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Le club tango va devoir courtiser sa belle
Les Berruyères n'ont pas le choix : pour éviter que Tarbes n'empoche le premier titre de champion de son histoire dès ce soir, pour aller à la belle, il faut vaincre.
Dos au mur, dos à la montagne pyrénéenne toute proche ! La situation du Bourges Basket, si elle n'est pas désespérée, n'est certes pas des plus confortables, au moment d'attaquer cette finale retour.
L'ambiance ne sera pas favorable...
Il y aura cette salle du quai de l'Adour, pleine comme peu d'œufs, qui n'attendra que l'exploit des siennes. Que de vivre un morceau d'histoire locale, avec ce titre jamais ramené, encore, en Bigorre. « Mais on a déjà joué dans de telles ambiances », rassure Pierre Vincent, le coach berruyer. « On a évolué, par exemple, à Salamanque. Alors, ce n'est pas la salle de Tarbes qui va nous faire peur. Et de belles ambiances, c'est électrisant pour tout le monde... »
L'un des grands plaisirs, quand on évolue en terrain pas franchement favorable, c'est de faire que le silence s'installe dans les travées. Ce que Tarbes a réussi, au final, samedi soir, au Prado... L'idéal, c'est de faire que l'euphorie ne se transmette pas du terrain aux tribunes, et inversement. Pas question, donc, de laisser l'adversaire se lancer dans de longues séries de points, et caracoler trop loin devant. Car là, le risque de perdre pied est grand.
Ça, c'est pour le contexte. Mais le débat, c'est sur le parquet qu'il se déroulera avant tout. C'est là que les Tango iront chercher, ou non, leur billet pour un troisième acte. C'est là qu'elles devront trouver ce petit plus qui leur a manqué en terre berruyère.
Où l'affaire s'est jouée sur des riens. Sur une toute fin de match qui vit les Tango encore devant, d'un petit point, à 54 secondes du terme. « Cette fin de match fut vraiment frustrante, j'aurai préféré perdre d'une autre manière », lâche Pierre Vincent, marri de voir que son équipe n'a pas pu ou su marquer de paniers, à l'instant crucial...
D'autres faits dépassent très largement le cadre de ces dernières secondes. « Offensivement, on a fait du bon boulot », estime le tacticien berruyer. « Sauf peut-être quand on a trop axé le jeu pour faire tomber des fautes sur Isabelle Yacoubou. » Bourges qui inscrit plus de 70 points, c'est appréciable, cette saison. Mais on a encore en travers de la gorge ces 11 (!) lancers abandonnés en route, ces rebonds offensifs (16, contre 8 aux Tarbaises) non convertis au tableau d'affichage. Il y avait encore moyen d'en mettre plus, et ce soir, il ne faudra rien gâcher !
La défense tango peut et doit faire mieux encore
Et la défense, alors, argument phare des Berruyères, cette saison comme toujours ? Tarbes, avec sa belle réussite (48 % au tir, dont 50 % à trois points) a été tout proche de sa moyenne habituelle. C'est évidemment dans ce domaine que la formation tango doit s'améliorer, pour ne pas laisser sa couronne s'envoler dès ce soir. « Oui, il faut qu'on défende mieux », confirme Pierre Vincent. « S'il y a des choses qu'on a bien contrôlées, d'autres ont amené moins de satisfaction. On a quand même fait quelques grosses boulettes. »
Tenir Isabelle Yacoubou, le point d'ancrage du jeu tarbais, n'est pas simple, on le sait. Mais il faut tout donner pour ne pas lui permettre de s'exprimer dans son registre, et pour la fatiguer en défense, qui n'est pas son point le plus fort. Pas question aussi de laisser Frida Eldebrink, dont la saison est superbe, faire un nouveau numéro de soliste. Et il y a les autres, Randall, Maïga-Ba, celles qui, finalement, ont fait la différence au Prado. La tâche est immense, mais pas infaisable...
Hervé Le Fellic
« Il faut qu'on coupe leur jeu de passes »
Mieux défendre, empêcher que Tarbes trouve ses scoreuses en bonne position. Paoline Salagnac connaît la difficulté de la tâche qui attend les Tango, mais y croit.
Comme toutes les Berruyères, Paoline Salagnac était dépitée, au terme du match aller, samedi soir, au Prado. « C'est vrai, on avait toutes la tête dans les chaussures... »
Mais le coup de spleen ne fut que passager. Bien vite, le groupe tango passa à autre chose. En analysant ce qui n'avait pas fonctionné, et en se persuadant que rien n'était perdu pour autant.
Au premier plan du banc des accusés ? La défense, la spécialité maison, bien sûr. « On en a reparlé, entre nous, avec le staff », explique Paoline. « Ce premier match s'est joué à pas grand-chose. On a commis quelques erreurs en défense, et en plus Tarbes a su avoir de la réussite, surtout en début de rencontre. Il faut qu'on fasse en sorte qu'elles déjouent. Il faut encore qu'on resserre derrière, qu'on leur laisse encore moins de positions pour scorer. »
II n'y a pas que la bonne gestion des duels. Il y a aussi la gestion des déplacements, des joueuses comme de la sphère. « II y a, c'est vrai, de bonnes individualités, à Tarbes. On doit parvenir à couper leur jeu de passes, à isoler, par exemple, Yacoubou de ses partenaires. »
II faudra aussi trouver d'autres pistes, en attaque. « Sur l'aller, on a fait un bon petit match », estime Paoline. « On a développé le jeu qu'on souhaitait, mais on devra faire encore mieux. Car on sait que Tarbes va s'adapter. On doit aller chercher les petites ouvertures. »
« On peut le faire »
Tout ça dans une salle qui va pousser fort derrière les joueuses de Gomez. « On sait que ce sera dur », commente l'arrière berruyère. « II faut qu'on provoque notre chance. Dos au mur, on doit se transcender. On n'a plus rien à perdre. On vendra chèrement notre peau, on va arriver sur le parquet avec les crocs ! »
Se retrouver à tout jouer sur un match, à l'extérieur qui plus est, les Tango connaissent, pour l'avoir vécu à Salamanque. Ça n'était pas passé, sur ce huitième d'Euroligue. « À nous de montrer qu'on a retenu la leçon. Il ne faut surtout pas qu'on ait de regrets, qu'on donne tout. Si elles sont championnes, c'est qu'elles auront été plus fortes. Mais si on joue notre basket, ça peut le faire. On ne doit pas passer à côté ! Et, au moment de conclure, elles peuvent aussi trembler, comme au tennis... » Faire un nouveau voyage à Tarbes, lundi, personne n'est contre, mais ça se mérite...
Hervé Le Fellic