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C'est bien plus qu'une Boé de sauvetage
Bourges ira à Boé, pour les demi-finales de Coupe, face à Charleville. Et le succès contre Arras, samedi soir, peut servir de référence, en vue de la fin de saison.
C'est peut-être bateau, mais c'est tellement vrai : en basket, quand la réussite est au rendez-vous, tout est plus simple. Il y avait longtemps que le Bourges Basket n'avait pas inscrit 45 points en une mi-temps (la deuxième). Qu'il n'avait pas terminé une rencontre avec un pourcentage de 57 % de tirs réussis (dont 71 % à trois points).
« Cette équipe n'est peut-être pas extraordinaire, mais elle travaille, elle s'engage. Ce sont des valeurs que je respecte. Alors, cette qualification, c'est une récompense, pour les filles », put savourer Pierre Vincent, le coach berruyer.
Il fallut aller le chercher, ce succès. Arras et une grande Leilani Mitchell s'accrochèrent pendant vingt minutes, avant de céder dans les dix suivantes, sous les coups de boutoir de Stella Kaltsidou, sur un nuage dans le troisième quart (15 points à 6 sur 7 au tir). Il fallut batailler sous le cercle tango, où Arras s'offrit bien trop de deuxièmes chances, sur les deux premiers quarts. Il fallut surtout balayer les doutes qui avaient saisi l'entourage des Berruyères, après le revers de mercredi à Calais.
« Je maintiens que là-bas, on avait été, dans l'ensemble, bien dans le jeu. Il n'y avait pas de raison qu'on ne continue pas dans cette voie. J'ai positivé, parce qu'on avait fait un bon match, malgré la défaite », expliqua Pierre Vincent.
Qui n'a pas tressé que des couronnes, au sortir du succès devant cette belle équipe d'Arras. « On a fait de grosses erreurs qui ont permis à notre adversaire de revenir dans le match. C'est problématique. On confond parfois vitesse et précipitation, on gaspille des munitions, on perd de la lucidité. On regarde par exemple Mitchell shooter à trois points, comme si on espérait qu'elle allait rater. Il ne fallait pas la laisser faire, il fallait l'obliger à partir en dribble. Mais en attaque, dans l'ensemble, on a plutôt été juste. On a su bien alterner notre jeu, ce qui est souvent un de nos problèmes. Ça nous a donné de la stabilité. »
Puiser de la confiance
Et il y eut le coup de sang de Stella Kaltsidou. « Elle a changé la physionomie du match, dans le troisième quart », estima le coach arrageois, Bruno Blier. Forcément triste, mais pas abattu. « Oui, c'est une déception, on espérait bien faire un coup. Pour autant, on n'est pas dominé dans tous les secteurs : on perd moins de ballons que Bourges, on est devant au rebond. On avait les armes pour s'imposer. »
Arras a juste manqué de physique, et de solutions face à la défense berruyère. « Quand Mitchell marque autant de points, ce n'est pas bon signe, en général. Ça veut dire qu'on n'a pas trouvé le passage ailleurs », analysa le coach d'Arras. « Collectivement, on a été moins en rythme. On n'a pas fait les bons choix en attaque, on a trop joué sur l'extérieur, et on n'a pas eu de réussite. Atteindre la pause avec un 2 sur 13 à trois points, ce n'est pas dans nos habitudes. »
II y a gros à parier qu'Arras et Bourges auront de nouveau l'occasion de croiser le fer, dans les semaines à venir. Dans l'attente, les Berruyères ont montré à tout un chacun, et à elles-mêmes, qu'elles avaient les moyens de leurs ambitions. À elles de trouver dans cette qualification la nécessaire confiance. À elles de faire preuve désormais de constance dans la performance...
Hervé Le Fellic