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Prague a fait sauter l'édifice berruyer
Une nouvelle fois en proie à la maladresse, ratant tout même le plus simple, le Bourges Basket ne s'est jamais relevé de l'éclat ramassé dans le troisième quart.
Le Bourges Basket a a connu, hier soir, une «nouvelle désillusion européenne, sa troisième de rang. Et si rien n'est perdu, question qualification, ce qui s'est passé sur le parquet tchèque n'incite guère à l'optimiste.
Dans une ambiance feutrée comme pas permis, les joueuses de Pierre Vincent avaient pourtant pris les affaires par le bon bout. Malgré (déjà) deux paniers tout cuits ratés dessous, malgré la malice d'une Lindsay Whalen qui scorait... directement sur touche, Ilona Burgrova, devant ses compatriotes tchèques, mettait ses couleurs entête (8-11, 7e).
Une 19e minute clef
On s'étonnait certes de la lenteur des débats, qui ne faisait pas le jeu berruyer. Mais il est vrai que le repli défensif des joueuses de Lubor Blasek était de qualité. Et que Sandra Le Dréan et ses coéquipières ne pouvaient que trouver leur bonheur dans les échecs cuisants des Tango, dans la peinture comme depuis l'extérieur.
Le premier quart en poche, le Bourges Basket put sourire au trois points d'Endy Miyem (il n'y en eut que deux dans le match...). D'autant qu'elle fut imitée, quelques instants plus tard, par une Essence Carson bien peu en réussite (elle fut loin d'être la seule), mais qui amena tout de même le 21-23 de la 19' minute.
Ce fut, malheureusement, le dernier avantage de Berruyères qui commencèrent par prendre le trois points de Kublina sur la tête, juste avant de rentrer au vestiaire (29-25, 20e). Pourtant, on pouvait encore y croire, côté tango. Si peu de handicap, quand on vient de signer un 11 sur 34 au tir, on se dit fatalement que ça ne peut que s'améliorer.
Il y eut bien une dernière égalité, sur un shoot extérieur signé Jennifer Digbeu (32-32, 24e). Mais le premier éclat imposé par Prague fut le bon... Sonja Kireta, l'ancienne Berruyère, qui avait raté l'aller au Prado, sonna la charge. Forcément, l'Américaine Lindsay Whalen, le seul poison adverse des vingt premières minutes, lui emboîta le pas. Sur panier bonifié d'un lancer. On ne se refuse rien. Les Tango se mirent à buter sur la défense tchèque, à perdre leur fluidité et pour tout dire, leur jeu.
Ces shoots refusés...
On prenait les shoots, mais seulement après mûre réflexion, quand on ne les refusait pas tout simplement. En face, Prague ne se posait pas tant de questions. Sonja Kireta, encore elle, y alla à son tour de son panier plus lancer pour infliger un 11-0 (43-32, 27").
Ilona Burgrova tenta bien d'inverser la tendance, mais ses deux paniers ne furent qu'une bien ténue lueur d'espoir. Prague, à qui les Tango donnèrent en prime des lancers, mettait cette fois les jambes, et empochait sans coup férir ce troisième quart-temps (22-12). On ne voyait pas bien d'où allait pouvoir venir la lumière, pour les joueuses de Pierre Vincent.
D'autant que dès l'entame des dix dernières minutes, un nouveau tir extérieur de Sonja Kireta répondit à un shoot manqué d'Essence Carson. Le trois points de l'Américaine Kraayeveld en rajouta une couche, histoire de faire bonne mesure (56-37, 32").
Il fallut attendre une minute de plus pour que Bourges dépasse le nombre de points inscrits sur toute la durée du match de Gorzow. Impossible, dans de telles conditions, de s'imposer en Euroligue, et à l'extérieur, qui plus est. Alors oui, les Tango eurent le mérite de ne pas baisser les bras, de se battre jusqu'au bout. Mais cette seule arme est bien trop insuffisante...
Hervé Le Fellic
Bourges va devoir s'accrocher
Pour la deuxième fois cette saison, Bourges a baissé pavillon devant Prague. Et pour prétendre aller en huitièmes de finale, il va falloir montrer bien autre chose.
Et dire qu'on ne peut même pas donner tort à Pierre Vincent, quand il affirme que cette formation de Prague, si elle fourmille de joueuses de qualité, n'a pas une expression collective à se lever la nuit.
Ce fut une nouvelle fois vrai hier soir, mais comme à l'aller, c'est bien le champion de République tchèque qui est ressorti avec le sourire.
La bonne affaire tchèque
« On devait gagner ce match, pour notre classement dans ce groupe, mais aussi pour le futur », put se satisfaire Lubor Blasek. « On a quand même dominé deux fois les Berruyères cette saison, ce n'est pas une mince affaire. On a pourtant connu quelques problèmes en première mi-temps. Mes joueuses n'étaient pas dans le rythme, je les trouvais fatiguées. Mais on a su réagir ensuite. On y a cru. On a livré un vrai combat et comme on le pressentait, notre défense fut la clé. »
Sans doute moins que les échecs à répétition des Berruyères. Qui auraient dû mettre Prague sous une insupportable pression dès les vingt premières minutes. « Dès le premier quart, on doit avoir dix points d'avance », estima, fort justement, Pierre Vincent, le mentor berruyer. « Mais on ne met rien, il y a des jours comme ça. » On aurait tendance à penser qu'ils ont la fâcheuse habitude de se multiplier...
Défensivement, Bourges y était pourtant, dans ces vingt premières minutes. « C'est Whalen qui a fait la différence, à ce moment... » La meneuse américaine inscrivit 11 des 29 points de son équipe, sur les deux premiers quarts. On n'avait guère vu Evina Maltsi (deux paniers), on avait presque oublié l'abattage de Kraayeveld et d'Elhotova.
Des Berruyères « dépitées »
Elles se rappelèrent, et tout Prague avec elles, au bon souvenir de tout le monde, dans les vingt minutes restantes. À force de ne pas en mettre un, à force aussi de douter, de refuser les shoots ouverts, les Berruyères finirent par ployer sous les assauts. Et semblèrent perdues. « Non, plutôt dépitées » assura après coup leur coach.
Qui continue à le marteler : « Je ne suis pas inquiet. Mais dans le même temps, je connais aussi nos qualités et nos défauts. Je suis conscient de notre niveau. On n'est pas une équipe très offensive. »
Ce fut malheureusement le moins qu'on puisse dire, hier soir. Mais on se souvient aussi que, face à Sopron par exemple, on avait vu un Bourges conquérant, efficace. On ne veut pas croire que ce fut un feu de paille...
Hervé Le Fellic