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Bourges revient sur les talons de Tarbes
En imposant son expérience et sa maîtrise, le Bourges Basket a remporté un court et précieux succès en Normandie. Et revient dans le sillage du leader tarbais.
Il s'en est fallu d'un rien, comme la semaine précédente à Arras. Un rien, mais en même temps la belle distance qui sépare un Bourges Basket rompu aux rudes joutes européennes et une équipe de Mondeville qui, avec l'apport de l'Américaine Temeka Johnson, redevient un candidat très sérieux au quatuor de tête.
Et qui, samedi soir à la 36e minute,, regardait encore le champion de France droit dans les yeux (64-64, sur un trois points de Lenae Williams, impériale dans ce rôle !). Seulement voilà : quand chaque détail compte, l'expérience, l'art consommé des Berruyères à ne pas perdre les pédales, font la différence.
Trop de balles perdues à Mondeville
Celle qu'aucune des deux formations ne parvint réellement à faire, tout au long de débats de très belle facture (+7, plus gros écart pour les Normandes). Les joueuses d'Hervé Coudray avaient pourtant réussi à mettre leur patte sur le match, dans les dix premières minutes, menées tambour battant (23-21, 10e). Mais continuer à cette vitesse, face à un Bourges Basket aux réserves supérieures et à l'intelligence tactique propre justement à casser le rythme adverse, ce n'est pas simple. « On a été cohérent, défensivement comme offensivement », analysa le technicien mondevillais. « Mais si Bourges sait maintenir son intensité, défensivement, par ses rotations, elle sait aussi casser la vitesse, en attaque, pour ne pas perdre trop de ballons. Nous, en cherchant à jouer vite, on s'expose. » Dix-sept balles perdues pour Mondeville, 8 seulement à Bourges, voilà une des clés du succès tango.
Une autre est le nombre de fautes, et donc de lancers, pesant dans l'addition normande. Une troisième réside dans la profondeur du banc, et surtout son apport : les rentrantes tango inscrivirent 26 points, celles de l'USOM, au temps de jeu bien moins conséquent, 4 seulement...
Et il y eut la gestion des dernières minutes. D'une attaque de cercle, puis d'une judicieuse interception, Katia Manic, la capitaine berruyère, remit Mondeville sous pression. Essence Carson y ajouta panier plus lancer (64-71, 39"). Williams planta bien un ultime trois points, mais Mondeville ne put négocier un ballon pourtant volé aux mains adverses. « On a eu quelques pertes de balle stupides sur la fin », pesta Hervé Coudray. « Sur une action, on laisse trois rebonds qui font mal. On se fatigue, on perd de la lucidité. On n'a pas à rougir, mais ça reste une défaite... »
Perte de lucidité dans le deuxième quart
Pierre Vincent, le tacticien berruyer, apprécia en connaisseur le numéro de Lenae Williams (celle-là, si Bourges ne la contacte pas un jour...). « On ne lui laisse pas grand-chose, ses tirs, elle les prend. On ne fait pas d'immenses erreurs tactiques. » II apprécia moins le 12-0 pris dans le 2" quart. « Là, les filles n'ont pas été lucides. Moi, je n'avais plus de temps mort, j'ai peut-être pris le deuxième un peu vite... Mais l'équipe doit aussi pouvoir comprendre seule ce qui se passe. Il aurait fallu avoir de la patience, à ce moment-là. »
Reste que les Tango sont sorties indemnes d'une lourde série de quatre matches, coûteuse en énergie. Cette semaine devrait être plus light. Il sera temps ensuite de penser à Salamanque...
Hervé Le Fellic
« On a sorti les matches qu'il fallait »
S'il en est une qui n'a pas été surprise par la superbe résistance de Mondeville, c'est bien Paoline Salagnac.
Même si son image reste accolée au basket clermontois, dont elle porta les couleurs sept saisons durant, elle est à Mondeville « en terre d'accueil ». Comme Jennifer Digbeu, elle bataillait pour l'USOM, lors du précédent championnat.
Elle était forcément attendue par des adversaires connaissant par cœur son style de jeu. Et visiblement bien décidées à ne pas lui laisser l'occasion de mettre les jambes, de faire parler sa pointe de vitesse. Alors, Paoline se glissa dans un autre rôle en assurant, pendant un petit quart d'heure de présence, les tâches défensives.
Elles étaient, une fois encore, essentielles. « On a bien tenu, dans ce secteur de jeu », estime l'arrière berruyère. Certes, il y eut le numéro de Lenae Williams, ce qui ne surprit personne, et surtout pas Pao : « On sait qu'elle shooteuse elle peut être, quand elle prend feu... »
L'Américaine ne fut pas pour rien, dans la bonne tenue de l'effectif normand. « Ce fut vraiment un chaud retour dans cette salle ! On savait que Mondeville tournait bien. Avec un effectif au complet, une meneuse comme Johnson, c'est un adversaire difficile à manier. Et qui ne lâche rien. La différence s'est faite sur notre meilleure gestion de la fin de match, sur notre plus grande lucidité. Sur notre banc, plus large, aussi. Mais ça se joue vraiment à rien... »
Un rien qui fait tout le bonheur de la formation berruyère qui, de Gorzow à Rivas Ecopolis en passant par Arras et donc Mondeville, a parfaitement négocié un passage aussi délicat qu'essentiel de la saison. « On avait une grosse série, et on a sorti les matches qu'il fallait. À nous de continuer. »
Hervé Le Fellic