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Le talentueux novice et le grand habitué
En tango et noir, le Bourges Basket, double champion de France en titre. En bleu et rosé, Arras, première participation à ce niveau. Place au premier round !
Arras - Bourges, acte quatre cette saison... Et pourtant, c'est comme si tout recommençait à zéro. « Ce sont des matches pas comme les autres. Tout est différent, le contexte, l'atmosphère. Ça sublime, ou ça paralyse, les joueuses », assure Pierre Vincent, le coach de Bourges. Qui, question matches au sommet, sans filet ou presque, en connaît un sacré rayon.
Marielle Amant est très incertaine
Tout le contraire de son collègue Bruno Blier qui sait qu'avec cette demi-finale, son groupe touche « une belle récompense » de son investissement. Qui sait aussi qu'il devra très probablement faire sans sa prometteuse intérieure, Marielle Amant. « Elle a une inflammation au mollet, elle est forfait à 90 %, ce qui complique les choses. »
Côté berruyer, ça baigne. Il y a bien les petits bobos habituels (la main gauche d'Endy Miyem, la tendinite d'Ilona Burgrova) mais la cheville d'Emmeline Ndongue, ménagée dimanche en Coupe de France, va mieux.
Question expression collective, le groupe tango affiche également une belle santé. Il y a de la maîtrise, presque de l'assurance, même si l'adresse, point noir de la saison, reste encore fluctuante. « Mais c'est maintenant, dans les moments importants, qu'il faut être à son meilleur niveau », rappelle Pierre Vincent. Qui a souligné les principes de base, pour affronter cette joueuse formation arrageoise.
« La moitié des attaques de cette équipe se fait en contre-attaque ou après rebond », a analysé le coach berruyer. Il faudra donc avoir le contrôle du rythme, des deux côtés du terrain, pour ne pas permettre aux Arrageoises de monter en température.
« Le premier point, c'est de mettre la pression sur Leilani Mitchell, qui nous avait fait mal en quart de finale de Coupe. Elle joue beaucoup, et si on parvient à l'user, ça peut avoir son importance, sur une série de matches. »
Pierre Vincent demandera également beaucoup de précision, de concentration, en défense. De pratiquer les aides défensives avec intelligence, afin de ne pas laisser ces petits espaces dont les shooteuses artésiennes raffolent.
Duels et repli défensif
La bonne tenue dans les duels, tout comme la qualité du repli défensif, seront d'autres points de passage obligé. Arras, c'est l'équipe qui, en Ligue féminine, réalise le plus d'interceptions, pour autant d'occasions de paniers faciles.
C'est aussi du danger qui peut venir de partout, de la vélocité de Johanne Gomis à l'adresse de Pauline Akonga, meilleure scoreuse du lot (15 points de moyenne). « Elles peuvent scorer de loin comme de près, en dribble comme à distance », commente le stratège des Tango.
C'est peut-être dans la gestion de sa propre peinture qu'Arras peut connaître davantage de soucis. Pierre Vincent n'a pas été sans pointer du doigt cette piste, et ses grandes ne devraient pas se priver de porter le fer là où ça peut faire mal. Quand on voit le numéro qu'a réalisé Endy Miyem dimanche, en demi-finale de la Coupe...
Il serait également de bon ton, si les Berruyères veulent se dégager la route de la finale, que les extérieures règlent bien la mire. Et que le groupe sache garder son calme, même quand inévitablement, le bateau va se mettre à tanguer, sous les coups de boutoir des Arrageoises et de leurs supporters.
L'empoignade, en tout cas, est plus que prometteuse, entre deux formations qui ont chacune leurs armes. Arras joue beaucoup sur cette première manche, c'est évident, mais peut aussi mettre les Tango sous pression, avant le retour de samedi au Prado (et la belle éventuelle de mercredi prochain).
Hervé Le Fellic