est épuisé à courir après le score. »
Lors du money time, de ces dix dernières minutes cruciales du temps réglementaire, Bourges ne put proposer qu'un 2 sur 9 au tir... laissant surtout cinq lancers en route ! Et la prolongation ne ramena pas l'adresse côté berruyer. Dès lors, que leur reste-t-il ? Leurs yeux pour pleurer et un seul point dans la musette, quand le double était à portée de fusil. Mais il ne faut pas noircir le tableau pour autant. Bourges a livré un bon, un vrai match.
A tout fait, par exemple, pour enrayer la belle mécanique ibérique. Qui confirma d'entrée son exceptionnelle adresse. Mais éprouva, au fil des minutes, de plus en plus de mal à trouver l'ouverture. A tel point que, parti sur un exceptionnel 73 % de réussite à deux points après seulement dix minutes, Rivas termina plus difficilement (60 % à deux points, 27 % à trois, Bourges affichant un 32 % près du cercle et un 41 % à trois unités).
« On ne peut pas tout jeter avec la défaite », plaida justement Anaël Lardy. « On avait le bon état d'esprit. Par rapport à Gorzow, c'était un Bourges complètement différent. On s'est battues, on a fait le boulot en défense, malgré quelques erreurs. En attaque ? On a, en gros, respecté les consignes. Tout ça, il faut simplement qu'on parvienne à le tenir sur la durée d'un match. C'était un match dur, et on l'a plutôt bien géré. Il nous a manqué ce petit coup de pouce... »
Celui qui fait toute la différence, cruellement. Celui qui a fait dire au président Fosset que « quand il y a des points à prendre, il faut savoir le faire ».
Le Bourges Basket demeure dans la course derrière Rivas, l'invaincu, et Prague. À qui les Berruyères rendront visite mercredi prochain. Si, cette fois, la roue pouvait tourner dans le bon sens. Si, cette fois, les petites erreurs pouvaient rester au vestiaire...
Hervé Le Fellic