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Euroligue : voilà une victoire tango qui fait du bien !
« Je dois apprendre a être patiente »
Anaël Lardy commence à prendre ses marques au sein du Bourges Basket où elle honore sa deuxième année de contrat. Mais la meneuse de jeu tango est loin d'être satisfaite de son niveau de jeu, même si les progrès sont évidents
Anaël Lardy est sans concession... Pour elle-même. Perfectionniste jusqu'au bout des ongles, lucide sur son potentiel, la meneuse de jeu du Bourges Basket et de l'équipe de France est impatiente de se montrer à la hauteur de la mission que Pierre Vincent entend lui confier. Rencontre.
Anaël, tu entames ta deuxième saison à Bourges. Te sens-tu complètement adaptée et adoptée ?
Au quotidien, je me sens de plus en plus à l'aise. L'année dernière, en arrivant à Bourges, un club où il y a des impératifs de résultats, la pression était énorme. Ça n'était pas facile à gérer. D'autant que je suis d'un naturel timide. Maintenant, j'ai mes repères tant en ville que sur le terrain et avec le coach. Je sens que je progresse. Je travaille beaucoup pour avoir ce petit déclic qui me permettra de franchir un cap et devenir enfin la joueuse que j'aimerais être...
Sens-tu une évolution dans ton jeu ?
Oui, par rapport à la saison dernière, il y a du mieux. Je connais mieux les systèmes ; je comprends mieux ce que le coach me demande. La difficulté, maintenant, c'est de mettre tout ça en application pendant les matches. C'est le plus difficile. Et comme je ne suis pas du genre patiente, surtout avec moi-même, il m'arrive parfois de me crisper. Et de passer à côté de ce qu'il faudrait faire.
Avoir disputé le Mondial cet été avec l'équipe de France a aussi été un plus dans ta progression ?
Forcément. Enchaîner une saison en Euroligue et un Mondial, c'est énorme. J'ai mûri, c'est sûr. En affrontant les meilleures joueuses et les meilleures équipes du monde, j'ai gagné en dureté dans le jeu, en expérience aussi.
On a l'impression que tu as enfin trouvé ta place dans cette équipe berruyère...
Je m'y sens plus à l'aise que la saison dernière, c'est vrai. Mais je dois pouvoir encore apporter plus, peser davantage sur le jeu. Je travaille pour ça mais je dois y arriver sans me mettre trop de pression. C'est mon défaut.
Ne pas te mettre trop de pression, c'est le conseil de Pierre Vincent ?
Je suis très exigeante avec moi. C'est tolérance zéro. J'ai du mal à supporter l'échec. Je sais que ce n'est pas bien car si je ne vois que ce qui est négatif dans mon jeu, je ne vais pas avancer. Il me faut apprendre à distinguer le positif et le négatif pour mieux réagir.
Et où penses-tu devoir le plus progresser?
Je dois absolument mettre plus d'impact dans les fins de possession de balle ; comprendre à quel moment précis je dois chercher les shooteuses. Je sais ce qu'il faut faire mais j'ai du mal à l'appliquer. Question de travail, d'expérience. Surtout, je dois apprendre à être patiente, pour mieux maîtriser les choses.
Et t'adapter à une nouvelle shooteuse (Cathy Joens, ndlr)...
Ça fait partie du jeu. Cette année, il n'y a que deux nouvelles joueuses à intégrer, c'est plus facile que l'an dernier où nous étions cinq nouvelles (Burgrova, Salagnac, Digbeu, Kaltsidou, Lardy, ndlr). Nous avons tout pour réussir une très belle saison. Tout le monde est très impliqué pour aller le plus haut possible.
Comment se passe la cohabitation avec Maja Miljkovic à la mène ?
On s'entend très bien, franchement. D'autant que le coach partage les temps de jeu très équitablement. Nous jouons ensemble, pour l'équipe, et non pas l'une contre l'autre pour une question de suprématie. Nous sommes complémentaires. C'est la première fois que je me trouve dans ce cas de figure, avec une meneuse de la même génération, y compris en équipe de France, et ça se passe très bien, vraiment.
Demain (lire ce soir), c'est Orenbourg...
Oui, encore un gros match comme à chaque fois en Euroligue. Il ne faudra pas attendre vingt minutes, comme contre Gorzow ou à Valence, pour entrer dans le match. C'est un autre niveau que le championnat de France, notamment question engagement et impact physique. On a encore un peu de mal à s'adapter ; à trouver tout de suite le bon rythme et l'agressivité nécessaire. Il faut impérativement comprendre plus vite ce que l'adversaire propose, tant au plan offensif que défensif et répliquer aussitôt. Sinon, on sera en difficulté. On ne remontera pas toujours au score comme on l'a fait contre Gorzow... Mais j'ai confiance. »
Christian Ragot