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Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
Ce fut une sacrée débauche d'énergie !
Avec face à face deux défenses de fer, on eut droit à une sévère empoignade, samedi soir, au Prado. Et si Bourges s'imposa, ce fut en descendant à la mine...
Poignant, et même carrément étouffant ! Mais pouvait-il en être autrement, entre deux formations réputées pour leur assise défensive et pour ne pas favoriser les grandes envolées ? De fait, jamais l'écart ne dépassa les six points, en faveur de l'un ou de l'autre. Et on eut droit à pas moins de dix-sept changements de leader !
Même si, du fait des succès de Nantes Rezé et Mondeville, sa troupe ne réalise vraiment pas une bonne opération, Abdou N'Diaye, le coach nordiste, ne pouvait en faire une montagne. Son équipe avait tenu le choc, étant encore en tête à la 29e minute (44-45).
« On a montré qu'on savait jouer au basket. J'éprouve plus de regrets que de la déception. Je suis satisfait du comportement global de mon équipe ; on a tenu, nerveusement. Je pense qu'on pouvait gagner au Prado, ce qui n'enlève rien aux mérites de Bourges. Au final, ça se joue sur de petits détails, sur quelques oublis, sur notre manque d'adresse également. »
Un précieux rebond d'Emmeline Ndongue
La bataille avait été furieuse, l'engagement total et le duel tactique intense. Il fallut que Bourges resserre les boulons, notamment au rebond, pour prétendre à la gagne. C'est d'ailleurs une précieuse prise d'Emmeline Ndongue qui scella, dans la dernière minute, le succès des joueuses de Pierre Vincent, bien servies par l'allant de leur capitaine, Katarina Manic (voir ci-dessous).
« J'ai trouvé cette équipe de Villeneuve très fraîche, physiquement », estima le coach berruyer. « En début de match, on a ramassé des fautes, surtout par naïveté, ce qui a offert pas mal de lancers à l'adversaire. Et ça nous a coûté cher. On a su corriger le tir sur les deux derniers quarts, en faisant moins de ces fautes bêtes. »
Les Berruyères ont également su rivaliser dans la conquête, dans les airs, en face d'une impressionnante Lady Comfort. « C'est vrai qu'elle nous a fait mal. On se dégarnissait au rebond, en multipliant les aides défensives », avait analysé le tacticien tango, qui invita sa troupe à plus de justesse dans ce secteur.
Défensivement, il n'y eut pas grand-chose à redire de la performance tango. « Oui, on a fait le boulot. » On attendait le Bourges Basket question offensives, le bilan sur ce plan est mitigé.
À trois points, ce fut... comme d'habitude, avec un tout petit 3 sur 13 final. Mais, dans l'ensemble, les choix de shoots furent justes. Même si Pierre Vincent nota que ses joueuses ont « manqué de patience. Pourtant, quand on a choisi d'attaquer sur la durée, on a souvent trouvé la solution. »
La blessure au doigt d'Endy Miyem n'aida pas à la réussite générale. Il y a aussi les doutes qui semblent assaillir Ana Lelas, qu'il faut à tout prix remettre en confiance. Bourges put tout de même s'appuyer sur Stella Kaltsidou et sur la parfaite collaboration entre Katia Manic et Anaël Lardy. Une association qui paye, en ce moment, Pierre Vincent ne s'en cache pas.
Au final, un succès tendu, et donc forcément probant. Des matches de cette teneur, Bourges risque fort d'en avoir d'autres...
Hervé Le Fellic
Percutante, efficace et omniprésente
On l'avait vue décisive, mercredi soir, à Challes. Samedi, le Bourges Basket put de nouveau compter sur sa capitaine, tout simplement étincelante.
Ce fut elle qui inscrivit les deux premiers paniers berruyers, sur ces attaques en dribble qui font sa force et qui ouvrirent des brèches dans la défense villeneuvoise. Pierre Vincent ne lui accorda même pas une minute de repos, sur l'ensemble des deux premiers quarts.
Ces vingt minutes, la capitaine berruyère n'en fut pas satisfaite : « Je pense qu'on a commencé en défendant mal, en commettant des fautes stupides. En plus, on n'a pas su faire preuve de patience en attaque. »
II fallut cravacher ferme, d'abord pour ne pas laisser les Nordistes prendre trop de champ, ensuite pour renverser la tendance. On vit Katia Manic se multiplier aux quatre coins du terrain, captant la bagatelle de neuf rebonds au passage. Pierre Vincent, comme à Challes, bénéficia longtemps de l'action conjointe de ses deux petites, Katia et Anaël Lardy, qui s'y entendent pour étirer les défenses et créer des espaces pour leurs partenaires.
« Ce fut vraiment un match difficile, mais c'est souvent le cas à ce stade de la saison. On a su être mieux défensivement en deuxième mi-temps et il fallait être très concentrée, car Villeneuve a de bonnes shooteuses. On a su trouver, en attaque, des solutions, notamment en mettant la balle à l'intérieur. »
II y eut bien, péché mignon berruyer, ces tirs lointains vendangés. « Pourtant, on travaille le shoot », assure Katia. « C'est peut-être dans la tête. » II va falloir passer outre...
Hervé Le Fellic