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Le cœur et l'énergie n'ont pas suffi !
Cette fois, les Tango ont tout donné et fait honneur au Bourges Basket mais plombées par les fautes, elles n'ont pu défendre leurs chances jusqu'au bout alors qu'elles avaient maîtrisé le match jusqu'à la dernière ligne droite (40-41, 30e).
« Un match à la vie à la mort », avait résumé Anaël Lardy. C'était le menu proposé hier soir aux deux équipes pour s'inviter à la table du grand huit européen... Ou retourner chacune à ses travaux domestiques. « On a à cœur de montrer le vrai visage du Bourges Basket ailleurs qu'au Prado », avait ajouté la meneuse de jeu tango qui voulait surtout éviter le cauchemar de l'aller. « En s'engageant fort, collectivement et physiquement, en mettant du sens dans ce qu'on fait et si on a la capacité à scorer, ça peut passer », avait estimé pour sa part Pierre Vincent. Y'avait plus qu'à !
Plus 10 au repos !
Et les Tango respectèrent les consignes à la lettre en imposant d'entrée une très grosse défense avec Burgrova sur Lyttle et Miyem sur Willingham. En exerçant une énorme pression tout terrain, en courant tous azimuts mais avec intelligence pour fatiguer leurs adversaires.
La capacité à scorer, Endy Miyem l'avait assurément, marquant huit points à la file (3-8 à la 5e). Le coach berruyer, lui, avait entamé son ballet de rotations dès la 4e minute pour maintenir un rythme élevé et garder beaucoup d'intensité défensive. Le seul petit ennui, c'était la deuxième faute d'Endy Miyem dès la 6" minute mais bon... Digbeu était là pour la relayer et marquer à trois points : 5-11 (7e).
Et Bourges continuait d'imprimer le rythme à la rencontre, poussant les Salmantines à la faute (six pertes de balles dans le premier quart contre deux seulement aux Berruyères). C'était pourtant Salamanque qui terminait le quart sur un 6-0, profitant de quelques petites largesses : 11-14 (10e).
Qu'importe, les Tango repartaient de plus belle. Avec toujours ces rotations qui donnaient le tournis aux joueuses de Jordi Fernandez. Manic, Salagnac, Burgrova et Kaltsidou trouvaient tour à tour le chemin du panier avant que Miyem, sur un rebond offensif, ne passe la barre du +10 pour Bourges : 15-25 (16e). Même en vociférant après les arbitres, les aficionados espagnols n'arrivaient pas à remettre leur équipe sur la voie. Bourges était bien le maître du jeu, ce qui était sanctionné par un 0-13 sur un panier de Lelas qui n'était pas loin de rappeler aux Salmantines, mais à leurs dépens, le 21-0 du premier quart-temps du match aller : 15-29 (18e).
Toutes étaient admirables d'abnégation ; toutes faisaient preuve d'une formidable débauche d'énergie mais toujours dispensée avec intelligence. Au repos, les Tango comptaient logiquement dix points d'avance : 32-22. Ce n'était même pas cher payé, alors que Miyem, Burgrova et Ndongue avaient déjà chacune deux fautes. C'était le prix à payer pour défendre fort sur Lyttle (6 pts) et Willingham (3 pts), assez loin de leurs standards habituels.
Bourges plombé par les fautes
Malgré cela, le plus dur restait à faire. Le troisième quart faisait craindre le pire pour les Tango, toujours aussi généreuses et déterminées certes, mais plombées par les fautes (4 pour Ndongue, 3 pour Burgrova et Miyem à la 27e) et qui n'arrivaient plus à scorer malgré de bonnes positions. Il n'en fallait pas plus pour que, dans le sillage de Willingham et poussée par son rugissant public, Salamanque ne s'enflamme. Conséquence immédiate, un méchant 14-0 en six minutes (37-35, 28e) qui remuait des souvenirs vieux... d'une semaine. Même si Bourges ne pouvait plus vraiment défendre, il fallait stopper l'hémorragie. Lelas s'y colla au bon moment et sur un rebond offensif de Burgrova, les Tango abordaient la dernière ligne droite en tête (40-41, 30e).
C'était parti pour une fin de match au couteau où les deux équipes se rendaient coup pour coup. Plus libres de leurs mouvements, les deux Américaines de Salamanque mettaient la salle en ébullition quand Burgrova récoltait sa 4e faute (32e). Les Tango s'accrochaient certes mais ça devenait franchement difficile, privées qu'elles étaient de leur ressource essentielle, la capacité à défendre fort. Et qui plus est, guère aidées par les arbitres (24 lancers pour Salamanque, 10 pour Bourges) ; mais bon...
Un panier primé de Digbeu (54-53) les laissait dans le match à 2'30 du buzzer mais une dernière accélération de Willingham mettait Salamanque hors d'atteinte... Dommage, car il n'a pas manqué grand-chose.
Christian Ragot
« Tout le monde contre nous »
Pierre Vincent, le coach berruyer, ne pouvait que se dire fière de ses filles. Qui ont été proches de l'exploit, dans un contexte plus que difficile.
De l'amertume, de la tristesse, quand on est passé tout près, si près, d'un grand rêve. Oui, elles peuvent ressentir tout cela, les Berruyères. Mais, en aucun cas, elles n'ont à rougir d'avoir laissé le billet pour les quarts à Salamanque. Elles étaient tellement proches de l'exploit, elles ont tellement donné...
Pierre Vincent, leur coach, ne pouvait que leur rendre hommage. « Mes joueuses ont été magnifiques. » Héroïques, même, et franchement parfaites, pendant les vingt premières minutes. « On a fait une grande première mi-temps, reconnut le technicien berruyer. On aurait même pu avoir un écart plus important, à la pause. On était bien en défense, on contenait parfaitement Lyttle. Offensivement, on était dans ce qu'on voulait chercher, et avec un peu plus de réussite... »
Sûr que les Tango auraient pu attendre mieux de leurs prises de tir à deux points, à cet instant (36 % de réussite).
Car, comme on pouvait s'y attendre, Salamanque revint sur le parquet avec le couteau entre les dents. Et une Willingham bien décidée à faire parler son physique. « Elle nous a fait mal, c'est certain », commenta Pierre Vincent. Qui vit sa troupe encaisser les coups, les uns après les autres.
« On a un moment de flottement dans le troisième quart qui nous coûte cher. » La fougue salmantine, l'ambiance électrique, un rythme qu'on ne maîtrise plus : difficile de ne pas perdre pied.
Mais la force des Tango, leur mérite aussi, ce fut de pouvoir se raccrocher aux branches. Au point de longtemps faire douter leurs adversaires.
« On revient ensuite au contact, mais ce sont les dernières cartouches... On a eu les occasions de scorer, mais ça n'est pas rentré. » Et, à l'instant crucial, Bourges, forcément, ne put compter sur aucune mansuétude des arbitres. Et se retrouva avec un secteur intérieur lesté de fautes. Ce qui ne fut pas le cas de la formation de Fernandez...
« On a eu tout le monde contre nous », pesta Pierre Vincent. « Lyttle, elle peut passer quinze secondes dans la raquette. Bon, Dominguez nous fait mal, elle mérite la victoire. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de tout Salamanque. Nous, on a fait une grande partie, il aurait fallu une partie extraordinaire. En tout cas, je pense qu'on ne pouvait pas faire beaucoup, beaucoup mieux, on était proche de notre maximum. »
L'Euroligue, c'est terminé. Pour la première fois de son histoire, Bourges ne va pas en quarts. Reste le championnat, la Coupe. Et de bien beaux défis à relever !
Hervé Le Fellic