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L'art de remettre les pendules à l'heure
Dos au mur, le Bourges Basket a pris une éclatante revanche, mercredi soir, face aux Polonaises de Gorzow. D'abord appliqué, ensuite éclatant, il a tout donné pour parfaitement se relancer.
En bonne capitaine, Katarina Manic, oubliant la béquille reçue le samedi précédent face à Armentières, fut mercredi à l'image de son équipe. D'abord appliquée, concentrée sur les essentielles tâches défensives, elle ne lâcha pas son adversaire directe, dans une première mi-temps équitablement partagée avec Anaël Lardy.
En vingt minutes, des Tango lucides, ne tombant pas dans le défi physique proposé par les Polonaises de Gorzow, eurent quasiment effacé l'écart concédé à l'aller (29-19, 20e). Défensivement, ce fut copie parfaite : le jeu de Gorzow, tout en rapidité (« une passe, un tir », avait dit la veille Pierre Vincent) en fut anesthésié.
« On a vraiment bien défendu », estima, à juste titre, la capitaine berruyère. « II était essentiel qu'on ôte à leurs shooteuses toute possibilité de tir facile. » Question écart, il en manquait alors juste un poil, pour que la troupe de Pierre Vincent renverse totalement la tendance.
« On avait toutes cette sortie de l'aller dans la tête », assura après coup Katia. Ce triste 39-49, mais surtout la tenace (et justifiée) impression d'avoir en ce sombre soir polonais, été en panne totale de réussite, de s'être fait marcher dessus, en prime... Toute l'équipe berruyère y puisa une volonté supplémentaire, pour faire souffler le vent de la révolte.
Ce fut même, dans un troisième quart temps de feu (33-15 en dix minutes, on ne voit pas ça tous les jours...), une véritable tempête qui s'abattit sur le vice-champion de Pologne. Qui laissa dans l'affaire toutes ses dernières illusions de qualification pour les huitièmes, ou presque.
Justesse et adresse
Et Katarina Manic ne fut pas le dernier des bourreaux. Trois paniers, deux lancers : la capitaine tango inscrivit, en deux minutes, huit points d'affilée, pour porter l'écart à un niveau interdisant à l'adversaire tout espoir de retour (44-21, 24e).
Impeccable ou presque derrière, puisque ne laissant à Gorzow que les tirs lointains, le Bourges Basket sut parfaitement gérer ses attaques. Avec une alternance du meilleur goût, qui vit s'exprimer aussi bien Stella Kaltsidou qu'Emmeline Ndongue (eh ! 15 points, 15 rebonds, le compte est bon...).
« On a vraiment bien joué en attaque, et en plus, on a pu avoir un intéressant taux de réussite au tir », commenta Katia Manic. À qui les chiffres donnèrent forcément plus que raison : 31 sur 68 au tir, avec un joli 9 sur 17 à trois unités et un impeccable 13 sur 13 aux lancers. Avec en prime la main remise sur le rebond, pas étonnant que Gorzow a vécu un calvaire, dans les vingt dernières minutes.
Il faudra finir le travail, mercredi prochain, face à Rivas Ecopolis
« On avait bien conscience de tout l'enjeu de cette rencontre, on ne pouvait pas se rater », rappela la capitaine berruyère. Se retrouver le couteau sous la gorge aurait pu paralyser la troupe de Pierre Vincent, ce fut tout le contraire. Et cette capacité à répondre présent au jour J, c'est plus qu'intéressant, pour la suite de la saison. Les matches couperets risquent fort de se succéder à un rythme soutenu, dans quelque temps.
Gorzow définitivement mis derrière, les Tango devront, pour le dernier match de ce premier tour de table européen, chercher à améliorer encore leur classement, leur capital points et leur point average. « II faudra battre Madrid, pour si possible avoir un adversaire plus abordable en huitièmes. » Sur l'allant constaté ce mercredi, c'est plus qu'envisageable..
Hervé Le Fellic