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03 mai 2010   Le money time fut fatal aux Berruyères

Le money time fut fatal aux Berruyères

Battues dans leur salle durant le money time, les Tango devront corriger leurs petites erreurs pour espérer signer un exploit jeudi à Tarbes et s'offrir une belle.


Il reste 54 secondes à jouer. Depuis le début du dernier quart-temps, les deux équipes se sont rendu coup pour coup. Jamais plus de deux points d'écart. Mais à quatre minutes de la fin, deux lancers d'Edelbrink pour une faute de Salagnac puis un panier de Maïga-Ba, très tonique, donnent quatre points d'avance au TGB (67-71) qui semble foncer vers la victoire. Jusqu'à ce qu'un panier primé de Kaltsidou ne ramène les Tango dans le match (70-71). Endy Miyem, à son meilleur niveau d'internationale, s'offre encore le luxe d'un contre sur Yacoubou avant de se retrouver sur la ligne des lancers. À 54 secondes du buzzer donc.

Concentrée, appliquée, avec une grosse pression sur les épaules et la mission de ramener son équipe devant, Endy réussit le sans-faute. Bourges mène alors 72-71. Connaissant l'expérience du Bourges Basket dans la gestion d'un money time, le Prado, debout, pense que cette fois, ses filles vont avoir la peau des Pyrénéennes. Pour calmer son monde et donner ses dernières consignes, Pierre Vincent prend un temps mort.

Final haletant
47" au chrono : faute de Ndongue sur Yacoubou. Un sur deux aux lancers : égalité 72-72. Puis faute de Salagnac qui manque de lucidité sur ce coup-là et un lancer sur deux pour Eldebrink : 72-73.

Dans leur désir de revenir, les Tango confondent vitesse et précipitation. Manic (très bonne pourtant pour son dernier match au Prado sous le maillot tango) ajuste mal sa passe. Tarbes récupère la sphère et derrière, nac fait faute sur Eldebrink (1/2 aux lancers) : 72-74. Reste une poignée de secondes. C'est encore jouable mais Tarbes s'arrache et Yacoubou va chercher la faute dans la peinture berruyère. Cette fois, les deux lancers sont réussis : 72-76. L'ultime faute d'Arrondo sur un shoot à trois points de Manic n'y pourra rien changer (1/3 aux lancers). Tarbes tient sa victoire (73-76) et une grosse option sur le titre.

Les Tango n'ont pas à rougir de ce court revers concédé devant une équipe puissamment (dans tous les sens du terme), armée où Yacoubou (22 points) et Eldebrink (24 points) ont été des détonateurs de talent.

Les joueuses de Pierre Vincent avaient pourtant attaqué le match par le bon bout, avec beaucoup de solidarité, imposant un rythme élevé tout en s'appuyant sur une défense rigoureuse. Mieux, profitant d'un repli défensif hésitant côté tarbais, les Tango avaient pris une petite avance : 14-8 (5e) sur deux belles inspirations de Kaltsidou notamment, pour arriver à 22-17 au premier quart-temps.

Un match au couteau
Mais François Gomez resserra les boulons et ses joueuses se firent plus agressives. Parfois avec la permissivité des arbitres. Tarbes fut pourtant (et justement) sanctionné mais les Tango lâchèrent beaucoup trop de points précieux sur les lancers (18/29) qui pesèrent lourd dans la balance. Bref ! Avec une Eldebrink de gala, appuyant là où ça faisait mal, dans la raquette où la puissance de Yacoubou, la dureté de Randall et l'agressivité de Sacko étaient difficiles à contenir, Tarbes, après un 7-0 prit les devants jusqu'à la 28e (33-37). Mais un panier primé de Lardy et un deux points de Miyem rallumaient la flamme tango : 38-37. Même le trois points inscrit sur le buzzer par Eldebrink (38-40, 30e) n'entamait pas l'espoir.

La suite, on la connaît. Un dernier quart au couteau. Un mano a mano d'une intensité rare avec onze changements de leader et un écart qui n'excéda jamais les quatre points (67-71). Il n'a pas manqué grand-chose aux Tango pour s'offrir un droit l'erreur jeudi à Tarbes. Elles ont commis trop de petites bévues pour pouvoir l'emporter. Mais ça peut se corriger.

Christian Ragot

03 mai 2010   Endy Miyem « On est obligées d'y croire ! »

Endy Miyem « On est obligées d'y croire ! »

Meilleure marqueuse berruyère, désignée meilleure joueuse du match, Endy Miyem n'a pas pu renverser la vapeur. Mais ne veut pas baisser les bras, et y croit encore dur comme fer.


Elle est tombée les armes à la main, après avoir tout donné. Tout comme ses copines de l'intérieur : Ilona Burgrova, qui si elle a peu marqué a grandement participé aux joutes aériennes ; Emmeline Ndongue, dont la combativité au rebond n'a pas trouvé de récompense, faute d'adresse.

« On n'a pas eu la chance que ça rentre », soupira, première manche envolée, Endy. « Jeudi, peut-être que ça passera... » On sent de l'amertume, de la rage contenue, d'avoir senti glisser une des anses du trophée que les Tango détiennent.

Ce n'est pas faute d'avoir beaucoup tenté. Meilleure marqueuse berruyère (20 points), meilleure joueuse du match à l'évaluation (27), l'internationale française a presque tout mis dedans, a même scoré à trois points. Pour échouer au port, et se retrouver en position délicate, avec un, voire deux matches, à jouer en terre tarbaise.

« On n'était pas loin du tout, sur ce match aller », déplora la native de Reims. « Qu'est-ce qu'il nous manque ? Des lancers francs, en premier lieu. » Onze points laissés en route sur cet exercice, c'est trop, pour qui veut gagner.

« On a aussi manqué de maîtrise, sur la fin. » Une faute inutile, un ballon perdu. Dans le money time, il faut être parfait. Et il aurait fallu, au total, des Tango irréprochables. Ce ne fut malheureusement pas le cas.

Luttes d'intérieures
« On a commis quelques erreurs qui nous coûtent cher. Il y a certains ballons qu'on aurait pu jouer autrement. Ce sont de petites choses, mais face à Tarbes, il faut être parfait. En plus, elles ont eu de l'adresse, alors, à chaque fois, on payait cash. »

II y eut aussi, match dans le match, les obscures luttes de l'intérieur. Ces empoignades entre grandes qui sont au basket ce que les joutes d'avants sont au rugby.

« Ça a vraiment été rude », souffla Endy. « On voulait contrôler le plus possible Isabelle Yacoubou, mais, au final, elle nous a mis 22 points. Elle a confirmé, sur cette finale, son statut de MVP (meilleure joueuse, NDLR) de la Ligue... »

Même quand, sur le travail de sape des Tango, Isabelle rejoignit le banc, pour trois fautes, Bourges ne put pas pleinement en tirer profit.

Alors voilà... Pour n'avoir pas su baisser le rendement offensif de Tarbes (78 points en moyenne sur la saison, 76 samedi soir), le Bourges Basket se retrouve dos au mur. Condamné, déjà ?

« À la fin, dans le vestiaire, le coach nous a dit que ce n'était qu'un match de basket. Que ce n'était pas la fin du monde. » Qu'il y avait encore la place, et des raisons, d'y croire.

Comme les autres Berruyères, Endy est déjà tournée vers la cruciale soirée de jeudi. « On va aller là-bas avec la rage, une motivation plus grande encore ! On est obligées d'y croire. Il faut que ça passe, on n'a pas le choix... »

Hervé Le Fellic

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