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Le tenant chez son ambitieux dauphin...
C'est soir de sommet, avec en Bigorre le choc des deux leaders du championnat. Et avec comme enjeu la première place de la saison régulière, ce qui n'est pas neutre.
Il est coché sur les calendriers tarbais et berruyer depuis si longtemps, ce mercredi soir (1). Ce sommet du championnat de France, entre le champion en titre et un prétendant aux dents très longues, avec comme enjeu la course vers la première place de la saison régulière. Celle qui donne ensuite l'avantage du terrain, sur les demi-finales et le dernier acte...
« Contrairement à ce que je disais la saison dernière, cet atout n'est pas négligeable », assure aujourd'hui François Gomez, le coach bigourdan. « En finale, la saison dernière, on avait bien gagné chez nous, mais on s'était incliné par deux fois ensuite à Bourges. On ne peut pas gagner au Prado, Salamanque l'a bien vu... Et avoir la première place de la saison régulière, c'est aussi un avantage psychologique. »
Côté Pierre Vincent, on est sur la même longueur d'ondes, même si le stratège berruyer se rappelle être devenu champion de France sur le parquet de Valenciennes. « Mais je pense que le choc de ce mercredi est plus important pour Tarbes, qui a toujours fait la course en tête. Nous, si on perd, on a toutes les chances de finir second... »
Mais qui partira, ce soir, avec la pancarte de favori, messieurs les coaches ? François Gomez se lance tout de go : « On peut rivaliser, mais pour moi, Bourges, qui est le tenant du titre, et qui est toujours là, reste le favori. » Un envoi de patate chaude qui fait se marrer Pierre Vincent, qui répond sur le même ton gouailleur : « Tarbes est leader, vient de prendre deux nouvelles joueuses, a ce match retour à la maison (2). Ils ont tout fait pour en arriver là. Alors, s'ils nous voient favori, c'est peut-être qu'ils ne sont pas si sereins. Ce qui est mieux que de se voir arrivé... »
Gagner les duels !
Le technicien berruyer sait forcément ce qui attend sa troupe, dans le chaudron bigourdan. Cette saison, Bourges est en manque de gros succès loin de ses bases. C'est le moment ou jamais d'en faire claquer une belle, avec un effectif au complet (seule Paoline Salagnac était un peu patraque, hier).
Il faudra voir comment les Tango ont récupéré de leur épuisant triptyque face à Salamanque. Physiquement et moralement. Elles auront besoin de toutes leurs forces, de toute leur maîtrise, de tous leurs nerfs, pour ne pas revenir bredouilles du pied des Pyrénées.
« À Tarbes, il y a du danger partout », rappelle Pierre Vincent. Pas seulement à l'intérieur, secteur que les Berruyères avaient parfaitement verrouillé à l'aller : Isabelle Yacoubou n'avait pas pu s'exprimer, Charde Houston non plus. Et le fait que l'Américaine a quitté le TGB pour Prague, en janvier, ne rassure pas pour autant le coach berruyer. « Randall, Maïga-Ba, sont de très bonnes joueuses. Ça ne peut qu'apporter. » À un ensemble qui se signale aussi par sa capacité à scorer par les extérieures. Breitreiner, Eldebrink, ça joue juste, c'est du costaud et du précis.
Il n'y aura que des duels, partout sur le terrain. Et de la capacité de chacune à tenir son adversaire directe dépendra très certainement l'issue de ces retrouvailles au plus haut niveau.
Certes, rien ne sera joué ce soir. Sûr que les duettistes auront encore bien des occasions de croiser le fer, d'ici à la fin de la saison, en championnat comme en Coupe. Mais l'occasion de marquer les esprits ne se refuse pas.
(1) II s'agit d'un match avancé de la 20' journée, dont les autres rencontres se dérouleront le 6 mars.
(*) Les saisons précédentes, l'usage voulait que ce soit le champion en titre qui reçoive le finaliste, sur les matches retour. Ce changement dans les habitudes a fait grincer quelques dents berruyères...
Hervé Le Fellic
Le club bigourdan a les moyens de ses ambitions
Jamais le titre national n'a atterri au pied des Pyrénées. Mais le TGB donne furieusement tout pour que cette disette prenne fin.
L'équipe du président Michel Uriarte ne ménage en tout cas pas sa peine, pour atteindre son Graal. Elle optimise au mieux ses ressources (en avouant un budget de... 1,1 M€), pour que François Gomez ait toutes les armes à sa disposition.
« II y a du monde dans l'effectif, c'est vrai », peut se réjouir le coach bigourdan. Il restait une place d'étrangère disponible ; est arrivée, courant décembre, Emma Randall, championne du monde avec l'Australie. « Mais attention, ce n'est pas Lauren Jackson », tempère François Gomez.
Des difficultés entre le TGB et sa meilleure scoreuse, l'Américaine Chardé Houston ? La miss reçoit son bon de sortie (pour Prague) et on fait venir la Malienne Hamchetou Maïga-Ba et sa belle expérience. « C'est ce qui nous manquait dans un groupe jeune », assure le coach tarbais. « Mais attention, elle a débarqué samedi matin, a joué samedi soir contre Armentières et doit retrouver le rythme, après plusieurs mois d'interruption. »
II faut intégrer les nouvelles venues, mais comme dit leur entraîneur, « on ne va pas se plaindre. Maintenant, quand on fait des changements dans l'effectif, c'est que quelque part on a fait des erreurs. J'aurais préféré qu'on travaille dans la continuité. Là, on est loin d'être à 100 %, on n'est pas actuellement dans les conditions idéales. »
Tarbes va tout de même récupérer ce soir Isis Arrondo, blessée pendant quatre semaines. C'est Flo Lepron, l'ancienne Berruyère, qui va apprécier de recevoir un coup de main à la mène...
Tout est en place pour que le club bigourdan frappe dès ce soir un grand coup. « On a vu en fin de saison dernière qu'on n'était pas loin de Bourges. On reste un outsider, un peu plus compétitif. » Outsider, faut voir.
Hervé Le Fellic