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Attention à la force des Déferlantes !
Très convaincant mercredi devant Kosice, le Bourges Basket devra se méfier du piège nantais. Les Déferlantes de Laurent Buffard restent sur six succès.
C'est fou comme un succès a le don de changer la vision des choses. Pourtant, le Bourges Basket avait livré de belles parties, comme dans la salle de Rivas Ecopolis. Mais sans pouvoir transformer l'essai, sans pouvoir convertir la sueur en points. Inscrits comme glanés au classement.
En retrouvant leur Prado, mercredi soir, les joueuses de Pierre Vincent ont cette fois eu tout juste. Elles ont respecté leur plan défensif à la lettre, stoppant autant que faire se pouvait les shooteuses made in USA du club slovaque, Dupree et McCoughtry.
Contenir l'axe fort de l'équipe nantaise
Et offensivement, les Tango ont enfin réussi à tirer leur meilleur profit de leurs occasions. En se jouant d'une défense slovaque pas toujours très lucide, très logique, dans ses choix, il faut bien le reconnaître. « Elle a peut-être fait un usage excessif de la zone », put sourire Pierre Vincent.
En tout cas, voilà qui a permis, notamment, à Stella par leur capacité à bien lire le jeu.
Des arguments qui ne seront pas de trop, ce soir, sur les bords de Loire. Jamais depuis leur retour en Ligue (cette saison, elles ont été repêchées) les Déferlantes nantaises n'ont aussi bien mérité leur surnom. Les joueuses de Laurent Buffard, l'ancien coach de Valenciennes et d'Ekaterinbourg, restent en effet sur six succès consécutifs.
L'équation à résoudre sera radicalement différente de celle proposée par le champion de Slovaquie. Nantes, c'est avant toute chose un axe fort meneuse - pivot. La première, Kathleen Macleod, avait su faire bien des misères aux Tango, la saison dernière, alors qu'elle portait encore le maillot de Sopron. « Elle est vraiment très forte », assure Pierre Vincent, qui demandera à ce qu'on ne lui laisse pas un pouce de liberté. À l'autre extrémité de l'axe, on trouve le double mètre de l'Américaine Taylor, meilleure marqueuse nantaise, à 16 points de moyenne. Ilona Burgrova et Emmeline Ndongue devront tout donner pour la priver de munitions et l'empêcher de prendre ses positions préférentielles.
Il ne faudrait pas réduire les arguments ligériens à ces deux seules joueuses. « Nantes est une belle équipe, qui dispose d'un secteur intérieur puissant. » Il y avait déjà Doriane Tahane, à la belle dimension physique. L'arrivée en cours de saison de Mame Marie Sy Diop a encore densifié la raquette nantaise. Pierre Vincent a également noté, au fil des vidéos, « de belles possibilités de rotation, et des shooteuses très fiables, comme Leslie Ardon (l'ancienne Berruyère, NDLR), Mélanie Plus et Andreyeva ». Il ne faudra sans doute pas trop s'amuser à faire des impasses et les aides défensives, si payantes face à Kosice, pourraient bien être moins utiles.
Enfin, il y a le coaching à la Laurent Buffard, que Pierre Vincent connaît par c'ur (et inversement, sans doute). « On connaît le dossier, c'est vrai », sourit le stratège berruyer.
Tout cela fait que ça sent vraiment le déplacement piège, pour les Berruyères. Mais si elles savent avoir le même allant que mercredi soir face à Kosice, les choses pourraient être bien simplifiées. Il faudra avoir de la justesse, des deux côtés du terrain. Imposer son rythme comme son jeu. Toutes les déferlantes ont un point commun : elles se brisent sur la jetée. À condition qu'elle soit assez solide.
Hervé Le Fellic