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Vaincre... pour ne pas devoir calculer
Mieux vaut ne pas emprunter les chemins de traverse et ne compter que sur soi : qu'il triomphe ce soir de Madrid, et le Bourges Basket sera en huitièmes...
Ça, c'est un match que le joueur Jean-Pierre Papin, nouvel entraîneur de La Berrichonne et qui donnera ce soir le coup d'envoi, aurait aimé ! Même si, sous certaines conditions, le Bourges Basket peut se qualifier pour les huitièmes en cas de défaite, il est sûr d'avoir un avenir européen s'il prend sa revanche sur l'équipe madrilène. Alors, pas de tergiversation : il faut envoyer du lourd, des pralines, des cacahuètes. Des papinades, quoi !
Rivas, c'est du danger à tous les postes
« Ce qui est sûr, c'est qu'il y a... zéro question à se poser : c'est gagner ou avoir de la chance », lâche Pierre Vincent. Qui doute du fait qu'il demandera à être tenu au courant des deux autres matches du groupe, qui se termineront avant les joutes du Prado. Et qui est certain qu'en aucun cas il ne préviendra ses joueuses. « On doit jouer ce match, quels que soient les autres résultats. La victoire pèsera, pour la qualification d'abord, pour avoir la meilleure position possible ensuite. »
On sent bien que le coach berruyer a encore en travers de la gorge les quarante-cinq minutes de l'aller. Et le fait que Rivas avait arraché la prolongation sur un trois points refusé à Katarina Manic. « Ce match-là, on se l'est fait voler ! Ce panier refusé, c'est tout simplement inadmissible. Et si on ne parvenait pas à se qualifier, il pèserait encore plus lourd. »
Avec toutes ses forces vives (en Euroligue, les cinq étrangères peuvent être alignées), le groupe berruyer s'attend à une sacrée partie de manivelles.
« Rivas, c'est du vrai basket, de très bon niveau », sait trop bien Pierre Vincent. « C'est une équipe qui score beaucoup. On avait réussi à la tenir, à l'aller, en poussant cette formation à pas mal de pertes de balle. Mais ça joue très vite... et ça sait faire preuve de patience, si besoin est. »
Et ce collectif, bien huilé, est en prime servi par de belles individualités, à tous les postes. « Dessous, Ujhelyi est une vraie poste cinq, très disciplinée. Langhorne, c'est à la fois une joueuse atypique et un monstre de puissance et de vitesse. Berjemo, à la mène, est très juste dans ce qu'elle fait. À l'extérieur, c'est très dangereux, aussi bien par Joens, par Dubjlevic et son adresse que par Cruz, qui est l'équivalent d'un Navarro chez les garçons. »
II faudra un Bourges à son meilleur niveau, pour arracher la gagne, et la qualification qui va obligatoirement avec. Il faudra un Bourges à son meilleur niveau, pour que le public berruyer ne soit pas mis au supplice jusqu'au bout. Alors, vamos, comme on dit de l'autre côté des Pyrénées !
Hervé Le Fellic
Le président Fosset mise sur l'avenir
Le président Fosset est persuadé que son équipe va gagner ce soir, pour le dernier match européen de Carson. Mais il ne ferait pas un drame en cas d'élimination. « Le club s'en remettrait... »
Voilà donc le Bourges Basket au pied du mur... des 8e de finale d'Euroligue. Un mur que les Tango ont régulièrement franchi depuis 1996. Le club berruyer a même toujours disputé, jusqu'ici, les quarts de finale de la grande Coupe d'Europe qu'il a remportée à trois reprises, en 1997, 1998 et 2000. Mais c'est bien la première fois dans l'histoire du club que les Tango se trouvent autant en difficulté pour sortir des poules. Le président Pierre Fosset, plutôt que d'évoquer une quelconque fin de règne, préfère dédramatiser et miser sur l'avenir. Rencontre.
Président, demain soir (lire ce soir), c'est le dernier match de poule. Décisif. Pensiez-vous que ce serait si difficile cette saison pour votre équipe ?
Oui mais peut-être pas à ce point. On est reparti avec une équipe renouvelée à 60 % avec des joueuses n'ayant guère d'expérience à ce niveau. On n'a pas été épargné par les blessures et les petits bobos de toutes sortes. Il faut être indulgent. Les gens ont l'habitude de voir Bourges gagner et se qualifier sans problème. Mais après les départs importants de l'intersaison ((Dumerc, Melain, Alessandra notamment, ndlr), il a fallu former une nouvelle équipe. Sans compter que le niveau de l'Euroligue est de plus en plus homogène. Pour reprendre une formule chère à notre coach, il n'y a plus de petites équipes.... Là, un peu comme en 2003 lors de l'arrivée de Pierre Vincent, nous sommes repartis de zéro ou presque. Avec de jeunes joueuses françaises. Il faut consacrer du temps à la formation. Certaines, mêmes parées d'un titre de championnes d'Europe, ont encore besoin de travailler pour franchir le palier séparant la Ligue féminine de l'Euroligue et prétendre un jour emmener l'équipe.
Ne pas se qualifier pour les 8e, ce serait une catastrophe pour le club ?
Franchement non ! D'abord, le match reste à jouer. Et je pense sincèrement qu'on va le gagner et donc se qualifier. Certes, ce serait une première dans l'histoire du club mais sportivement, on se remettrait d'une élimination... À condition de ne pas échouer la saison suivante. On est au haut niveau depuis quinze ans et on peut avoir une petite baisse de régime. Ce qu'on veut surtout, c'est conserver nos titres ; le championnat et la Coupe. Ce sera difficile car nos adversaires ont recruté. Mais ils devront être costauds pour nous les enlever. Surtout si on évolue au même niveau que mercredi dernier face à Gorzow.
Et financièrement ?
On s'en remettrait aussi. Le club est déjà tourné vers l'avenir. Il y a un projet de salle de 5.000 places pour 2013 et notre ambition, c'est de la remplir avec une belle équipe. On a commencé à travailler là dessus...
Est-ce la raison pour laquelle vous avez sérieusement diminué la masse salariale cette saison ?
En partie oui, mais pas uniquement. Il y a aussi la crise économique qui a frappé le sport de plein fouet et nous a incités à la prudence. Nous avons volontairement limité le recrutement au profit de la formation. Pour que les jeunes soient prêtes dans deux ou trois ans.
Essence Carson va disputer son dernier match d'Euroligue sous le maillot tango, ce soir au Prado. En cas de qualification, pourquoi ne pas prolonger son contrat d'un mois ?
Nous y avons sérieusement pensé. Financièrement, c'était possible. Nous en avons longuement discuté avec Pierre Vincent mais c'était difficilement gérable au plan sportif et humain, au niveau du groupe aussi, avec le retour de blessure Ana Lelas. Il aurait fallu éliminer systématiquement une étrangère pour les matches de championnat et de Coupe de France. Donc la payer pour la laisser sur le banc... À moins d'en licencier une sous contrat, mais ce n'est pas le genre de la maison.
Carson, vous allez la regretter ?
Oui car Pierre Vincent avait fait le bon choix. Elle s'est tout de suite fondue dans le collectif. C'est une joueuse intelligente, pas du tout dans l'esprit habituel des Américaines qui jouent pour elles. Elle sait prendre ses responsabilités et nous a beaucoup apporté pendant sa pige. On ne va pas la perdre de vue et qui sait ? On la reverra peut-être sous le maillot tango...
La saison prochaine ?
(énigmatique) On a plusieurs joueuses en fin de contrat (Manic, Lelas, Kaltsidou, Ndongue). On va leur faire des propositions. Mais on va prendre notre temps... Et si on a à nouveau besoin, ce que je ne souhaite pas, d'un joker médical, on pensera forcément à elle.
Christian Ragot