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Un plan berruyer froidement exécuté
Bourges avait ciblé les points faibles d'Arras et s'y est engouffré. Face à des Nordistes crispées par l'enjeu, les Tango ont récité leur leçon et leur basket.
Une salle chauffée à blanc, une demi-finale forcément historique pour une cité arrageoise peu vernie en matière de sport de haut niveau : les Tango étaient attendues comme au coin du bois, hier soir, salle Tételin.
Mais le bon peuple arrageois, à la noce cette saison, baissa bien vite d'un ton. Car pendant les vingt premières minutes, la démonstration des joueuses de Pierre Vincent fut sans appel.
Le coach berruyer avait dévoilé un pan de sa tactique dans nos colonnes (voir notre édition d'hier) : remarquant qu'Arras avait les plus grandes difficultés à défendre au plus près de son cercle, il avait demandé à sa troupe de pilonner ce point faible.
Ce fut d'abord Katarina Manic, en bonne capitaine, qui se chargea de monter à l'assaut du dit cercle, par les départs en dribble qui font sa force. Les Berruyères s'installèrent rapidement au commandement, d'autant plus qu'Emmeline Ndongue dominait Pauline Akonga. Un trois points d'Ana Lelas et quelques contres d'Ilona Burgrova plus tard et le Bourges Basket empochait le premier quart, sans jamais avoir été mis sous pression (12-18, 10e).
Hormis quelques pertes de balle qui permirent à Mitchell de mettre les jambes, il n'y avait, alors, pas grand-chose à redire de la prestation berruyère. Le deuxième quart fut encore plus accompli. Sérénité, discipline, justesse, maîtrise du tempo : tout y était.
Tout le contraire de la troupe de Bruno Blier, privée des services de Marielle Amant (touchée au mollet, elle est aussi plus qu'incertaine pour samedi) et comme tétanisée par l'enjeu.
Bourges, avec une Emmeline Ndongue lestée de trois fautes dès la 12e minute, soignait sa défense et son repli. Ne laissait que bien peu d'ouverture aux Artésiennes, vraiment réduites à la portion congrue. Impuissantes.
Jusqu'à la pause, Bourges récitait sa leçon, appliquait son plan. Ne manquait guère qu'un brin de réussite extérieure. Elle n'avait pas été au rendez-vous des dix premières minutes. Stella Kaltsidou, froide exécutrice des hautes œuvres, se chargea d'y remédier : par deux fois, la blonde Grecque troua le cercle, depuis les 6,25 mètres, pour créer un écart plus conséquent encore (25-36, 18").
Juste un moment de flottement
Dans les tribunes, le public d'ordinaire si bouillant semblait avoir compris. Il mesurait l'écart séparant les deux adversaires en expérience, en investissement physique, en justesse tactique. Il ne restait plus aux Berruyères qu'à gérer les affaires pendant les vingt dernières minutes.
Pierre Vincent eut bien l'occasion de piquer un coup de sang dans le troisième quart. Et de prendre un temps mort, histoire de remettre son monde dans le droit chemin. Les Tango, par deux fois, se firent prendre, par manque d'attention, la sphère dans les mains pour autant d'immédiates punitions (34-47, 26").
Mais ce fut l'un des rares moments de flottement. Avec le retour d'Emmeline Ndongue à la 28e minute, le navire berruyer reprit son voyage sur mer d'huile. L'écart enfla de nouveau, en toute logique.
La première régate est dans la poche du skipper Pierre Vincent. Prochaine escale, samedi soir, au Prado...
Hervé Le Fellic