Site officiel de Bourges Basket SA
Bourges Basket SA
6 rue du Pré Doulet
18000 Bourges
Tél. 02 48 70 13 29
Copyright © Bourges Basket. Tous droits réservés.
Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
Titre en jeu... et Euroligue en poche !
Malmené pendant plus de vingt minutes, le Bourges Basket a dû puiser au plus profond de ses ressources. Mais la finale du championnat est là. Et ce sera face à Tarbes.
Un vainqueur magnifique d'abnégation et de force mentale, un très beau battu. Chacun des protagonistes fut à associer dans les louanges, samedi soir au Prado, au terme d'un match retour à deux visages.
La troupe de Bruno Blier (qui estima au passage qu'au Prado « ce n'est pas sifflé comme ailleurs en France », ce qui agaça vraiment Pierre Vincent) ne passa vraiment pas loin du droit à la belle.
« Mais je reste surtout déçue par le match aller, chez nous », expliqua l'épatante Sarah Michel, qui sera encore arrageoise la saison prochaine. « C'est là qu'on a perdu cette demi-finale. » Pourtant, l'ailière artésienne et les siennes avaient grandement corrigé le tir, en seulement quelques jours. « On a bien essayé de trouver d'autres solutions, mais au Prado, c'est difficile. »
D'autant qu'Arras, qui mena de quinze longueurs (11-26, 11e), prit ensuite un 10-0, et fut franchement à la peine dans le 3e quart. « Comme souvent cette saison », à en croire Sarah Michel. « On s'est fait marcher dessus, on a toujours eu du mal sur cette période. On a perdu de la lucidité. On a aussi souffert physiquement, d'autant qu'on n'a pas le banc de Bourges, surtout sans Marielle Amant. Bon, on a essayé de tout donner, on n'a pas à rougir de notre saison. Et sur ce dernier match, on a tenu Bourges, quand même. »
Et comment. Ceux qui pensaient qu'après l'aller, ce serait une formalité, se sont mis le doigt dans l'œil. Privées de Jennifer Digbeu (entorse de la cheville gauche lors de l'entraînement de vendredi soir), les joueuses de Pierre Vincent ont dû tout mettre sur le parquet. « Mais il a fallu qu'on bataille toute l'année, on a trop tendance à l'oublier », rappela Emmeline Ndongue. « Moi, je suis fière de l'évolution de ce groupe, qu'il a fallu largement reconstruire... »
« On a su réagir »
Et qui, au fil des matches, au gré des accrocs aussi, s'est doté d'une âme. A trouvé son style, pas forcément flamboyant, mais diablement combatif.
« II faut qu'on se retrousse les manches, qu'on se batte », rappela l'intérieure berruyère. « Là, Arras n'avait rien à perdre, et dans ces cas-là, tout rentre. Nous, on a fait des erreurs en début de match, et on les a payées cash. Dans ces cas-là, la tendance, c'est d'avoir les yeux dans les chaussures, alors qu'il faut au contraire se concentrer sur ce qu'on doit faire. On a su réagir, on a mis un cran de plus en défense, on a volé quelques ballons. On a usé l'adversaire... et on a gagné. »
Cerise sur le gâteau, le Bourges Basket est assuré désormais de participer à la prochaine Euroligue.
Hervé Le Fellic
D'abord la soupe, puis un soufflé servi chaud en dessert...
Heureux public qui a pu voir deux matches en un samedi soir au Prado.
D'abord un bien fade brouet servi froid, pendant vingt minutes, par une équipe berruyère débordée. Puis un somptueux soufflé, servi chaud par des Tango transfigurées. On a toujours préféré le dessert après la soupe ; c'est autrement plus digeste ; la cerise sur le gâteau étant cette quinzième finale de championnat, à jouer, en seize ans.
La nuit...
La première mi-temps fut, en effet, entièrement à l'avantage des Arrageoises. Non pas qu'elles soient intrinsèquement supérieures ; non. Mais parce qu'elles surent mettre plus de rythme, d'agressivité, d'envie que des Tango empruntées, jouant à dix à l'heure, coupables d'erreurs de concentration des deux côtés du terrain. Du coup, la confiance - et l'adresse qui va avec - gagnèrent les rangs artésiens aussi vite qu'elles quittèrent ceux des Berruyères. Et au panneau lumineux, forcément, ça ne le faisait pas : 6-10 (4e) puis 8-18 (6e) pour Arras après un 8-0 qui bouclait le premier quart-temps avec 13 points (11-24) d'avance et un joli 5/6 à trois points. Bourges ? Rien, ou presque : 4 sur 14 aux tirs dont 0 sur 4 à trois points avec la seule Emmeline Ndongue en évaluation positive à cet instant.
Le deuxième quart n'allait guère être mieux malgré un 10-0 tango initié par Ndongue et Miyem (21-26, 10e). Arras se remit à défendre fort, laissant peu de solutions aux locales. Mitchell s'arracha et Arras refit un écart conséquent : 22-32 puis 25-36 au repos sur un shoot de Gomis. Et tout ça, sans Marielle Amant et à sept joueuses seulement...
... puis le jour !
Il ne restait plus qu'à espérer une révolte des Tango en deuxième période. Ce qu'elles firent avec rage et détermination. S'appuyant sur une défense retrouvée, mettant beaucoup de rythme, de solidarité et d'agressivité dans toutes leurs actions des deux côtés du terrain, elles revinrent ainsi rapidement dans le match. Sous la pression, Arras se mit à perdre des balles et avec elles, de la lucidité, de la confiance et de l'adresse. Contrairement aux Berruyères, enfin dominatrices dans tous les compartiments du jeu. Même sans Jennifer Digbeu (entorse), les rotations demandées par Pierre Vincent commençaient à faire leur œuvre destructrice. Bourges, qui n'avait marqué que 8 paniers en première période, allait en inscrire 17 dans la deuxième. Au contraire d'Arras qui dut se contenter de 8 paniers après le repos alors qu'elle en avait marqué 15 en première.
Après un 10-3 annonçant la révolte (34-39, 23e), Bourges abordait la dernière ligne droite avec un petit handicap de 4 points (42-46, 30e). Tout était redevenu possible. Poussées par leurs supporters réveillés par l'antisportive sifflée à Lardy et la réaction spectaculaire de Pierre Vincent, les Tango haussaient encore le ton. Emmeline Ndongue égalisait dès la 33e minute (50-50) ; Endy Miyem mettait son équipe devant une minute plus tard (52-50). Dès lors, Arras n'avait plus la force ni même le mental pour arrêter le rouleau compresseur berruyer. Manic, Lelas, Miyem, Kaltsidou firent grimper l'écart à + 8 (61-53, 38") ; c'était gagné (62-57) !
La vérité des chiffres
La révolte avait été magnifique. Les chiffres ne trompent pas. Évaluation équipe : 26 pour Bourges au repos et 40 pour Arras. Au final, 82 pour Bourges et 48 pour Arras. Idem pour les paniers (8-15 en première mi-temps et 17-8 en deuxième) et les interceptions (3-6 et 7-3)... Arras a surtout tenu sur les paniers primés, à 8/15 contre 2/15 à Bourges qui a bien mérité le droit de défendre sa couronne.
Christian Ragot