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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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14 janvier 2010   c'est le bourges Basket qu'on aime !

c'est le bourges Basket qu'on aime !

Très grosse performance des Berruyères, hier soir, dans un Prado aux anges. Les Tango ont atomisé Gorzow, 84-57, pour s'ouvrir les portes des 8e de finale. Une défaite de Sopron, ce soir, à Madrid et le ticket serait dans la poche...


Bien avant le coup d'envoi, ce match sentait la poudre. L'enjeu, il est vrai, était d'importance : un billet quasi assuré pour les huitièmes de finale. Et une grosse pression sur les épaules des Berruyères, d'autant plus que quelques instants auparavant, Kosice avait pris ses distances en allant s'imposer à Prague. Et même en cas de victoire des Tango, Prague, rejoint au nombre de points, garderait l'avantage pour avoir battu Bourges à deux reprises.

cette pression (on la ressentait aussi dans les travées du Prado, ndlr) pouvait en partie expliquer l'entame crispée (un seul tir rentré par Miyem sur quatre tentatives) des joueuses de Pierre Vincent. Il est vrai aussi, mais il fallait s'y attendre après le 49-39 de l'aller, que ça défendait très fort. Des deux côtés. Chaque position, chaque tir était contesté au maximum. Il fallait vraiment aller chercher chaque panier. Comme le firent Manic en attaquant le cercle, ou Ndongue sur un caviar grec de Kaltsidou.

Après 4 minutes, on était toujours à égalité, 6-6. Et puis, les Tango se libérèrent. Lâchèrent les chevaux pour se jouer de la défense ultra-agressive des Polonaises. Face au rideau de fer tendu par la défense berruyère, Gorzow en était réduit à prendre un maximum de shoots longue distance. Sans réussite (0 sur 5). Au contraire, jouant juste, Bourges réussissait à passer entre les mailles du filet polonais pour signer un superbe 10-0 (14-6 à la 9e). Intéressant. A la fin du premier quart (14-10), Gorzow n'avait marqué que trois paniers... Contre six à Bourges.

C'était loin d'être terminé mais les Tango avaient une telle présence, elles mettaient un tel cœur, un tel engagement dans tout ce qu'elles entreprenaient qu'elles ne pouvaient qu'être récompensées. Jouant juste, avec beaucoup de maîtrise, elles ne bronchaient pas face aux erreurs d'arbitrage qui envenimaient le jeu. Et pas davantage sur les tirs primés rentrés par Sapova et Zurowska (20 -16 puis 25 19 sur un rebond offensif de Ndongue). Gorzow pouvait bien durcir le jeu dans sa défense individuelle, les Tango arrivaient au repos sur un 6-0 : 29-19.

Et le meilleur était à venir. Un troisième quart de toute beauté. Magnifique de technique, d'allant et d'intensité. Pour ainsi dire sans déchet. Du grand basket et une grande équipe de Bourges.

Un troisième quart superbe !
Les Tango enchaînaient par un 13-0 (36-19) sur les deux quart-temps et un shoot bonifié de Stella Kaltsidou. Deux lancers de Zurowska, la meilleure Polonaise, ne suffisaient pas à ramener Gorzow dans le match. D'autant que Katia Manic entamait son récital. Huit points à la file pour la capitaine et l'écart enflait à + 23 (44-21 à la 25e). Un régal ! Deux paniers bonifiés de Zurowska (encore elle !) et un autre de Richards n'allaient rien changer. Les Tango avaient la mainmise sur le match. Burgrova faisait le ménage au rebond, Carson et Kaltsidou allumaient de loin. Et Ana Lelas, pour son grand retour, marquait sur son premier tir à trois points. Gorzow encaissait un cinglant 33-15 sur le quart-temps (62-34). Énorme ! Les Tango venaient de marquer presqu'autant de points que lors du match aller. Les sangsues polonaises étaient décrochées ; restait à finir le travail...

Ce que les Berruyëres firent avec talent, même si elles s'autorisèrent quelques petites largesses en défense. Dans cette dernière ligne droite, Emmeline Ndongue sortit le grand jeu, bien aidée par Kaltsidou. À 1'14" de la fin (81 - 57), Pierre Vincent renvoyait Ana Lelas (qui avait joué 3'56" dans le troisième quart) au feu, à la place de Carson (tout un symbole) qui venait de passer ses deux lancers. Le public du Prado, debout, avait bien raison de chanter. D'acclamer ses joueuses. La victoire était là, sur un ultime panier primé d'Ana Lelas (84-57). Le point average aussi. Le tout avec la manière. Les portes des huitièmes de finale est largement entrouverte. Chapeau !


Christian Ragot

14 janvier 2010   Les Berruyères n'ont rien laissé

Les Berruyères n'ont rien laissé

C'est d'abord par sa solidité défensive que Bourges a construit son succès. Gorzow muselé, on vit alors des séquences offensives parfaitement construites. Du bon et précieux boulot !


Gorzow doit désormais regretter amèrement d'avoir davantage cherché à détruire qu'à réciter son propre jeu. Car, en évoluant comme un hérisson, en défendant au-delà, souvent, des limites fixées, la formation polonaise ne tint qu'un gros quart d'heure. « À l'aller, on n'avait pas eu de réussite, mais on n'avait pas bénéficié de fautes », rappela Pierre Vincent, le coach berruyer. « Sur ce match retour, l'arbitrage n'a peut-être pas été terrible, en cherchant toujours à compenser. Mais au moins, ça a sifflé. Gorzow fait beaucoup de choses illégales, sur les écrans, en mettant les bras. Mais quand ce n'est pas toléré, ce n'est plus pareil... »

Et rien, heureusement pour les Berruyères, ne fut semblable à un match aller désormais aux oubliettes. D'autant qu'au point average, Bourges a repris le dessus sur son rival d'un soir. Bourges s'attacha d'abord à s'exprimer défensivement, au point de ne laisser que cinq paniers à son rival, sur les vingt premières minutes.

« La moitié des attaques polonaises, c'est soit sur des sorties d'écran, soit sur du jeu rapide », rappela le tacticien berruyer. « Quand on les prive de ces deux armes, elles n'ont pas beaucoup de solutions. On a su adapter notre défense, face à elles, et l'Australienne Richards n'a pas eu le même impact qu'à l'aller. On les a contrées, on les a poussées à perdre beaucoup de ballons. »

Autant de munitions qui furent, en prime, parfaitement utilisées par les Berruyères. Il y eut beaucoup de justesse dans les attaques tango. Pierre Vincent regretta juste « une dizaine de points faciles laissés en première mi-temps » et « un manque de vitesse d'adaptation sur leur défense de zone, en fin de match. »

Fait, et bien fait...
Reste que l'essentiel a été fait, et bien fait. Que la qualification pour les huitièmes est en vue, et que Bourges pourra même chercher à améliorer son classement, mercredi prochain, à l'occasion de la venue de l'équipe madrilène.

Côté polonais, on faisait, on s'en doute, un peu plus la tronche. Le coach de Gorzow, Dariusz Maciejewski, ne put que souligner la supériorité berruyère. « Bourges a d'abord très bien défendu, et on a eu beaucoup de mal à s'exprimer. Physiquement, tactiquement, techniquement, on a beaucoup souffert. En plus, c'était notre match de reprise, ce qui n'a rien arrangé. Et seule Zurowska a été à son niveau. On peine à l'extérieur, mais l'équipe est jeune, découvre l'Euroligue. Maintenant, il nous reste une petite chance de qualification... » Ce ne sera pas simple.

Christian Ragot

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