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Une autre philosophie face à l'argent roi
Le Bourges Basket a atomisé Challes-les-Eaux (85-44)
Intraitable en défense, le Bourges Basket a fait preuve d'une belle réussite, hier soir, pour sa première au Prado. Challes n'a vraiment pas existé.
Pour son premier match de la saison à domicile, le Bourges Basket se frottait à un client : Challes, qui avait fait belle impression lors de l’Open parisien. D’ailleurs, dès l’entame du match, la troupe d’Aldo Corno montra qu’elle était venue en Berry pour lutter les yeux dans les yeux. Challes s’offrit un premier avantage, sur un trois points d’Alexis Plagnard (8-9, 5e). Pas de quoi faire dévier les Tango de leur schéma de jeu.
En défense, ce fut d’entrée intraitable, notamment sur Mistie Bass, parfaitement ciblée et tenu par Emmeline Ndongue puis Ilona Burgrova. Et, sans avoir l’air d’y toucher, mais avec une parfaite sélection offensive, le Bourges Basket planta en passant un 11-0, histoire de finir le premier quart (23-14, 10e).
Le deuxième fut de la même veine. Malgré une Maja Miljkovic visiblement crispée par un premier match dans sa nouvelle maison, les joueuses de Pierre Vincent continuèrent de réciter, à la perfection, leur partition.
Complètement noyées par la défense berruyère, les filles des Alpes perdirent, inéluctablement, le fil. Au point de n’inscrire que… trois paniers sur ces dix minutes.
En face, les Berruyères réalisèrent un festival. Tout y passa, sanctionné par un superbe 62 % de réussite (contre 24 %) à la pause : jeu rapide avec Paoline Salagnac, intérieur avec Emmeline Ndongue et missiles signés Cathy Joens. La troupe savoyarde prit comme un uppercut, un rude 13-0, et regagna le vestiaire sonnée (45-23, 20e).
Un cavalier seul
Ce qu’elle vécut dans le troisième quart ne pouvait en rien lui redonner de l’oxygène. Car Bourges ne desserra pas sa prise d’un iota. Avec une Mistie Bass rapidement nantie de trois fautes, Challes resta six minutes muet, avant que Sidibe, enfin, ne débloque le compteur.
Et dans le même temps, Bourges continua de jouer les rouleaux compresseurs. Avec une réussite totale, ce qui n’était pas que le fruit du hasard. Il y avait, sur l’instant, comme de la perfection, dans les choix comme dans la réalisation.
Maja Miljkovic, plus à son aise, profita du temps de jeu offert par Pierre Vincent pour, cette fois, bien mener la barque. Les Tango se trouvaient parfaitement, trouant à tout coup la défense adverse. D’un trois points, Stella Kaltsidou fit grimper l’écart à plus de trente unités (55-23, 24e).
Loin de s’arrêter en si bonne voie, la shooteuse grecque récidiva dans la foulée, toujours derrière les 6, 75 m. Et comme ça rigolait, Cathy Joens en planta un à son tour, provoquant un nouveau temps mort d’Aldo Corno (61-28, 28e).
Quand on vit Cathy Joens garder le ballon en mains plusieurs secondes avant d’aligner à trois points comme dans un fauteuil, on comprit l’impuissance, la résignation, des visiteuses (70-36, 33e).
Pierre Vincent put rentrer plus encore dans les rotations, en prévision de l’Euroligue de mercredi. De toute façon, c’était un soir où tout souriait. Margaux Galliou, à peine rentrée, fit monter l’écart à quarante points, d’un tir primé (78-38, 35e). Le Prado pouvait montrer sa joie…
Hervé Le Fellic