Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Pao récolte les fruits du travail consenti
Pas très spectaculaire, mais efficace
C'est sans surprise qu'au terme d'un match triste comme pas permis, les Tango ont préservé leur invincibilité, en championnat de France.
Les deux protagonistes avaient des objectifs radicalement opposés, samedi soir. Côté berruyer, il s'agissait de retrouver le fil conducteur, et de remiser la gifle reçue mercredi à Valence au rang des souvenirs douloureux. Calais venait en Berry pour ne pas en prendre une, et confirmer la belle capacité de résistance affichée lors des rencontres précédentes.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les joueuses de Cyril Sicsic se sont vautrées sur toute la ligne. Au point de susciter ce commentaire de leur coach : « On ne joue pas comme une équipe de Ligue féminine. On a été médiocre en attaque et naïf en défense. »
Calais dans l'impasse
On a surtout senti les Calaisiennes poussées dans une impasse par leurs propres options. Brouiller constamment les cartes, par d'innombrables changements défensifs, par une contestation permanente (et pas toujours licite) des déplacements et des tentatives de tirs adverses, ça permet de retarder l'échéance. Mais ça dévore aussi tant d'énergie, qui manque forcément quand il faut de la lucidité en attaque.
« Oui, mais si on ne défend pas comme ça, quel talent on a en attaque ? Il nous faut plus de possessions de balle que notre adversaire ! », argumenta le coach calaisien.
Le résultat ne plaide pas en faveur de la méthode, il faut bien le reconnaître. Et franchement, les débats, physiques à souhait, n'eurent rien de passionnant. « On a fait illusion pendant douze minutes, et c'est tout », pesta Cyril Sicsic.
Bourges à l'usure
Le temps pour les Berruyères de se régler, de trouver le bon ton. « On a subi, au départ, les changements défensifs. On a manqué de discipline, de patience, notamment en prenant des tirs à trois points qui ne s'imposaient pas », expliqua Pierre Vincent, le technicien berruyer.
Ces orientations erronées furent sanctionnées par un petit 31 % de réussite au tir, dans les dix premières minutes. Ce fut à peine mieux dans le quart suivant. « On n'avait pas assez d'alternance », selon le coach tango.
Dont la troupe ne fut jamais inquiétée. De suspense, il n'y eut point : l'issue ne faisait aucun doute, seule l'addition restait une inconnue.
Elle se corsa singulièrement dans les vingt dernières minutes, quand les Tango eurent une bien meilleure lecture des options défensives adverses. Insensiblement, le Bourges Basket prit ses aises, plantant un 10-0 aussi bien par Emmeline Ndongue (panier plus lancer) que par la dynamique Paoline Salagnac (54-33, 28e).
Ce fut encore la véloce arrière tango qui, d'un beau tir extérieur, amena le plus gros écart du match, à quelques secondes du terme (74-43, 39e). Un dernier panier de Sylvie Gruszczynski évita à Calais de terminer à plus de trente longueurs, mais c'est vraiment anecdotique.
Maintenant, place à Orenbourg
Dominateur dans tous les secteurs de jeu, le Bourges Basket a parfaitement fait le job, comme on dit. Il reste invaincu en championnat et c'est bien l'essentiel. Reste maintenant à assurer le coup, en Euroligue.
Mercredi, c'est Orenbourg qui sera au Prado. Une équipe russe en grande difficulté, avec déjà deux défaites au compteur. Il faudra se mettre au niveau des joutes européennes, pour tailler la route et garder la maison inviolée. Condition nécessaire pour qui veut aller loin.
Hervé Le Fellic