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Les Berruyères sont sur la bonne voie
Convaincant des deux côtés du terrain, Bourges a retrouvé un jeu complet. Pour Mondeville, la lutte pour la quatrième place sera âpre jusqu'au bout.
Douze points pour Endy Miyem, dix (et huit rebonds) pour Aurélie Bonnan. Des performances similaires, et pourtant, au terme des débats, il y avait un monde d'écart, dans le regard des deux joueuses.
Celui de la Berruyère reflétait de la sérénité. Celui de l'intérieure normande était empli de colère contenue. Le reflet du match...
Bourges venait, solidement, de consolider sa deuxième place. Il suffira, samedi, de gagner à Limoges, le dernier de la classe. Quand, côté normand, on sait que le rendez-vous face à Montpellier sera essentiel, pour l'obtention du dernier billet pour les demi-finales.
Les joueuses d'Hervé Coudray, dans cette optique, ne se sont pas rassurées. « Je ressens beaucoup d'énervement et de frustration », lâcha Aurélie Bonnan. Qui, dès la 20e minute, avait compris le mal : Mondeville, en perdant trop de ballons, en laissant à Bourges trop de deuxièmes chances, avait cuisiné les ingrédients de sa défaite.
« On est complètement passées au travers, dans ces vingt premières minutes. Pourtant, on pouvait battre cette équipe de Bourges. Individuellement, selon moi, on n'a rien à envier à Bourges. Mais collectivement, c'est une autre histoire. »
La différence de maîtrise fut, il est vrai, flagrante entre les deux formations". «Avec tous les rebonds qu'on a abandonnés, on a donné à Bourges l'occasion de briller en attaque », déplora Aurélie Bonnan. « En plus, défensivement, on n'était pas toutes sur la même longueur d'ondes, et ça a suffi pour que Bourges trouve les solutions. C'est vrai que, contrairement au match aller, Lenae Williams n'a pas pu s'exprimer (l'Américaine avait, au premier acte, inscrit 27 points, NDLR). Mais on ne peut pas toujours tout attendre d'elle, on est plusieurs à pouvoir prendre des responsabilités, dans cette équipe. Oui, vraiment, ce match était à notre portée, mais Bourges l'a emporté parce que cette équipe défend plus. On peut encore être quatrièmes en battant Montpellier, mais il va falloir qu'on tire toutes dans le même sens. »
Lucidité berruyère
Exactement ce que parvient à réaliser Bourges. La troupe de Pierre Vincent continue d'afficher l'intransigeance défensive qui est sa force principale. Mais en prime, depuis quelques matches, elle sait faire preuve de justesse offensive, ce qui ne fut pas toujours le cas cette saison. Les Tango avaient été remarquables sur ce plan samedi dernier, en Coupe, face à Arras. Elles ont encore su, devant Mondeville, faire preuve de lucidité. « Déjà, on a su prendre un bon départ, ce qui n'a pas toujours notre spécialité », put sourire Endy Miyem. « On était bien préparées pour ce match, on a fait le travail d'entrée. » En obligeant Mondeville à se contenter de voies difficiles. Et en trouvant les bonnes pistes.
« C'est vrai qu'on est mieux, en ce moment, en attaque », admit Endy Miyem. « Je ne sais pas vraiment pourquoi, le travail sans doute. Jour après jour, on apprend de nos erreurs. On avait, il y a quelque temps, des difficultés. On s'est concentrées sur les petits trucs qui nous posaient problème. On a aussi travaillé l'adresse... et ça ne nous a pas fait de mal ! »
Bourges, depuis quelques matches, affiche plus de stabilité, plus de fluidité aussi, dans son jeu, et surtout dans son animation offensive. Si, pour des raisons diverses, Stella Kaltsidou et Ana Lelas n'ont pas eu devant Mondeville leur apport habituel question score, d'autres ont su prendre l'affaire en main. À l'image des intérieures.
Tout ne fut pas pour autant parfait. Pierre Vincent releva, à juste titre, que les deux derniers quarts temps furent moins accomplis. Parce que les Tango, au lieu de continuer à faire preuve de patience en attaque, cherchèrent à abréger les échanges, à forcer la décision comme les tirs.
Il y a du mieux, mais il y a aussi moyen de faire mieux. Il y aura samedi le match de Limoges, où l'on voit mal Bourges chuter. Puis une dizaine de jours de tranquillité, utiles pour recharger les batteries... et pour bosser encore.
Hervé Le Fellic