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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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06 février 2010   Ces filles-là sont vraiment formidables

Ces filles-là sont vraiment formidables

Ces filles-là sont vraiment formidables. Chahutées en Espagne mardi, les Tango ont su dénicher des ressources physiques et mentales incroyables pour prendre leur revanche sur Salamanque et s'offrir le droit de disputer une belle.


Un match ne ressemble jamais à un autre. On en a encore eu la preuve hier soir au Prado. « Mangées » à Salamanque, humiliées même lors d'un premier quart-temps cauchemardesque où elles encaissèrent un incroyable 21-0 (28-9 à la 10e), les Tango ont eu la réaction d'orgueil que le Prado, plein comme un œuf, attendait.

« II faut leur rentrer dedans » avait exigé Pierre Vincent, fustigeant notamment son secteur intérieur en panne complète d'agressivité mardi. Empêcher Lyttle et Willingham d'enfiler les paniers comme à l'aller (37 points à elles deux mardi). « II faut mettre plus de tripes, de dureté, se bouger, être plus précis et plus juste dans nos choix... » insista encore le coach.

Métamorphosées...
Sacré programme. Suivi à la lettre par des Tango métamorphosées. Réduire le champ d'action de Lyttle et Willingham, Burgrova et Miyem s'y employèrent d'entrée de jeu, n'hésitant pas à aller au contact. Et si la Tchèque, se sacrifiant pour l'équipe, récoltait sa deuxième faute dès la 3e minute c'était une façon de montrer aux deux américaines que le Prado n'était pas le Pabellon Wurzburg ; que les Tango, n'étaient pas désireuses de se laisser bouger ; qu'à Salamanque, les aficionados n'avaient pas vu le vrai Bourges Basket.

Cette fois, les Berruyères étaient bien présentes d'entrée de jeu. Dans les duels, au rebond, pour couper les lignes de passes. Les espaces ne s'ouvraient pas en grand devant Lyttle (qui dut se contenter de deux points dans le premier quart contre 13 mardi à l'aller) et Willigham. Solides en défense, déterminées en attaque, faisant les bons choix, les Berruyères, combatives et généreuses en diable, luttèrent pied à pied avec les Salmantines : 3-3 puis 5-5 et encore 7-7 avant de prendre les devants sur deux bonnes inspirations de Burgrova : 13-12 (5e).

Pierre Vincent pouvait commencer son ballet de rotations pour éprouver la résistance physique de son adversaire. Son homologue Jordi Fernandez, en raison d'un banc bien faible, ne pouvait s'offrir le luxe de faire tourner (Dominguez a joué 40', Lyttle 37'...). Contrairement à Bourges où les neuf joueuses étaient déjà entrées en jeu après 6'30". « II faut les fatiguer » avait dit le coach. C'est-ce que ses filles étaient en train de faire. À la perfection. Pour arriver à la fin du premier quart-temps avec cinq points d'avance. Avec un très bon 9 sur 13 aux tirs à 2 points et un rebond bien maîtrisé. On était bien loin du 9-28 de l'aller...

 Certes, Salamanque avait encore du répondant, revenant à un point (22-21) sur un panier de De Mondt mais Emmeline Ndongue haussa encore son niveau de jeu ; Lelas y allait d'un panier primé et l'écart grimpait à + 9 (14e). Pas assez cependant pour décourager une équipe espagnole qui, sous la pression, multipliait pourtant les pertes de balles (8 dans le deuxième quart).

Mais avec des intérieures muselées, ou trop faibles à l'image de Podkovalnikova ou Podrug, c'était difficile pour Salamanque. D'autant que les Berruyères surent souvent bien sortir sur De Mondt, Dominguez et Sanchez, les shooteuses adverses. Aussi, au repos, Bourges avait porté son avance à + 9 (38-29). De quoi aborder la suite avec confiance...

La réception sera chaude mercredi à Salamanque
Admirables d'abnégation, de cœur et d'énergie, les Tango réussirent encore à contenir une grosse poussée (un 8-0) des Salmantines à la reprise : 38-37 à la 22". Avant que Kaltsidou, Miyem et Lelas ne remettent les choses à plat : 51-43 (28e). C'était suffisant pour déstabiliser les joueuses de Fenandez qui commençaient à déjouer et à, perdre leur lucidité (1 sur 7 aux lancers)...

Bourges attaquait la dernière ligne droite avec un + 7 (53-46) prometteur. Un dernier quart au couteau, avec une Anaël Lardy qui assura la gagne au poker menteur des lancers. Une Kaltsidou toujours là pour marquer aux moments importants. Et une Ndongue très présente qui finit par écœurer Lyttle. Mais c'est toute l'équipe berruyère qui est allée chercher cette victoire. Avec son cœur. Avec ses tripes.

Mercredi, les Tango peuvent s'attendre à une chaude réception à Salamanque... Mais ça vaudra le coup de se défoncer ; un billet pour les quarts sera en jeu !


Christian Ragot

06 février 2010   Un partout, la balle au centre

Un partout, la balle au centre

Engagé, volontaire, pugnace, le Bourges Basket a renversé la vapeur. Et s'est offert le droit à une belle, mercredi prochain, dans la salle de Salamanque. Où il faudra être plus parfait encore...


Le jour et la nuit, ou peu s'en faut. Malmené comme rarement mardi soir en Espagne, mis sous l'éteignoir physiquement parlant, le Bourges Basket, devant son bouillant public, a pris une éclatante revanche, hier soir. En appuyant fort là où ça lui avait fait le plus mal en début de semaine : le secteur intérieur.

Car c'est bien là que Salamanque a laissé filer, provisoirement ou non, son billet pour les quarts de finale. « Au match aller, on avait dominé sous les cercles », rappela le coach salmantin, Jordi Fernandez. « Là, les grandes de Bourges ont mis beaucoup plus d'engagement, de puissance. Ce fut la clé de leur victoire... et de notre défaite. »

Étincelantes, souveraines, devant leur public, Lyttle et Willingham n'ont guère trouvé de possibilités d'expression, au Prado. Et leurs copines de l'extérieur, jamais avares quand il s'agit de s'essayer à trois points, ne purent compenser cette perte de points intérieurs. « Eh oui, si on ne leur laisse pas de paniers faciles, elles sont de moins en moins efficaces. Lyttle, elle est comme tout le monde, si on la fatigue, elle devient moins efficace », put soupirer Pierre Vincent, le coach berruyer.

Tenir ses nerfs !
Il voulait que sa troupe présente, dans l'impact physique, une tout autre copie, il a été plus qu'entendu. « II fallait accepter de s'engager. D'aller loin dans l'effort, dans la lutte.

Ce que le stratège berruyer apprécia moins, ce sont les moments d'errance de ses joueuses, comme au début du troisième quart. « On fait encore trop d'erreurs en défense. On veut aider l'autre joueuse, alors qu'on sait que ça ne sert à rien. On se retrouve à avoir des comportements incohérents, parce que le contexte est important, prenant. On y perd nos neurones et notre oxygène. Il nous manque, dans ces moments, de la cervelle. Si on avait été solides dans nos têtes, on aurait terminé avec dix ou quinze points d'avance. »

Cinq suffirent au bonheur des Berruyères, qui ont arraché leur survie européenne. Tout le monde se retrouve sur la même ligne, à un match d'un quart de finale face... aux Espagnoles de Valence.

Sûr que Salamanque, dans sa salle, partira avec un avantage. Mais une belle, c'est toujours un contexte très particulier. Où les nerfs deviennent un argument capital. « On peut encore défendre mieux », avance Pierre Vincent. Offensivement, on a aussi pas mal raté, sur ce match retour. On n'aura rien à perdre, et tout à gagner ! »

Hervé Le Fellic

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