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Tarbes fait le break dans le dernier quart
Le sommet de la Ligue féminine a tenu toutes ses promesses. Un match d'une intensité digne de l'Euroligue où la puissance des Tarbaises, dans le sillage d'une Yacoubou impressionnante, a fait la différence dans le dernier quart.
Tarbes terminera donc premier de la phase régulière. Et c'est plutôt logique. Ou alors il faudrait que l'équipe de François Gomez perde deux fois lors des six journées à venir ; impensable !
Cela dit, cette première place, les Tango ne l'ont pas perdue hier soir, mais à Aix, et au Prado contre Arras. Car au point average particulier avec Tarbes, sur leurs deux confrontations, les Berruyères sont devant.
Mais bon. Il faudra trouver les ressources d'aller gagner au moins une fois dans les Pyrénées, lors du play off, pour espérer conserver le titre de champion.
Bourges subit, puis réagit
En configuration Euroligue (Manic, Salagnac, Kaltsidou, Miyem et Burgrova dans le cinq de départ, ndlr), les Tango avaient du mal à entrer dans le match. La pression de l'enjeu ? La fatigue des matches contre Salamanque ? Possible.
Toujours est-il que les Tarbaises, poussées par leur bouillant public, en profitaient, à l'image de Yacoubou qui faisait le ménage dans la peinture, pour prendre le large : 12-4 après 3'04" de jeu. Ce qui obligeait Pierre Vincent à griller, déjà, un temps mort. Il fallait non seulement stopper l'hémorragie, mais aussi remettre de l'ordre dans le collectif berruyer, notamment en défense. Et puis scorer ; mais là, ça n'était pas simple, car la défense tarbaise ne laissait aucun shoot facile.
Des deux côtés s'engageait alors une sacrée partie de manivelles. Quelle intensité ! Quel engagement ! Les Tango avaient du mal à sortir la tête du sac : 17-8 sur un panier primé de Breitreiner (6e). On vit alors Lardy attaquer le cercle à bon escient. Imitée par Ana Lelas, que les sifflets (pas très sportifs) du public bigourdan, semblaient doper.
Et Bourges, qui avait resserré sa défense, refaisait peu à peu son retard : 19-15 par Lardy pour son sixième point (8e), puis 21-19 sur deux lancers de Salagnac (10e).
C'était parti pour un sacré mano a mano ! Sur un panier primé de Lelas, Bourges prenait pour la première fois l'avantage : 23-26 à la 13e. Mais Tarbes répliquait aussitôt : 29-28, sur deux lancers de Flo Lepron (16e). Le match gagnait encore en intensité et en engagement. Le chasse-croisé en tête se poursuivait mais c'est Bourges qui, avec maîtrise, virait en tête au repos, 33-35 (20e).
Un trou de cinq minutes...
Malheureusement, à la reprise, les Tango, bousculées, restaient cinq longues minutes sans trouver le cercle. Il n'en fallait pas plus pour que Tarbes prenne le large par Yacoubou et Maïga. Après un 10-0, le TGB menait 43-35 (25e). Un éclat que les Tango allaient payer un peu plus tard...
Pourtant, courageusement, au prix d'une grosse débauche d'énergie, trouvant des ressources on ne sait où, elles bouclaient le quart sur un 3-12, grâce notamment à une bonne période d'Emmeline Ndongue. Ce qui leur permettait d'attaquer la dernière ligne droite avec un petit point d'avance : 46-47 (30e).
Mais vexées, les Tarbaises haussaient encore un peu plus le ton. Et remises sous pression, les Tango commençaient à perdre le fil du match ; à faire des mauvais choix, qu'elles payaient cash. Breitreiner et Eldebrink allumaient de loin ; déterminée, Flo Lepron attaquait le cercle avec justesse... et Bourges, encore à égalité à la 32e (49-49), finissait par lâcher prise : 60-50 sur un panier primé de Jannault, bien seule (36e).
Même si Kaltsidou répondait sur le même mode (60-56), il était trop tard... La grosse performance de Yacoubou , quelques oublis défensifs (comme sur le panier de Jannault), quelques mauvais choix en attaque ajoutés à un manque de lucidité lors de moments chauds condamnent dorénavant les Berruyères à l'exploit pour conserver le titre. Mais ça demeure jouable !
Christian Ragot
Grosse colère de Pierre Vincent
Tarbes a parfaitement joué le coup, pour assurer la première place du championnat. Côté berruyer, Pierre Vincent n'a pas apprécié, mais alors pas du tout, certains comportements...
Sacré choc, hier soir en Bigorre, entre les deux favoris du championnat ! On a vraiment eu droit au niveau Euroligue, compétition qui concernait les duettistes il y a peu encore. Et l'empoignade du quai de l'Adour, physique mais aussi tactique, est annonciatrice de bien belles retrouvailles, dans quelques semaines.
Avec une nouvelle donnée : en cas de finale, les Tarbaises sont on ne peut mieux placées pour avoir, désormais, l'avantage du terrain. « C'était un rendez-vous important », soupira François Gomez, le coach bigourdan. On conforte notre première place, et ça nous offre même un joker pour la suite du championnat. Et il y a l'aspect psychologique : battre Bourges, c'est peut-être de bon augure pour la suite. »
D'autant que Tarbes a su y mettre la manière. Avec une Isabelle Yacoubou, « qui a dominé le secteur intérieur, ce qu'elle n'avait pas réussi à l'aller », mais pas seulement. Comme le souligna Pierre Vincent, Anne Breitreiner et ses trois points assassins eurent une belle importance. « C'est un résultat collectif », trancha le technicien bigourdan. « Le groupe avait une belle envie et a bien répondu. On a su montrer aussi qu'on avait une défense. » Et quand Randall et Maïga-Ba seront plus affûtées, le danger tarbais n'en sera que plus grand...
«Ça va comme ça !»
Côté berruyer, Pierre Vincent n'eut aucune envie de parler de collectif. Mais plutôt de pousser une colère comme on lui en a rarement connu ! Et ça partit sur les chapeaux de roue : « Une fois encore, on n'est pas loin ? Oui, peut-être, mais je n'en ai rien à faire. Ce genre de matches, et de résultats, ça va comme ça ! »
Et le coach berruyer de fustiger (le mot est faible) les errements de sa troupe, ou plutôt de ses joueuses, comme individualités s'entend. « On a vraiment les moyens de gagner ce match, mais quand ça devient plus tendu, on veut inventer des trucs. Alors oui, certaines de mes joueuses sont jeunes, mais d'autres non ! On répète toujours les mêmes erreurs, les mêmes comportements, ça me fait râler. Vraiment, ça suffit. »
On ne l'arrêta plus, le coach tango. Qui fustigea au passage une défense bien lointaine sur le trois points de Pauline Jannault. Qui pointa ces tirs pris à l'encontre même de la logique de jeu.
« On doit avoir de la cohérence. Il ne faut pas s'affoler, mais avancer tranquillement. Mais non, on fait n'importe quoi et on perd le contrôle. On veut faire mieux que la musique, alors que ce qu'il faut, c'est justement jouer la musique. » Les oreilles berruyères vont siffler, cette semaine...
Hervé Le Fellic