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Pour la couronne, question de style...
Bourges, meilleure défense ; Tarbes, meilleure attaque. Pour cette finale aller comme pour le titre, ce sera une question de styles : celui qui imposera le sien ne sera pas loin de la vérité...
C'est un chiffre étonnant, mais aussi révélateur : tout au long de la saison régulière, Bourges comme Tarbes ont en moyenne remporté leurs matches avec... 12,1 points d'écart sur leurs différents adversaires.
Mais là s'arrête la comparaison, entre les deux places fortes du basket féminin français qui, dès demain soir (coup d'envoi à 20 h 45, merci la télé...) vont s'expliquer, titre en jeu.
Ce différentiel d'une douzaine de points, elles l'ont construit par des voies diamétralement opposées. Bourges, c'est avant tout la défense, avec en moyenne 54,3 points concédés en 28 rencontres. Tarbes a misé sur l'offensive, dans le sillage d'Isabelle Yacoubou (15, 8 points et 8 rebonds) et de Frida Eldebrink (13,8 points, à 51,5 % de réussite à trois points). Demi-finales comprises, la troupe de François Gomez a mis 78,1 points à ses rivaux.
Vous avez dit opposition de styles ? « C'est vrai qu'on score beaucoup et que Bourges encaisse peu », admet François Gomez, le coach pyrénéen. « Mais Bourges a montré à plusieurs reprises qu'elle savait attaquer, comme nous avons montré qu'on pouvait défendre. Maintenant, c'est vrai que le jeu de Bourges est axé sur la discipline et la rigueur, quand le nôtre est plus ouvert. Chacun essaiera d'imposer son style, tout en cherchant à contenir l'autre sur ce qu'il fait de mieux... »
La force du groupe
Pierre Vincent, le stratège berruyer, tient à nuancer ce point de vue. « L'opposition de styles, c'était surtout vrai la saison dernière. Cette année, Tarbes a un effectif qui lui permet de mettre plus d'intensité et de défendre plus et mieux. Mais il reste vrai que nous nous exprimons beaucoup par la' qualité défensive et Tarbes par l'efficacité en attaque. »
Aux Berruyères de résoudre la double équation posée par le jeu bigourdan : efficace sous les cercles avec ce superbe point d'appui qu'est Isabelle Yacoubou, dangereux sur les extérieurs avec nombre de shooteuses patentées.
« Faire un plan anti Yacoubou ? On pourrait, c'est vrai, mais ce serait laisser le champ libre aux autres », estime Pierre Vincent. Qui sait aussi le danger que représente Flo Lepron, « une très bonne meneuse, qui cherche à servir ses partenaires ».
Il faudra donc un Bourges Basket à son meilleur niveau, pour se mettre dans la poche cette première manche. On sent le groupe tango bien dans sa peau, et si pression il y a, elle n'est pas palpable. Bourges semble prêt à en découdre, à tout donner.
Et ça tombe bien parce que ce sont justement ces valeurs collectives que Pierre Vincent met en avant. « Cette finale va se jouer sur la force du groupe. Sur sa capacité, notamment, à passer au-dessus de ce qu'en rugby on appelle les temps faibles. Il va falloir être capable de garder sa cohésion, mais aussi de mettre de l'intensité et de l'énergie. »
Ne comptez pas sur le coach berruyer pour dire que ce premier match est le plus important du lot. « On a bien vu ce que ça donnait l'an dernier. Je pense même que plus la série sera longue, mieux ce sera pour nous. » Mais si les Tango peuvent se mettre un succès dans la poche dès demain, qu'elles ne se gênent pas...
Hervé Le Fellic
Pierre Fosset : « On ne baisse pas les bras ! »
Tenant ferme la barre, le président Fosset se veut confiant à la veille de cette finale. Tout en préparant activement l'avenir.
Ce dernier match de la saison au Prado ne sera pas chargé d'autant d'émotions que celui de la saison dernière avec le départ de Caps Dumerc et les adieux de Cathy Melain... Et la célébration du titre (cette fois, cela se jouera obligatoirement à Tarbes). Mais sans préjuger du résultat des deux finales à venir, le président Fosset a consenti à effectuer un large tour d'horizon sur le présent et le futur du Bourges Basket.
Président, c'est le baisser de rideau au Prado. Quel bilan pouvez-vous déjà dresser de la saison écoulée ?
Il est encore un peu tôt pour dresser un bilan puisqu'il y a encore deux finales à jouer... Et à gagner ! Mais sans préjuger des résultats, on peut dire que le bilan est satisfaisant. Nous sommes déjà qualifiés pour la prochaine Euroligue, ce qui constituait un objectif majeur, tant pour la bonne santé financière du club que pour l'intérêt sportif et notre public. Nous sommes aussi en finale du championnat et de la coupe de France...
Pour un club comme Bourges, c'est quand même le minimum, non ?
Les gens ont trop tendance à regarder le palmarès du club et à oublier les réalités du moment. Beaucoup pourtant aimeraient aujourd'hui être à notre place. Il faut être réaliste. Cette saison, le favori, c'est Tarbes. En raison de son recrutement, de son effectif bien plus important que le nôtre. Mais on ne baisse pas les bras. On va tout faire pour conserver nos titres. Et puis, il faut se rappeler d'où nous sommes partis. L'équipe a été renouvelée à 60 % et des joueuses majeures, des leaders à des postes clés, comme Céline Dumerc, Cathy Melain et Alessandra sont parties. Des départs dont on a peut-être minimisé, ou sous-estime l'importance. Il a fallu reconstruire, former un nouveau collectif avec de jeunes joueuses manquant d'expérience. Tout cela explique notre parcours un peu plus difficile en Euroligue et quelques couacs en début de saison en championnat. Mais on est quand même au rendez-vous des finales...
Qu'il va falloir gagner...
Je l'espère. On va tout faire pour. Mais si on perd, ce sera la loi du sport. Le plus embêtant, c'est qu'en cas de belle, il faudra la jouer à Tarbes, mais bon...
Le nouveau Palais des Sports ne sera opérationnel, si tout va bien, que pour la saison 2013 - 2014. Quelle va être votre politique en attendant ?
Il va falloir être patient. Très patient. L'objectif est bien sûr d'avoir une grosse équipe pour l'ouverture du nouveau Palais des Sports, qu'il faudra bien remplir. En attendant, on est dans l'expectative. On va faire le dos rond et continuer à s'accrocher ; à travailler.
«Continuer à s'accrocher en attendant la nouvelle salle »
Mais c'est sûr, l'évolution du club passe par l'ouverture de cette nouvelle salle qui devrait nous procurer de nouvelles ressources. J'étais à Lyon mardi pour Lyon - Bayern. Quand on voit le stade de Gerland, par rapport au Camp Nou à Barcelone, Bernabeu à Madrid ou l'Allianz Arena à Munich, on comprend pourquoi le président Aulas se bat pour avoir un nouveau grand stade à Lyon. Sans cela, jamais l'OL ne réussira à franchir le dernier palier qui lui permettra un jour de gagner la Coupe d'Europe.
Avez-vous déjà planché sur la saison prochaine ?
On y travaille. Ana Lelas va partir (à Montpellier, ndlr) ; Katia Manic, qui nous fait une très belle fin de saison, aussi. Stella Kaltsidou et Emmeline Ndongue ont signé pour un an de plus. Anaël Lardy, Paoline Salagnac, Jennifer Digbeu, Endy Miyem et Ilona Burgrova sont toujours sous contrat et on va faire monter Margaux Galliou chez les pros. On va recruter deux joueuses, deux étrangères. Une meneuse et une numéro deux. On aurait aimé faire revenir Essence Carson mais son agent l'a envoyée en Hongrie (à Sopron ?). On a aussi raté l'arrière américaine de Besiktas Istanbul, Zellous. On cherche. Mais il faut être lucide et raisonnable. Le contexte économique ne se prête pas aux dépenses inconsidérées. Mais on aura une équipe compétitive, c'est sûr.
Christian Ragot