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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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05 février 2010   Mettez-y les tripes, le cœur, la hargne !

Mettez-y les tripes, le cœur, la hargne !

Malmené mardi au score comme athlétiquement, le Bourges Basket doit à tout prix monter en agressivité, en dureté. Pour s'offrir une survie, au plan européen.


Ce sera, pour Pierre Vincent et ses joueuses, l'auberge espagnole, ce soir. Au sens initial de l'expression, qui veut qu'on ne trouve dans une situation ou un lieu donnés que ce qu'on y a apporté.

Il n'en ira pas autrement, sur ce huitième retour où le Bourges Basket cherchera un sursis. À préserver ses chances de s'offrir un quinzième quart européen de suite. Jamais, depuis qu'il fréquente le gratin européen, le club du président Fosset n'a disparu de la scène européenne avant ce stade...

« On a un match pour vivre », lâche le coach des Tango. « On a pris vingt points mardi, alors, il n'y a aucune pression à avoir. » Juste à faire mieux, beaucoup mieux, dans tous les domaines.

On sent que le 21-0 ramassé dans un premier quart-temps cauchemardesque a grandement marqué les esprits, au Bourges Basket. Pour autant, Pierre Vincent ne veut pas tout envoyer promener. « Après cet éclat, l'équipe a bien réagi. On n'a pas déjoué. On a raté des choses, mais on a su avoir les tirs. On a eu, finalement, de très bons choix... mais aussi de très mauvais. On a été inconstant, c'est le vraiment terme adapté ; en attaque comme en défense. » Et le technicien tango de pointer du doigt le seul remède possible : diminuer la réussite au tir de Lyttle et de Salamanque, tout en améliorant son propre rendement. Plus facile à dire qu'à accomplir.

Mais nécessaire et incontournable, pour s'offrir une belle en Espagne, mercredi prochain.

A Alors, pas de calcul à faire : il faut lâcher les chevaux, tout mettre sur le parquet. L'auberge espagnole... « On a manqué d'agressivité, de dureté, à Salamanque », gronde Pierre Vincent. « On a été malmené, on a ramassé, maintenant, ça va bien : à nous de leur rentrer dedans ! Mardi, elles ont joué comme un chat avec des pelotes de laine. Il faut envoyer ! On peut mettre encore plus de tripes. Il faut se bouger, et en particulier nos joueuses intérieures ! »

 «A nous maintenant de leur rentrer dedans ! » Pierre Vincent

Rarement on a eu droit à un discours aussi musclé, de la part du technicien berruyer. Signe qu'il y a des comportements qu'il n'a guère appréciés à l'aller. A l'évidence, certaines Tango valent beaucoup mieux que leur sortie salmantine. Dans l'agressivité, comme dans l'apport au score. Si chacune n'est pas à son sommet personnel, il y a fort à parier que le Bourges Basket ne sera plus demain préoccupé que par des affaires franco - françaises.

Si élimination il doit y avoir, autant n'avoir, de toute façon, aucun regret. Sur ce qu'on a vu mardi, Salamanque est une sacrée machine. Puissante dessous, mais pas seulement. Et c'est bien le hic : contrôler Lyttle ou Willingham, ce n'est déjà pas simple. Mais ça peut aussi libérer des espaces pour De Mondt, Isa Sanchez, Alba Torrens... Sacré casse-tête en perspective. « On devra être plus précis, plus ajusté. Mettre de la dureté, mais aussi de la réflexion. Et scorer davantage... » Et si le public du Prado peut donner un gros coup de main...


Hervé Le Fellic

05 février 2010   « Tout faire pour aller chercher la belle »

« Tout faire pour aller chercher la belle »

On connaît la hargne de Paoline Salagnac, son incroyable envie de s'imposer sous le maillot tango. Une joueuse qui ne lâche jamais rien et qui, dans la tourmente salmantine, mardi, a été une des Berruyères les plus combatives. Ce soir, dans un véritable quitte ou double pour le Bourges Basket, Pao va encore tout donner, en croyant à l'exploit.


Paoline Salagnac a été l'une des Berruyères les plus combatives, mardi à Salamanque. Celle, peut-être, qui a posé le plus de problèmes à l'équipe espagnole avec cinq fautes provoquées, deux interceptions, huit rebonds et onze points et ce, malgré un gros déficit aux lancers (1 sur 5) et sur les shoots à trois points (0 sur 3). Alignée dans le cinq de départ, "Pao" a aussi été la Tango qui a bénéficié du plus important temps de jeu avec Katia Manic (28'20). Et celle qui, en marquant cinq points à la file en fin de deuxième période, ramena le Bourges Basket à -12 (37-25, 20e). Avec sa hargne, sa vitesse de course, son énergie et son cœur "gros comme ça", elle sera encore ce soir l'un des bons atouts des Tango en quête d'un billet pour un match d'appui en Espagne. Rencontre.

Paoline, avez-vous eu le temps de réfléchir sur ce qui n'a pas marché mercredi à l'aller ?
Oui, oui... Salamanque, c'est très fort à l'intérieur avec Lyttle et Willingham ; ça, on le savait. Mais on n'a pas su les faire déjouer. On a commis bien trop d'erreurs en défense. Le moindre petit écart sur nos changements défensifs était aussitôt exploité. Pff... Et face à de telles joueuses, ça ne pardonne pas.

En clair, vous avez trop subi...
C'est ça ! On a laissé Salamanque développer son jeu, jouer sur ses options. On les a laissées s'enflammer...

Et vous avez été punies par un cinglant 21-0....
Hélas ! Et quand on prend un tel éclat, il est difficile de s'en remettre. Même avec la meilleure volonté du monde. On est pourtant revenues à douze points au repos...

.. Et Salamanque a remis son meilleur cinq pour vous infliger un 10-2 dès la reprise...
Et ça a fait très mal. Durant ce premier quart-temps de cauchemar (le 21 -0, ndlr), on a pourtant eu des opportunités de scorer mais on n'a rien rentré, contrairement à nos adversaires qui n'ont eu aucun déchet...

Que faut-il retenir de tout ça ?
Pour espérer gagner demain (lire ce soir, ndlr), on sait ce qu'il faut faire : défendre très fort, notamment sur les deux Américaines, pour les fatiguer et les obliger à faire des fautes. Mettre plus d'impact et de dureté dans notre jeu et ne pas les laisser imposer leur rythme...

Même si vous tenez bien les intérieures, les extérieures De Mondt, Torrens et Sanchez peuvent, elles aussi tuer le match...
C'est vrai aussi. Ça prouve que Salamanque est une très belle équipe, une des plus fortes qu'on ait eu à affronter cette année. Quand ça tourne bien comme mardi, qu'on la laisse développer son jeu, j'imagine que c'est un régal pour le public. On sait qu'il sera difficile d'inverser la tendance mais si on fait le match parfait ou presque, comme contre Rivas ou Gorzow, si on les tient bien en défense, si on est agressives et présentes d'entrée de jeu, le match peut basculer en notre faveur. Surtout avec l'aide de notre public qui n'a rien à envier à celui, bouillant, de Salamanque. De toute façon, on sera forcément meilleures que là-bas...

Le moral est là ?
Moi, je veux y croire. D'ailleurs, j'y crois vraiment. On veut aller le plus loin possible dans la compétition et on a va tout faire pour aller chercher une "belle". A Salamanque, nous n'avons pas montré notre vrai visage. Il faut parfois accepter d'être battu par une grosse cylindrée comme Salamanque, mais ce que nous ne voulons pas, c'est quitter la compétition avec des regrets ; sans avoir tout donné. On a le dos au mur ; raison de plus pour tout lâcher !

Mardi, tu étais dans le cinq de départ à la place de Carson, tu t'y attendais ?
Pas vraiment... Mais bon, je me prépare toujours à entrer en jeu, que ce soit à la 1" ou à la 6e minute, pour apporter le maximum à l'équipe. Notamment au niveau du dynamisme. Ce qui prime, ce n'est pas mon temps de jeu ou mes stats, mais le collectif. J'aurais préféré ne pas jouer ou avoir été nulle et que l'équipe gagne ; vraiment... Pour le retour, j'ai confiance. Sinon, à quoi bon commencer le match ?

Christian Ragot

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