Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Les tango font fructifier le money time
Le Bourges Basket reçoit le Tarbes Gespe Bigorre au Prado à 15h30
Les deux derniers finalistes du championnat seront face à face, invincibilité et leadership en jeu. Comme si rien ne changeait, dans cette Ligue féminine?
Quand on frappa les trois coups de l'actuelle saison, il y a quelques semaines, on n'imaginait pas forcément que ce Bourges - Tarbes serait aussi lourd d'enjeu. Que les deux derniers finalistes du championnat y parviendraient invaincus, et qu'ils y joueraient une partie de cette si précieuse première place de la saison régulière.
Non, on en voyait bien d'autres, pour jouer les trouble-fête, pour bousculer la hiérarchie : Nantes, Mondeville, Montpellier... Mais tous sont déjà tombés de leur piédestal.
On prend donc les mêmes et on recommence... « C'est une incongruité », lâche le nouveau coach de Tarbes, Alain Jardel. « Ce n'est pas normal qu'une telle rencontre se dispute dans le premier quart du championnat. »
Les deux rivaux sont-ils sur la même ligne ? Pas sûr. Côté berruyer, on aura comme premier avantage d'évoluer à la maison, où il n'est pas simple de venir bousculer la hiérarchie.
Le deuxième avantage pour l'équipe de Pierre Vincent, c'est la dynamique. Depuis la claque reçue à Valence, les Tango montrent un visage aussi séduisant qu'efficace. Leur capacité à faire la différence en fin de rencontre est le signe de leur confiance, et nourrit cette dernière. Il n'y a guère que les bobos, comme la douleur à la jambe que ressent Stella Kaltsidou (qui passera sous peu des examens) pour ternir, un peu, le tableau.
Identique au plan comptable, la situation tarbaise ne l'est pas dans les faits. Et Alain Jardel ne s'en cache pas : « Je suis en train de construire le Mecano. Les résultats de Bourges et de Tarbes n'ont pas la même hauteur. Nous, on est dans la souffrance, quand Bourges domine largement le championnat. Cette équipe est un bloc que nous ne formons pas encore. Il y a pour Bourges la patte de l'entraîneur, les retouches efficaces, et la progression de celles qui étaient déjà présentes la saison précédente. Nous, on est un pseudo leader, pour quelques heures. » Ne pas se fier à l'eau qui dort...
Exit ce formidable point d'ancrage qu'était Isabelle Yacoubou. Envolés, les talents offensifs de Breitreiner, Sacko, Eldebrink... Tarbes, qui a été « corrigé » au Spartak Moscou, ce qui peut laisser des traces, est bien différent, dans ses qualités, dans son expression. « Cette équipe vit par ses pattes arrière », image le coach de Bourges.
Manière de dire que le danger premier, ce sont les extérieures. On ne présente plus l'importance de Flo Lepron à la mène. Sa taille va lui permettre de poser des problèmes au duo Anaël Lardy - Maja Miljkovic... et inversement.
La taille... C'est l'un des arguments du champion de France en titre. « Alain est un des meilleurs entraîneurs français, il connaît le jeu », complimente Pierre Vincent. « Il sait que les centimètres, c'est utile, surtout quand on y adjoint une belle mobilité. »
« Un poste 2, Erin Thorn, scoreur, un poste 3 ; Dubljevic, créateur, qui sait tout faire ; des intérieures qui n'ont pas le physique de Yacoubou, mais qui ont de la taille. » De quoi poser des problèmes à tout le monde.
Il faudra que les Tango adaptent leur défense au profil de cet adversaire, de ces adversaires. Qu'elles fassent preuve d'intelligence, car on ne stoppe pas Ana Cata-Chitiga, adroite mais qui n'aime guère être contestée, comme Naura El Gargati ou Vaida Sipaviciute.
Bourges devra aussi exploiter sa capacité à créer le danger de tous les recoins du terrain. En ce sens, le retour en confiance de Cathy Joens, très en vue mercredi à Brno, est une très bonne nouvelle. Car son aisance à trouver le cercle ne sera pas de trop.
Hervé Le Fellic