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Une préparation idéale avant l'Euroligue
Les Tango ont dû batailler jusqu'au bout pour prendre leur revanche de l'aller sur une vaillante équipe arrageoise qui a eu le malheur de rater deux lancers à quatre secondes du buzzer.
On se prend parfois à regretter qu'il ne puisse, comme en football ou en rugby, y avoir de match nul en basket. Car cet Arras -Bourges, personne ne méritait le perdre. Ce qui ne veut pas dire que la victoire des Tango ait été usurpée. Loin de là. Mais les Arrageoises auraient tout aussi bien pu l'emporter si, à quatre secondes du coup de sifflet final, Marielle Amant (la meilleure du match avec une évaluation à 22 et un double double, 20 points, 10 rebonds), avait passé ses deux lancers...
Un match qui fait honneur à la Ligue féminine
C'est, en tout cas, le genre de match qui fait honneur à la Ligue féminine. Un match âpre, prenant, engagé, avec beaucoup de rythme et d'intensité, notamment en défense. Un match où tous les ingrédients étaient réunis pour qu'il en soit ainsi : une salle pleine, une revanche à prendre pour les Tango et le centième match d'Arras, équipe surprise de cette saison, en LFB. Un match serré avec 21 changements de leader, 7 égalités et un écart qui n'a jamais excédé les 6 points en faveur d'Arras et 7 pour les Berruyères. Et si Bourges l'a emporté en ayant une moins bonne évaluation équipe (69 contre 74 à Arras mais en ayant mené plus longtemps, 18'14 contre 17'08), c'est grâce à sa plus grande expérience des matches sentant la poudre et à sa profondeur de banc. Voilà pour les stats.
En réalité, la décision s'est faite sur des détails. Les deux lancers manques par Marielle Amant par exemple mais aussi la cinquième faute trop rapidement concédée par Akonga (36e), des paniers faciles ratés en dessous, des ballons trop vite rendus à l'adversaire sous la pression, quelques petits oublis défensifs et encore un manque de lucidité compréhensible avec une telle débauche d'énergie.
Amant maudite...
« Ça se joue à rien » regrettait ainsi Bruno Blier. « Je ne veux surtout pas incriminer Marielle (Amant, ndlr). Elle avait tellement donné jusque là. Mais avec sept joueuses seulement, il est normal qu'on ait peiné en fin de match. Comment ainsi reprocher à Mitchell, obligée de jouer 40 minutes, d'avoir laissé filer Manic sur le dernier panier décisif ? Impossible. En face, Bourges a fait tourner ses deux meneuses qui sont moins fortes que Leilani (Mitchell, ndlr) mais à deux contre une, elles ont fini par l'user... Ce soir, c'est la déception qui domine même s'il n'y a aucune honte à s'incliner devant Bourges. Le public a vu un très bon match, avec beaucoup de rythme, d'engagement de part et d'autre, sans temps mort, un énorme défi physique, du suspense, de l'intensité au rebond, du jeu collectif... Tout ce qu'on aimerait voir chaque semaine. On a peut-être quelques fois péché par gourmandise sur le jeu rapide mais bon, Bourges a aussi très bien défendu. Mais tant qu'on n'aura pas les moyens de s'offrir une ou deux vraies rotations supplémentaires, il sera difficile de gagner ce genre de match et d'aller plus haut... »
De son côté, Pierre Vincent reconnaissait que cette revanche (à l'aller, Bourges avait été battu au Prado après prolongation, ndlr) avait été chaudement acquise. « Ce soir, la victoire est belle ! C'est vrai que si Marielle Amant met ses deux lancers on peut perdre. Mais un match ne se gagne pas avec des si... Si on rate moins de choses faciles en dessous (Ilona Burgrova) on peut aussi faire la différence bien avant... »
A plus 6 sur un troisième tir primé de Digbeu (59-65 à la 35e) Bourges semblait avoir fait le plus dur mais Gomis, Amant et Mitchell ramenèrent Arras devant (68-67, 38e). Avant que Manic, encore très bonne hier, n'aille marquer le panier de la victoire...Fêtée comme une finale dans le camp berruyer.
Une préparation idéale avant Madrid
« C'est un match où il y a eu beaucoup d'intensité, tant au plan physique que psychologique. Un match difficile à gagner. Aussi, quand la récompense est au bout, c'est une grande satisfaction. Maintenant, il va falloir enchaîner par un autre match plus important encore, mercredi, contre Madrid. Et le gagner... ».
Sans préjuger du résultat de mercredi, Arras aura été un sparring partner idéal pour les Tango.
Christian Ragot
La fameuse règle de la compensation...
Rarement un duo d'arbitres n'a essuyé autant de bordées de sifflets que samedi soir à Arras.
Il faut dire que les deux référées, supervisés en la circonstance, sans être vraiment mauvais, n'ont eu de cesse de vouloir compenser leurs erreurs. Et en basket, on n'a encore rien trouvé de mieux pour enflammer un public, énerver les joueuses et les entraîneurs, et parfois gâcher un match, voire, fausser un résultat. Heureusement, ça n'a pas été le cas, samedi à Arras.
Ainsi, après que Bourges eut rapidement creusé un petit écart (2-9 à la 3e) puis 4-11 (5e), les Artésiennes, surmotivées, se mirent à durcir le jeu, à taper les bras et à jouer des coudes sans que les arbitres ne bronchent. Au début du deuxième quart temps, agacé par toutes ces fautes non sifflées, Pierre Vincent bondit de son banc pour dire leurs quatre vérités aux arbitres... Qui appliquèrent aussitôt la règle de la compensation. Avec les conséquences qu'on imagine pour Arras au tableau lumineux. Les Berruyères bénéficièrent ainsi, en première mi-temps, de 15 lancers (12 réussis) contre 3 (2 marqués) aux Artésiennes. Certes, les fautes y étaient sans doute mais toutes méritaient-elles d'être sifflées. Si oui, alors un match pourrait rapidement cesser fautes de combattantes. Question de discernement...
Et il en fut ainsi (la règle de la compensation) durant tout le match. Sans qu'une équipe soit réellement favorisée puisqu'in fine, chacune a été gratifiée de 18 fautes. « Les arbitres ? Ils ont été plutôt bons (est-ce de l'humour ? ndlr) mais je ne comprends pas comment Ndongue et Burgrova ont pu finir le match », analysait Blier, fataliste.
« Ils ont sifflé de façon désordonnée. Un match aussi important aurait mérité une paire d'arbitres plus homogène. L'un des deux n'était pas vraiment au niveau. Je ne cesse de prôner une défense propre, ce qui n'empêche pas d'être agressif. Quand, ce n'est pas le cas il faut sanctionner... » estimait Pierre Vincent, calme retrouvé après la victoire.
Christian Ragot