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Faire en sorte de voir vite la vie en rose
Après une grosse coupure, Bourges affronte ce soir l'équipe de la ville rose. Histoire de mettre le calendrier à jour, et de s'installer en deuxième position.
Trois semaines au pain sec et à l'eau, avec comme seule douceur un tour de Coupe de France à Pleyber-Christ. Et voilà que le Bourges Basket va renouer, dès ce soir, avec son rythme de travail habituel : deux matches par semaine.
« À cette période de la saison, ce programme allégé fut un véritable luxe », avoue Pierre Vincent, le coach des Berruyères. Qui a mis la parenthèse à profit pour remplir un triple objectif. D'abord, donner du repos à ses joueuses, fortement sollicitées, il est vrai, dans un passé récent, par la multiplicité des déplacements et la valeur des adversaires (Salamanque, Tarbes,...).
Retrouver le rythme
Ensuite, remettre, mais à petites doses, un peu de travail physique. Enfin, et c'est le plus important, faire « du basket, ce qu'on ne peut pas faire dans le déroulement normal d'une saison ». Réciter les gammes ; peaufiner, améliorer les systèmes des deux côtés du terrain : il faudra encore plus de précision, de justesse, quand viendra, sous peu, le retour des matches au couteau, en Coupe comme en championnat.
L'enjeu ne sera certes pas si palpable, ce soir, contre les Violettes de Toulouse. Dans le petit gymnase de Colomiers, puisque le Palais des sports de la Ville rosé n'est pas disponible. « II accueille tout ce week-end des rencontres d'Euroligue handisport de basket », explique Valérie Garnier, la coache toulousaine.
Va pour Colomiers, histoire de mettre, enfin, le calendrier en bon ordre (initialement, le match était programmé le 19 décembre, il avait été reporté en raison des intempéries). Et Bourges ne doit pas laisser passer l'occasion de prendre pleinement possession de la deuxième place.
Si l'effectif berruyer était décimé par la gastro il y a une dizaine de jours, tout le monde est sur le pont. Emmeline Ndongue est revenue du Ail star européen de Gdynia (Pologne), où elle a su se mettre en évidence (12 points, 5 sur 6 au tir, en 16 minutes, pour la victoire des Européennes face au Reste du monde, 93-89).
Elle ne sera pas de trop, pour affronter une équipe de la Ville Rose en lutte pour son maintien et dont l'une des forces est justement la présence à l'intérieur d'Agathe Nnindjem. « Une des véritables pivots de la Ligue », assure Pierre Vincent au sujet de celle qui tourne tout de même à 13 points et 10 rebonds de moyenne.
Toulouse s'appuie aussi sur sa tonique meneuse, Leah Metcalf, et vient de recevoir le renfort de la Française Bintou Dième, engagée en championnat d'Espagne en début de saison. Certes, il manque Emmanuelle Hermouet, la championne d'Europe : « C'est forcément une grosse perte », estime le coach berruyer. « Elle est un danger permanent, une joueuse qui défend et qui joue juste. » Toulouse, qui avait longtemps contesté la suprématie tango au match aller, à l'Open (62-58) risque de souffrir, question profondeur de banc.
Mais les nombreux changements défensifs opérés par Valérie Garnier peuvent gêner aux entournures les Berruyères. « Toulouse sait pourrir le jeu, ce qui n'est pas une expression négative », explique Pierre Vincent. « Ça signifie qu'elles peuvent produire en défense des trucs dont on n'a pas forcément l'habitude. Il faut faire attention à ce qu'on fait, si on ne veut pas leur offrir de contre-attaques. »
Les Tango devront allier justesse et lucidité. Elles devront aussi retrouver le bon rythme de la compétition, ce qui n'est jamais évident. Et ce n'est pas parce que Valérie Garnier affirme que sa troupe « va essayer de ne pas en prendre quarante » qu'il faut se voir vainqueur avant de jouer...
Hervé Le Fellic