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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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16 décembre 2009   II y a vraiment un joli coup à réaliser

II y a vraiment un joli coup à réaliser

Bien relancé par son succès face à Kosice, le Bourges Basket peut signer ce soir une intéressante opération. Face à une équipe de Sopron qui est au pied du mur.


C'est fou comme la roue peut tourner vite. La saison dernière, Sopron étonnait l'Europe du basket féminin, en virevoltant, en atteignant pour la première fois de son histoire le Final Four. Au détriment de Bourges, défait en deux manches dans un quart de finale que Pierre Vincent, le coach tango, n'a pas oublié. « J'étais un peu colère. Sopron avait .été euphorique à l'aller, chez nous. Au match retour, on était très bien offensive-, ment et on avait connu une vraie frustration, parce que cette équipe n'était pas intouchable. »

Depuis, Norbert Szekely n'a apporté qu'une retouche à son jeune et talentueux effectif : la meneuse serbe Miljkovic est arrivée du Celta Vigo (Espagne) pour remplacer Macleod, partie à Nantes. Et pourtant...

Tout a changé. Sévèrement battu au Prado (82-56), Sopron n'a connu depuis que des défaites, sur la scène européenne. Au point d'avoir, ce soir, le couteau sous la gorge : un nouveau revers, et adieu aux huitièmes, sans doute. À l'euphorie, à l'insouciance, ont succédé l'obligation de tenir son rang, le fait d'être attendu partout. En prime, Sopron a dû longtemps faire sans son régulateur, Jelena Milovanovic, ce qui change énormément, dans son jeu.

Que Pierre Vincent et ses joueuses connaissent bien entendu par cœur. « Je n'y ai pas vu de différences notables, par rapport à la saison dernière », assure le technicien berruyer. « Ce sont des joueuses très agressives dans le dribble, qui jouent beaucoup en pénétration. Il y a des intérieures qui, comme Milovanovic, aiment s'écarter pour tirer. Ce sera tout l'inverse de ce que vient de nous proposer Nantes. »

La leçon de Nantes
Nantes, où les Tango ont su, après avoir été menées de quinze longueurs, avoir une réaction nette et sans bavure. « C'est la première fois cette saison où on a été malmené comme ça et où, malgré cela, les filles ont su ne pas céder à l'émotion, ont continué à avancer. Et ça, c'est une bonne chose. »

Comme l'est le fait de débarquer en terre magyare avec en poche le succès de la semaine dernière, face à Kosice. « On est dans un groupe délicat, où il n'y a pas d'équipes très fortes, mais pas d'équipes faibles non plus. C'est très serré. Notre seule idée, pour l'heure, c'est d'aller chercher cette qualification pour les huitièmes. Même si on sait qu'en plus, il conviendrait d'avoir le plus de points possible. Là, on est à Sopron, on sait que ce sera difficile. On sait aussi qu'on a une équipe dont le profil peut davantage gêner cet adversaire que la saison dernière. On sait enfin qu'on terminera cette première phase européenne par deux matches à la maison (*), où il n'est pas simple de nous battre. »

Un succès ce soir ouvrirait encore un peu plus la porte des huitièmes. Elles en ont les moyens, les Berruyères. Pour peu que leur défense stoppe les assauts magyars, pour peu qu'elles aient cette lucidité pour choisir les bonnes postes offensives. Il ne serait pas inutile de profiter des doutes actuels de Sopron...

Ni d'en claquer une belle à l'extérieur. Là où Bourges est « en difficulté » cette saison, comme le reconnaît Pierre Vincent. Une référence hors de ses bases, ce n'est jamais inutile...

(*) Face aux Polonaises de Gorzow et aux Espagnoles de Rivas Ecopolis, en janvier.


Hervé Le Fellic

16 décembre 2009   P. Vincent : « Tourner, c'est une force »

P. Vincent : « Tourner, c'est une force »

L'une des caractéristiques du jeu berruyer, ce sont les rotations incessantes initiées par Pierre Vincent. Parce que le coach berruyer entend bien tirer le meilleur parti des qualités différentes de chaque joueuse.


Laurent Buffard, le coach de Nantes Rezé, en soulignait l'importance, samedi soir. Stevan Svitek, l'entraîneur de Kosice, expliquait la semaine dernière combien certaines de ses joueuses avaient été usées, étouffées sous le nombre.

Oui, les rotations sont une vraie force, cette saison, dans le jeu berruyer. D'autant que, comme le souligne le coach tango, Pierre Vincent, « s'il peut y avoir une hiérarchie très marquée dans une équipe, ce n'est pas le cas cette année. Tout au contraire, les joueuses ont des compétences différentes ».

Question turnover, ça ne traîne pas. Il y a le cinq de départ « qui n'est pas un cinq majeur, même si certaines sont plus sensibles au fait d'y figurer que d'autres ». Un cinq que Pierre Vincent n'annonce jamais à l'avance, sauf cas exceptionnel : « Je veux que toutes se préparent de la même manière... »

De toute façon, le ballet commence bien vite. Après sept, huit minutes, tout le monde a foulé le parquet. « Ce n'est pas forcément dans mes habitudes, c'est aussi l'équipe qui veut ça. D'un autre côté, dans le basket moderne, la différence, chez les garçons comme les filles, se fait sur l'intensité. On a neuf professionnelles qui peuvent vraiment jouer, c'est une force, autant s'en servir. »

Des combinaisons multiples et variées
D'autant que les combinaisons sont multiples. À la mène, Katia Manic et Anaël Lardy se partagent le flambeau. « Elles sont complémentaires. » Et peuvent, à l'occasion, jouer ensemble.

Sous les cercles, les profils sont bien distincts. « Emmeline (Ndongue) et Ilona (Burgrovà) ont des qualités différentes. Endy (Miyem) est plus fiable sur le tir extérieur, même si Jennifer (Digbeu) s'améliore dans ce registre. »

C'est sans doute sur les postes extérieurs que les profils sont plus marqués, dans cet effectif tango. « Essence (Carson) et Stella (Kaltsidou) sont un cran au-dessus. Paoline (Salagnac) a vraiment un style très différent. »

Grandir l'effectif, ou au contraire le rendre plus vif, plus mobile, tout est possible. « II n'y a pas de composition d'équipe à éviter, et je crois que j'ai à peu près tout utilisé, cette saison », estime le coach berruyer.

Dont les changements surprennent parfois le public du Prado, surtout quand ils concernent une joueuse qui vient d'en aligner deux ou trois. « Rassurez-vous, quand une joueuse score, je m'en rends compte. Avoir la main chaude, c'est bien, mais il ne fait pas non plus que le moteur chauffe. Car quand on se met dans le rouge, on peut y rester longtemps... »

Pierre Vincent le reconnaît : la pratique du mouvement perpétuel « est un équilibre périlleux ». Qui requiert de la part du coach beaucoup de réactivités par rapport aux évolutions du match, de l'adversaire. Qui demande à celles qui jaillissent du banc la faculté d'être immédiatement dans le sens du courant.

Mais c'est aussi une tactique qui use. Et qui pourrait bien être payante, face à Sopron...


Hervé Le Fellic

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