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Les Tango doivent garder le tempo
Après un mois d'absence, Ana Lelas n'est pas encore parée à renouer avec la compétition. Mais les autres Tango semblent bien revenues dans le rythme, selon leur coach, Pierre Vincent.
Tenir le rythme. Garder le tempo, le beat, dans le jargon des musiciens de jazz et de rock. Essentiel, ça. Fondamental. Combien de batteurs virés avec pertes et fracas de leurs groupes ou orchestres pour s'être montrés incapables d'assurer, de garder ce beat crucial ?
On ne sait pas si Pierre Vincent est mélomane. Mais le tempo, ça le connaît ! À tout le moins sur un parquet.
« Couper, OK ; c'est repartir qui peut s'avérer délicat »
« Voilà pourquoi j'estime que la trêve hivernale survenait mal, expliquait hier le coach berruyer, en dirigeant quatre joueuses seulement - Ana Lelas, Paoline Salagnac, Stella Kaltsidou et Essence Carson - lors d'une petite séance d'entraînement matinale. Les saisons sont longues, c'est un fait, mais nous sommes pros, placés dans des conditions optimales. Les coupures ne sont donc jamais bienvenues à mes yeux, à haut niveau en tout cas. Car ensuite, le redémarrage peut vite poser problème... »
Un mois décisif
En dans le cas du Bourges Basket, il sera primordial de négocier ce mois de janvier pied au plancher. Reprise en douceur absolument proscrite pour les Tango, sous peine de devoir réviser certaines ambitions - notamment européennes - à la baisse, et drastiquement. « En fait, précise Pierre Vincent, ce sont quatre matches capitaux qui nous attendent en janvier : Armentières (ce soir, donc NDLR), puis les réceptions décisives de Gorzow et de Rivas en Euroligue, avec le déplacement à Arras entre les deux. Par conséquent, c'est dès ce soir qu'il nous faut retrouver, puis maintenir le rythme élevé, exigeant, de la compétition. Et ce jusqu'à la fin du mois ! »
Bref, les Berruyères vont devoir enchaîner les gros matches, ce dont elles sont parfaitement capables selon leur mentor. « On était dans le tempo sur nos dernières rencontres, estime-t-il. On l'est encore à l'entraînement, depuis la reprise : ce que je vois est très correct en terme de rythme, de cadence de jeu, d'intensité. Reste à éprouver cette tendance au banc de la compétition, face à des adversaires robustes... »
« On se projette déjà, un peu, sur Gorzow »
Or, ce soir, on commencera plutôt piano sur ce plan-là avec la venue, au Prado, des modestes Nordistes d'Armentières, avant-dernières du classement. Pas une raison pour prendre l'affaire à la légère, si on a bien suivi le stratège du Bourges Basket. « Une équipe au basket atypique, Armentières. C'est leur Américaine Fisher (13,2 points de moyenne, mais absente à l'aller NDLR) qui alimente la marque. Pour le reste, leur jeu est axé sur un maximum d'activité sur tout le terrain, afin de désorganiser le camp d'en face. En outre, ils arriveront dans la perspective de se maintenir, sans rien à perdre ici, par conséquent. Ce genre de contexte est toujours un peu piégeux ; à nous de demeurer sur nos gardes... »
Même si Jennifer Digbeu souffrait ces derniers temps d'un petit coup de froid, Pierre Vincent devrait aligner ses neuf joueuses pros ce soir, plus la jeune intérieure du centre de formation, Suzanne Noizet. En phase de reprise après une blessure à un pied, la shooteuse croate Ana Lelas, « qui s'entraîne normalement », ne devrait cependant pas quitter le survêtement. Le staff tango entend la préserver pour les deux rencontres d'Euroligue. « Car on y pense, évidemment, à ces matches à fort enjeu, convient Pierre Vincent. Sans manquer de respect à Armentières, on a déjà entamé la préparation du match contre Gorzow, au plan tactique notamment. Car ce soir-là non plus, on n'aura aucun droit à l'erreur... »
Emmanuel Letreulle