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Et pourtant, il y avait la place de passer
Au contact pendant trois quarts temps, mais sans pouvoir passer devant, le Bourges Basket a cédé dans les dix dernières minutes. Une occasion ratée...
Si pour Sopron, c'était hier soir le match de la dernière chance, après cinq revers, pour les Tango, l'occasion était belle de s'ouvrir la porte des huitièmes.
La pression était donc forcément davantage sur les épaules magyares. Mais si le Bourges Basket prit d'entrée les commandes, le trois points d'Honti remit tout le monde sur la même ligne (9-9, 5e). Ce fut le véritable signe du départ, pour la troupe de Norbert Szekely. Eôrdogh, tout juste rentrée, se trouva étrangement seule, à 6,25 m et sur remise en touche, et Bourges encaissa un net 10-0. La pression défensive hongroise sur la porteuse de balle, ces pénétrations que Pierre Vincent avait ciblées comme danger premier, faisaient leur œuvre.
Les Tango ne s'affolèrent pas. Il y eut bien encore quelques défauts d'ajustement défensifs, mais la troupe de Pierre Vincent resta fidèle à son plan de jeu. Katarina Manic, en bonne capitaine, montra la voie en attaquant franchement le cercle à deux reprises (17-15, 9e). Et, à la fin du 1er quart, le Bourges Basket avait stoppé l'hémorragie (23-19, 10e).
De chaque côté, on y allait de sa pression défensive, de ses rotations aussi. Essence Carson décocha un trois points d'école, et tout le Bourges Basket lui emboîta le pas. Stella Kaltsidou scora extérieur, Essence Carson trouva Endy Miyem dessous, et ça fit 11-2 pour les Berruyères, qui reprirent la direction du match (29-30, 14e).
Pour un très bref instant, certes. Mais à l'évidence, les Tango étaient dans le match, concentrées, appliquées (en dépit de... onze pertes de balle en première mi-temps). Des deux côtés, l'adresse était au rendez-vous, et Milovanovic, mais aussi une surprenante Eôrdogh, firent en sorte que Sopron continue d'y croire, au moment de retourner au vestiaire. Dominateur au rebond à cet instant du match (14 prises à 8), Bourges avait juste laissé un poil trop de tirs à trois points ouverts. Comme celui de cette diablesse de Milovanovic, seule, au buzzer de fin de deuxième quart.
Et Sopron força...
Le duel reprit de plus belle. Sopron continua, par Eôrdogh toujours et encore, par Honti, d'arroser à trois unités. Il fallait tenir, ce que se chargèrent de faire Essence Carson en attaquant le cercle, ou Stella Kaltsidou sur shoot extérieur. Il convenait de ne pas s'affoler, à voir les Magyares faire la course en tête (53-44, 25e).
Elles le firent à merveille, les Tango, qui égalisèrent par Endy Miyem (57-57, 29e). Et qui, sur le troisième quart, firent encore jeu égal avec leurs hôtesses. Elles y étaient, c'était l'essentiel. Mais il allait falloir trouver le moyen de passer, de tirer la quintessence de tous ces efforts...
D'évidence, ça allait se jouer sur un petit rien. Sur la capacité berruyère à être parfait, ou presque. Et à tenir face à une équipe magyare qui se mit, forcément, à durcir plus encore le jeu...
Et qui, une fois encore, reprit ses distances, aux lancers, sur le trois points d'Amber Holt, bien discrète jusque-là (70-62, 34°). Il y eut, en passant, quelques largesses arbitrales, envoyant Horti et les autres sur la ligne de réparation (75-67, 37e). Le Bourges Basket vit les minutes défiler, trop vite, sans pouvoir réellement revenir au contact.
Pour la première fois, Sopron compta dix longueurs d'avance, sur un panier d'Horti (77-67, 37e). Jamais le Bourges Basket ne put revenir. Il parvint juste à sauver le goal average particulier sur son rival d'un soir. C'est déjà ça...
Hervé Le Fellic
Pour une fois, la défense tango a failli
D'ordinaire à la peine pour scorer, le Bourges Basket a très bien attaqué, hier. Mais c'est la défense tango qui n'a pas tenu, face aux assauts magyars.
Pierre Vincent, l'entraîneur du Bourges Basket, disait attendre un match référence de sa troupe à l'extérieur. Il l'attend toujours, mais pour des raisons sans doute diamétralement opposées à celles qu'il aurait pu imaginer.
D'ordinaire, c'est au scoring que la troupe tango avait des soucis. La défense assurait le coup. Le hic, mais aussi le comble, c'est qu'hier soir, dans une salle de Sopron bien peu garnie, et pas franchement impressionnante, ce fut tout le contraire.
« Offensivement, on fait une belle partie » estima le technicien tango. C'est vrai qu'il y eut de la justesse dans les choix. Qu'il y eut aussi, trente minutes durant, beaucoup de calme, de lucidité, ce qui explique sans aucun doute cette réussite offensive. « J'ai trouvé l'équipe solide, stable. Juste un peu énervée sur la fin, parce qu'il y a quand même eu des choses un peu grossières... » Question arbitrage, s'entend. C'est vrai que Sopron n'a pas été privé de lancers francs, notamment dans les dix dernières minutes. Mais ça n'explique pas tout.
Non, l'explication, ce fut les absences défensives berruyères. On a ainsi vu l'excellente, l'intelligente, Eôrdogh, rentrer en jeu. Ne pas faire vingt centimètres, attendre la sphère pour envoyer une flèche à trois points. Sans que personne ne la gêne.
Il ne fallait relancer Sopron...
Une image parmi d'autres. « On a vraiment laissé trop de choses faciles. On a été naïf sur certaines situations », déplora Pierre Vincent. « Sopron, c'est vrai, a eu une belle efficacité ; Eôrdogh nous a fait très mal. Mais on a pris trop de paniers sur leur jeu rapide, en première mi-temps. »
Alors oui, Bourges sut ensuite serrer, globalement, les boulons. Mais le mal était fait. En pleine panade après cinq défaites, Sopron n'attendait qu'une chose : l'occasion de reprendre confiance. Force est de reconnaître, même si en définitive « ça se joue à peu », que les Berruyères ont donné le bâton pour se faire battre. Et que Sopron, dans les dix dernières minutes, a eu la fierté, dos au mur, de tout donner pour arracher la décision. Pour se donner l'espoir d'un avenir européen, ce qui est quand même le moins, quand on a été du dernier Final Four.
On comprend le soulagement de Norbert Szekely. « On a eu tellement de problèmes ces derniers mois. Je suis fier de mon équipe, de son mental. On est allé chercher ce succès. Maintenant, il faut qu'on continue sur les deux dernières rencontres ! »
Hervé Le Fellic