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Les Tango ont maîtrisé les événements
Les Tango n'ont pas laissé place au doute. Dans un Prado bondé, elles ont obtenu leur billet pour les huitièmes de finale en prenant le meilleur sur le leader du groupe, Rivas Ecopolis Madrid, 66-56. En 8e, les Tango devraient retrouver un autre club espagnol, Salamanque.
A la mi-temps, un large sourire barrait le visage du président Fosset. Pas seulement parce que ses Tango menaient logiquement (33-24) face aux Madrilènes. Mais parce que, et quel que soit le résultat final du match, le Bourges Basket était alors qualifié pour les 8e de finale.
En effet, sur le site de la FIBA Europe, les défaites de Gorzow face à Kosice et de Sopron, également dans sa salle face à Prague (voir par ailleurs) étaient officialisées. Au pire, les Tango pouvaient être à égalité de points avec Sopron mais avec un point-average particulier favorable aux championnes de France. Bref ! On allait pouvoir savourer la deuxième période sans véritable stress. En souhaitant voir Manic et ses coéquipières maîtriser le match aussi bien qu'elles l'avaient fait en première période et terminer le plus haut possible au ranking pour éviter un "gros", style Ekaterinbourg ou Valence, en huitièmes de finale.
Grosse défense et maîtrise
Car en première période, au moment où, pour être certaines de continuer l'aventure européenne, les Berruyères savaient qu'elles devaient gagner, elles firent le job, et plutôt bien. Avec un cinq de départ classique (Manic, Carson, Kaltsidou, Miyem, Ndongue), le Bourges Basket prit, en effet, bien vite les choses en mains. Et si Dubljevic eut l'honneur d'ouvrir le score sur deux lancers, les Tango enchaînèrent par un cinglant 10-0 qui fit bondir le coach espagnol de son banc (10-2, 5e).
Le ton était donné. Défense de fer, belle agressivité, engagement, maîtrise du rebond, les Berruyères ne laissaient rien de facile aux Ibériques (un seul panier de Joens, en six minutes). Le premier panier primé du match était signé Endy Miyem pour un + 9 (15-6) à la 7e minute et Bourges bouclait le premier quart-temps avec un petit matelas de 8 points (19-11) sur un dernier tir de Digbeu.
C'était plutôt bien parti mais il ne fallait surtout pas s'autoriser le moindre relâchement ; la moindre faute se payant cash. Comme ce ballon perdu par Lardy et aussitôt sanctionné par un trois points de Joens (21-16). Fâché, Pierre Vincent procédait à quatre changements (Manic, Miyem, Ndongue et Carson pour Lardy, Digbeu, Burgrova et Salagnac). Le message du coach était bien reçu. Kaltsidou marquait cinq points à la file (26-16, 16e) avant que Manic puis Carson (panier plus faute) ne fassent grimper l'écart à +13 (31-18). Pas mieux depuis le début du match. Pas de quoi cependant anesthésier les Madrilènes qui, sur deux paniers primés de Garcia et Joens, remettaient leur équipe dans le match : 33-24 à la mi-temps... Avec, à cet instant, la certitude de la qualification berruyère avec les résultats de Sopron et Gorzow.
Ndongue et Carson enflamment le Prado
Mais bon, tomber le leader, prendre la revanche du match (une défaite après prolongation qui était restée en travers de la gorge de Pierre Vincent et de ses joueuses) et grimper au ranking, ça valait le coup de se défoncer un peu, non ? D'autant que le public, excellent hier soir, ne ménageait pas ses encouragements.
On vit alors Carson enflammer le Prado avec deux paniers primés. Emmeline Ndongue faire la loi au rebond, Miyem retrouver adresse et vista et Bourges refaire un joli break de 14 points (47-33 à la 25e). Mais Rivas ne lâchait rien à l'image de Langhorne et Dubljevic. Les Madrilènes profitaient des rotations berruyères pour remettre la main sur le jeu et revenir de -14 à -4 entre la 25e et 31e sur un panier bonifié de Cruz.
Digbeu, à trois points, redonnait un peu d'air avant que Pierre Vincent ne relance son cinq de départ pour gérer l'affaire. Au mieux ! Rivas revenait pourtant à -6 (61-55) à trois minutes de la fin. Mais c'est Emmeline Ndongue qui se régalait au rebond offensif pour offrir une indiscutable victoire et un billet pour les 8e à son équipe. Le public, debout, pouvait fêter ses filles et notamment Essence Carson qui a disputé hier soir son dernier match en Euroligue sous le maillot Tango. On la regrette déjà. En huitièmes (voir par ailleurs), il faudra affronter une vieille connaissance, Salamanque, sans l'Américaine...
Christian Ragot
Bourges a avant tout su tenir le rebond
Rivas Ecopolis n'a mené qu'un bref instant, et n'a jamais pu s'exprimer. En face, Bourges a contrôlé les offensives espagnoles, le rebond... et ses émotions.
Pierre Vincent, le coach berruyer, aurait pu se rassurer plus tôt. À la mi-temps très exactement, quand fut connue la victoire de Prague à Sopron, qui qualifiait de facto les Tango. Mais fidèle à ce qu'il avait déclaré la veille, il n'a cherché aucune information de ce genre.
Émotions contrôlées...
« Bon, sur la fin du match, mes assistants n'ont pas su tenir leur langue », put sourire le tacticien berruyer. « Mais je ne voulais pas que les joueuses soient tenues informées. On devait gagner cette rencontre, point. Il fallait donc y mettre de l'énergie, du contrôle, de l'intelligence. Se couper de l'affectif, ne pas avoir peur de perdre et prendre le meilleur de la pression. » Bourges a fait un vrai bon match, solide, appliqué. N'a été mené que sur les deux premiers lancers espagnols, a tenu en respect l'une des formations les plus offensives et les plus adroites de cette Euroligue. « II y a des enseignements à tirer de ces matches couperets », souligna le coach tango. « Certaines de mes joueuses ont été bien, d'autres moins, c'est ce qui fait une équipe. Depuis fin décembre, j'estime qu'on joue bien, avec du contrôle de nos émotions. On ne l'avait pas sur les premières semaines, où on avait peur de se rater. Là, on reste concentré sur nos formes de jeu, c'est une preuve de maturité. Et on a fait un très gros match défensif, notamment en stoppant leur jeu en pénétration. » Un atout de taille, pour ce huitième compliqué qui se profile.
Il faudra alors gommer les dernières petites imperfections. Quelques fautes inutiles, un petit manque de rapidité de réaction face au passage en zone de Rivas Ecopolis. Détails, certes, mais plus le niveau montera, plus ils se paieront.
Côté espagnol, on aurait espérer, pour sûr, meilleure sanction finale. Mais Javier Cruz sut rapidement que sa troupe aurait les plus grandes peines du monde à se sortir du piège berruyer.
« On a mal démarré la rencontre, déjà. On a eu du mal face au jeu rapide de Bourges. Ensuite, on laisse trop de rebonds, ce qui offre des deuxièmes chances à nos adversaires. Oui, le rebond, pour moi, c'est la clé de notre défaite, on a vraiment pris trop de points là-dessus. En deuxième mi-temps, on a cherché à jouer plus collectivement, c'est vrai... » Oui, mais Bourges ne lâcha pas sa proie...
Rivas, pour sa première saison à ce niveau, peut quand même se réjouir de sa première place. « Et en huitièmes, l'important ce sera notre jeu, pas notre adversaire. » Dont Javier Fort ne connaissait pas l'identité, quand ils nous répondu. Ce sera donc Brno. L'audace du débutant espagnol face l'expérience de l'ancien champion d'Europe : c'est du genre indécis...
Hervé Le Fellic