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Les Tango ont reçu une sacrée leçon
Les Tango, dépassées en début de match, n'ont jamais pu se remettre d'un 21-0 encaissé entre la 3e et la 9e minute. Ça va être très dur, vendredi, au Prado...
Avec ce 8e de finale aller, le Bourges Basket entrait de plain-pied dans une longue série de matches couperets ; de ceux qui font qu'une saison est ratée ou réussie. Qui ajoutent des lignes à un palmarès. Et pour cela, le Pabellon Würzburg, avec le bouillant public salmantin, n'était pas le lieu idéal. Les chocs entre les deux équipes ont toujours été serrés (4 victoires pour Bourges, dont une à Salamanque en 2006, et deux succès pour les Salmantines dans leur salle, ndlr) et cette septième manche, face au dernier finaliste de l'Euroligue, 5e au ranking après les poules de qualification , ne s'annonçait pas de tout repos.
Pour Pierre Vincent, l'une des clés du match résidait dans la maîtrise du secteur intérieur espagnol et de son duo Willingham-Lyttle (les deux meilleures marqueuses de l'équipe espagnole, ndlr) tout en prenant garde de ne pas laisser trop de tirs ouverts aux shooteuses maison, De Mondt et Sanchez.
L'autre interrogation était de savoir comment les deux équipes allaient supporter la pression. Une pression qui était davantage sur les épaules des Salmantines que sur celles des Tango. À priori.
Un premier quart cauchemardesque
Mais boostées par leurs bouillants supporters, les joueuses de Jordi Fernandez, un instant menées 2-5 sur un panier primé d'Endy Miyem, allaient mettre le feu à la salle.
Très agressives en défense, coupant toutes les lignes de passes berruyères, dominatrices au rebond et très adroites dans la peinture à l'image de l'impressionnante Lyttle (13 points dans le premier quart, ndlr), les Salmantines allaient faire vivre un premier quart de cauchemar aux Berruyères, dépassées, multipliant les pertes de balles face à la furia espagnole. Pensez que les Tango encaissèrent un... 21-0 en moins de sept minutes. Visiblement, Bourges n'avait pas trouvé la clé pour museler le secteur intérieur adverse. À la fin du premier quart, le retard semblait déjà irrémédiable (28-9)... Restait quand même à se révolter pour stopper l'hémorragie.
Hémorragie stoppée
Tâche énorme pour des Tango ballottées de toutes parts mais à laquelle elles s'attelèrent avec cœur.
Resserrant leur défense, maîtrisant mieux le rebond, attaquant plus franchement le cercle, mettant enfin plus de rythme et d'agressivité dans leur jeu, elles mirent à profit les cinq minutes passées sur le banc par la très féline Sancho Lyttle pour revenir dans le match : 31-14 sur deux points de Lelas (12e), 35-20 sur un panier plus faute de Kaltsidou (16e) puis 37-25 au repos sur cinq points à la file de Salagnac. Les Tango, qui n'avaient laissé que quatre paniers aux Salmantines sur la période, remportaient ce deuxième quart, 9-16. De quoi espérer ? Pourquoi pas...
Mais sentant le danger, Jordi Fernandez remettait son meilleur cinq (Dominguez, Torrens, De Mondt, Willingham et Lyttle) à la reprise. Et la sanction était immédiate. Les Tango essuyaient un 10-2 en l'espace de 4 minutes : 47-27. « Ne pas laisser de tirs ouverts aux shooteuses » avait pourtant prévenu Pierre Vincent. Mais la consigne avait été mal entendue ; De Mondt se régalant à trois points (3 sur 3) sur des ballons ressortis à la perfection. Malgré un panier primé de Lelas et un ultime baroud de Miyem presque sur le buzzer, l'écart était maintenu à 20 points à l'attaque du dernier quart :56-36.
Lelas qui montrait de bonnes dispositions en marquant 8 points à la file entre la 32e et la 34e (62-46) mais c'était au tour d'Isabelle Sanchez, bien servie par la puissante Willingham, de prendre le relais de De Mondt à trois points: 70-49 (38e). Pour les Tango, c'était plié depuis un moment déjà. Fernandez pouvait faire tourner et préserver ses cadres pour le retour de vendredi au Prado. Une chose est sûre, ça va être très dur pour les Berruyères. Il leur faudra prendre le taureau espagnol par les cordes et le public se mettre au diapason pour espérer accrocher une belle. On a vu hier une équipe (Bourges) encore en apprentissage de l'Euroligue et une autre (Salamanque) déjà mûre pour aller plus haut...
Christian Ragot
Une défense... à la manque
C'est en prenant l'eau dans la peinture, lors des dix premières minutes, que le Bourges Basket a perdu pied, hier soir, en Espagne. Il faudra mettre de l'agressivité, vendredi soir...
Rendez-vous vendredi en Berry, mais les mouches ont changé d'âne, comme on dit. Salamanque avait, logiquement, la pression, sur le premier round d'hier soir. Force est de reconnaître que ça ne s'est pas vu !
Tant la troupe de Jordi Fernandez s'est lancée à corps perdu dans la bataille. « On était chez nous, et, dans les dix premières minutes, on a selon moi frôlé la perfection », analysa le technicien salmantin. « Pour moi, c'est à cet instant que tout s'est joué. On a su parfaitement exploiter la puissance de notre secteur intérieur et en prime, on a présenté une défense très correcte. On a pu ainsi prendre rapidement une vingtaine de points d'avance, et parvenir à conserver cet avantage... »
Sûr que Salamanque, finaliste européen la saison dernière, a fait très forte impression ; a frappé un grand coup. Par où ça devait faire mal, sa doublette d'Américaines, notamment. « C'est vraiment très costaud, athlétiquement », apprécia, si l'on peut dire, Pierre Vincent. C'est vraiment une très bonne équipe, sans doute la meilleure que j'ai eue à affronter à Salamanque. Mais on n'a pas fait non plus ce qu'il fallait. On se devait d'être plus dur, beaucoup plus dur. On sait que leur jeu passe beaucoup par leurs intérieures, et on laisse Lyttle se promener comme elle le désire ! C'est leur point fort, on doit les contenir dans ce secteur de jeu. Il fallait, et il faudra, qu'on les use, qu'on les fatigue. Qu'on leur fasse aussi commettre des fautes, pour obliger Salamanque à rentrer dans les rotations, dans ce secteur. »
Oui, il faut faire de la peinture un camp retranché, même si on a bien vu hier soir que Salamanque, à l'image de De Mondt, sait aussi scorer de l'extérieur.
Il faudra aussi que les Berruyères parviennent à marquer plus qu'hier soir. Il leur faudra provoquer leur réussite et ne pas hésiter à prendre toutes les occasions qui se présenteront, spécialement à trois unités. « Tactiquement, on a su trouver les solutions », estimait hier soir le tacticien tango. « On a raté pas mal de tirs... » Mais c'est bien avant toute chose défensivement, et dans le contrôle d'un sacré duo d'Américaines, que cette première manche s'est jouée.
Il y en aura une deuxième, vendredi soir, au Prado. Forcément capitale pour des Tango désormais dos au mur, et qui ne peuvent qu'arracher leur survie. Leur billet pour un retour en terre espagnole.
« Ce ne sera pas facile », confesse Pierre Vincent. « Mais je pense que ce n'est pas impossible. La clé, encore une fois, ce sera notre agressivité. » de toute façon, devant son public, Bourges n'aura pas le choix.
Hervé Le Fellic