Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
article du Berry précédent :
Une remontée au score qui fera date !retour à la liste article du Berry plus récent :
Le Bourges Basket joue ce soir (20 heures) à Mondeville
Bourges a su trouver la voie en attaque
Si les Tango ont su s'adapter défensivement, c'est bien leur attaque qui leur permit de faire exploser Gorzow, dans le dernier quart-temps.
Quelle empoignade ! Franchement et sans vouloir vexer qui que ce soit, l'Euroligue, c'est tout de même autre chose que le quotidien de la Ligue féminine. Et il a fallu que le Bourges Basket se trouve, hier soir, des trésors d'énergie et de volonté, pour se sortir d'une situation bien mal embarquée.
« J'ai touché la victoire », confia même le coach polonais, Dariusz Maciejewski. Pendant 27 minutes, quand sa troupe se retrouva nantie de dix longueurs d'avance (35-45, 28e).
Jusque-là, le scénario concocté par Gorzow était parfait. Il s'appuyait largement sur les larges épaules de Leuchanka, sur les jambes de Richards. Pas assez sur une expression offensive plus collective.
« On a très bien joué pendant trois quarts temps », analysa l'entraîneur polonais. « On était dur et efficace en défense, aussi bien collectivement qu'individuellement. On avait vraiment une bonne expression, on contrôlait le match et le rythme. »
Et tout changea, par la magie de la fougue berruyère. « Pour moi, la 3e faute de Leuchanka est un moment important du match », continua le coach visiteur. « Je la rappelle sur le banc, où je la garde peut-être un peu trop longtemps. Quand elle est revenue sur le parquet, elle n'était plus dans le match. »
Tout bascula, irrémédiablement. « Dans le dernier quart, on n'a rien réussi, en défense comme en attaque. »
Tempête au Prado
Gorzow se retrouva balayé comme un fétu de paille, emporté par la tempête du Prado. « On gagne parce qu'on a su mieux attaquer dans le dernier quart », avoua, visiblement soulagé, Pierre Vincent, le coach berruyer.
Longtemps, il s'était creusé les méninges, pour offrir aux siennes une solution, une piste. Elle arriva après de longues recherches et bien des tentatives, par le biais d'une sortie d'écrans modifiée. Ce dont profita pleinement, par exemple, Endy Miyem. « Avant, on s'était un peu perdu, face à une belle opposition.»
Bourges avait aussi laissé quelques ballons en route, par excès de précipitation. Et en Euroligue, ça se paie cash, toujours. Il y eut aussi, de ci, de là, des petites bévues défensives. « On a un peu perdu notre latin sur les changements défensifs. On laisse aussi Richards driver et donc s'offrir des paniers faciles.»
Fort heureusement, les Berruyères surent s'adapter, au fil des minutes. En fermant davantage les portes à la meneuse australienne, et en mettant une pression encore plus forte sur la grande Leuchanka.
« On est ensuite venu en aide, sur elle », expliqua Pierre Vincent. On la vit alors coincée entre les grands bras d'Emmeline Ndongue ou d'Ilona Burgrova, mais aussi par les extérieures berruyères, style Cathy Joens. « On a pu, alors, lui prendre des ballons dans les mains. » Pour autant de munitions en moins d'un côté... et en plus de l'autre. « On a pu limiter son impact sous le cercle et ça a eu son importance dans notre succès. »
Leuchanka, mais aussi Richards, peut-être un peu trop individualistes, se retrouvèrent complètement coupées de partenaires d'un coup chargées d'alimenter la marque. Pas simple, quand on n'a pas été sollicité pendant de si longues minutes...
Et Gorzow craqua, complètement. Le trou noir. Et un succès pleinement convaincant, pour les Tango. Il veut dire quelque chose, celui-là. Il promet, surtout. Parce qu'avec un tel mental...
Hervé Le Fellic