Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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«Ce n'est plus la même équipe de Brno»
Comme une belle opportunité a saisir
Face à une équipe de Brno loin de son glorieux passé, le Bourges Basket peut signer une excellente opération. À condition d'imposer son jeu.
On a tellement connu de formations berruyères dans leurs petits souliers, au moment d'aller défier le grand club tchèque, qu'on se pincerait presque pour y croire : oui, cette fois, le Bourges Basket apparaît comme le favori de la confrontation de cette fin d'après-midi.
« II y a un coup à jouer », affirme même Pierre Vincent, le coach berruyer. Qui n'a pourtant pas vécu que des moments heureux, face à son confrère, le désopilant Jan Bobrovsky.
Les générations se suivent et...
Seulement voilà : toutes celles que le grand bonhomme du basket tchèque avait nourries à son biberon, à son basket aussi simpliste qu'efficace, sont parties. « C'est une équipe qui repart de zéro », estime l'entraîneur des Tango.
Visiblement, à Brno, on n'a pas pensé à assurer la relève. Les joueuses tchèques ne sont pas (pas encore ?) à la hauteur, et servent, au mieux de rotations. Les étrangères sont au pouvoir et proposent un jeu toujours marqué par autant de simplicité, de dépouillement. « Ça tire beaucoup, c'est attiré vers le cercle comme vers le shoot extérieur », commente le stratège tango. Qui ajoute : « Le plus simple n'est pas forcément le plus facile à mettre en œuvre... ni à contrer. »
Même si Brno a grandement perdu de sa superbe, même si c'est « peut-être l'équipe la plus faible du groupe », selon Pierre Vincent, ça reste « un match à l'extérieur ». Avec tout ce que ça peut comporter.
Séduire à l'export
Il conviendra de ne pas laisser Eldebrink, l'ancienne Tarbaise, prendre feu à trois points. Il faudra aussi contenir l'abattage, la force athlétique, d'une Cheryl Ford de retour de blessure. Gare aussi à l'emprise qu'a sur le jeu tchèque la meneuse serbe Jelena Skerovic, qui aime partir en drive et monter à l'arceau.
Sur son début de saison, sûr que le Bourges Basket a les moyens de ses ambitions. On peut faire confiance aux joueuses de Pierre Vincent pour ne pas laisser des boulevards à leurs adversaires. Dans le jeu de un contre un qui se profile, il ne faudra rien lâcher dans les duels.
À Bourges aussi d'imposer son rythme. Brno ne tourne qu'à six joueuses, il y a moyen de les mettre dans le rouge. Offensivement, même si la réussite n'est pas toujours au rendez-vous, les pistes empruntées sont les bonnes.
On en a eu la preuve sur les deux derniers matches, face à Orenbourg et à Basket Landes. En ces deux occasions, les Tango, dominatrices, n'avaient pas trouvé la juste récompense de leurs efforts. Parce que, à l'image de Cathy Joens, ça ne voulait pas sourire, question scoring.
En attendant que l'Américaine, précieuse dans d'autres domaines, se débarrasse des quelques doutes qui polluent actuellement sa gestuelle, le collectif berruyer sait se sortir de mauvaises passes. En s'obligeant à la patience, en jouant aussi les pénétrations, pour s'offrir ces lancers forcément précieux dans le money time.
Un match charnière ?
« Ça tourne dans le bon sens », peut se réjouir Pierre Vincent. « On arrive à trouver les bonnes options, et c'est une attitude juste. Forcément, ça donne confiance : on sait maintenant que, quand on est moins bien, on a les moyens de se refaire. »
Les voyants sont donc au vert, et c'est heureux, car la période qui s'ouvre peut rapporter gros... ou coûter très cher. Il y a comme une allure de charnière : un succès à Brno, et la voie serait dégagée, avant d'aller à Schio et Gorzow. Un succès à Brno, et la confiance serait au zénith, avant la réception de Tarbes, dimanche. Alors, come on, girls...
Hervé Le Fellic