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Les Tarbaises tiennent leur premier titre !
Parfait en défense pendant vingt minutes, Bourges n'a jamais su scorer. Inévitablement, Tarbes a su forcer la décision, pour coiffer sa première couronne nationale.
Une salle pleine à craquer, chaude comme la braise, prête pour l'histoire, prête pour l'exploit. Et onze Tarbaises fortes de leur succès acquis en Berry. Rien n'était pour les Tango, hier soir, sauf leur foi, leur fierté et leur envie énorme de ne rien lâcher.
Elles entrèrent dans l'arène en combattantes, les joueuses de Pierre Vincent. Et portèrent d'entrée les débats dans leur registre préféré : le match serait défensif ou ne serait pas.
On n'eut ainsi droit qu'à un seul panier, dans les cinq premières minutes. Signé Stella Kaltsidou. Tarbes dut attendre quelques secondes de plus pour enfin en mettre un, par Flo Lepron. Les Berruyères imposaient l'épreuve de force, répondaient à tous les contacts, ne laissaient pas un pouce de liberté, une ouverture, à leurs rivales. Et bouclèrent le premier quart en tête, sur un score famélique (6-8, 10e), tout à fait dans leurs cordes. Tarbes ne s'en sortait pas, et voyait Fati Sacko écoper de sa troisième sanction, avant même la fin de la première période...
Les joueuses de François Gomez ne trouvèrent pas plus de liberté dans les dix minutes suivantes. À l'image d'Isabelle Yacoubou et de Frida Eldebrink, bourreaux des Tango à l'aller, et complètement réduites au silence. L'internationale française dut ainsi patienter 17'30 pour inscrire son premier panier (plus lancer, raté). La Suédoise attendit quelques secondes de plus pour voir son tir (à trois points) faire trembler le filet. Autant dire une éternité.
Autant dire que la défense du Bourges Basket faisait plus que le job, coupant toutes les lignes de passé, comme indiqué par Pao Salagnac, dans nos colonnes d'hier. Tarbes y perdait son jeu, et douze ballons, sur les vingt premières minutes.
Le revers de la médaille, de cette débauche d'énergie, c'est que les Tango ne purent faire la différence, pour cause d'attaque en berne. Elles regagnèrent le vestiaire avec un petit 8 sur 32 au tir, et avec une Anaël Lardy meilleure score avec huit points. Reste que Pierre Vincent avait atteint un objectif : sa troupe avait emmené son adversaire dans sa filière, dans un match cadenassé à souhait, sur les deux premiers quarts.
Les événements se gâtèrent franchement pour les Berruyères dès l'entame du troisième quart. Car il ne fallait pas se leurrer : François Gomez avait recadré les choses, et les Bigourdanes revinrent avec leur arme favorite : le travail de sape.
L'inévitable Isabelle Yacoubou a encore une fois frappé fort
Avec en guise de force de persuasion Isabelle Yacoubou bien sûr. Même sur une jambe (entorse de la cheville), l'internationale, à elle seule ou presque, fit sauter le verrou berruyer. Elle planta sept points rien que sur ce premier quart, et, aidée par l'ancienne Tango Flo Lepron (quel panier au buzzer), elle envoya, pour la première fois, les joueuses de Pierre Vincent dans les cordes.
Et ces dernières ne surent pas réagir à ce premier réel coup de semonce. Avaient-elles laissé trop d'énergie sur les vingt premières minutes ? On les sentit vaciller, on ne senti pas qu'elles auraient la force de réagir.
Pourtant, il restait encore dix bonnes minutes, et seulement treize points à remonter. On en a déjà vu d'autres. D'ailleurs, Endy Miyem, sur son seul panier du match, ramena un peu les Tango au score (38-29, 32e). François Gomez prit le temps mort qui s'imposait, histoire d'empêcher les Berruyères d'y croire trop.
Flo Lepron, encore elle, remit les siennes sur les bons rails. Et Tarbes s'en alla, irrésistiblement, vers le premier titre de son histoire. Côté berruyer, on n'avait rien mis dedans, ou presque. Encore une fois...
Hervé Le Fellic
Tout pour la Coupe de France a Bercy !
Le principe même du basket, c'est de mettre des paniers. Et pour gagner, il faut en mettre plus que l'adversaire. Ce que Bourges, solide en défense mais pitoyable en attaque, n'a pas su faire, laissant le titre que les Tango partageaient avec les Valenciennoises depuis 1993 ! Il y a encore la finale de la Coupe de France à jouer. Ça ne va pas être facile de se reconcentrer...
Les Tango prirent pourtant le match par le bon bout. Très présentes des deux côtés du terrain. En défense, où elles avaient toujours un petit temps d'avance pour priver leurs adversaires de possibilités de shoots ; au rebond offensif, dans l'énergie, l'engagement... Mais au tableau lumineux, elles furent incapables de rentabiliser leurs bonnes intentions. Pensez-donc, 6-8 à la fin du premier quart-temps puis 18-19 (20r). Avec un pitoyable 25% de réussite aux tirs (8/32). On se prit alors à penser que les joueuses de Pierre Vincent finiraient par regretter ce manque de réussite (ou d'adresse, c'est selon). Car Tarbes, même avec une Isabelle Yacoubou jouant sur une jambe (entorse), qui avait perdu beaucoup trop de balles en première période, poussé par son public, ne pourrait qu'être meilleur (8/20 aux tirs , à 40%, en première période).
Et le fait est que l'incapacité à scorer des Berruyères ramena un peu de sérénité dans les rangs du TGB, qui enchaînait par un 13-0 (passant de 12-19 à la 17e, à 25-19 à la 23e). Et les choses n'allaient pas s'arranger côté adresse, avec 6 points seulement marqués dans le troisième quart-temps et une faillite totale des shooteuses (Kaltsidou et Manic à 2 points, Salagnac à 1 point, Miyem, Digbeu et Lelas à zéro !). À la fin du troisième quart, avec une Flo Lepron inspirée, Tarbes avait fait le break : 38-25. Tarbes à 45% de réussite contre 22% à Bourges... Et une évaluation à 31 sur le quart pour Tarbes et à... moins 2 pour Bourges ! Énorme dans une finale.
La dernière ligne droite ne fut qu'un long calvaire pour les Berruyères, qui eurent cependant le mérite de ne jamais baisser les bras.
On savait ce cru berruyer moins fort que le précédent depuis les départs de Dumerc et Alessandra, et l'arrêt de Cathy Melain. Et pourtant, à Tarbes, hier soir, ça n'était sûrement pas mission impossible. À condition de profiter des possibilités de scorer. Car si, au repos, les Tango avaient eu dix à quinze points d'avance, il n'y aurait rien eu à redire. Et ça aurait pu tout changer. Tarbes est quand même un beau champion de France. Le premier qui, depuis 1993, ne soit pas Bourges ou (feu) Valenciennes. Mais la saison n'est pas terminée pour autant. Il y a encore une finale à jouer. Et une très belle. Sur une manche sèche, à Bercy le 16 mai, avec la Coupe de France en jeu.
Remontées comme des pendules pour Bercy ?
Les Tango seront sans doute remontées comme des pendules après le camouflet essuyé hier soir, sur les bords de l'Adour. Dans le jeu, sur leur intelligence tactique, elles ont prouvé qu'elles avaient les moyens de lutter avec les Tarbaises qu'elles ont laissées à 54 points dans leur salle, ce qui est tout de même une référence au plan défensif. Seulement, il faudrait que l'adresse et la réussite soient au rendez-vous. Car en finissant un match à 23% de réussite aux tirs (14 paniers) et à 45% aux lancers (9/20), et seulement 40 points marqués, il est impossible de gagner, a fortiori une finale,.
Christian Ragot