Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Une voie large comme un trou de souris
Cà s'est joué à l'expérience...
II n'y avait pas grand écart, entre les deux meilleures équipes françaises, hier. Bourges s'est imposé sur le fil pour avoir eu une meilleure gestion des derniers instants.
Longtemps ils sont restés, dans le Prado déserté, à discuter. Pas du match, mais de basket en général. Cette partie, qui les avait tellement mis sur les nerfs, elle était déjà derrière eux.
Chacun en tira des motifs de satisfaction. Alain Jardel apprécia de s'être « mesuré au maître étalon français en la matière, qu'on a sérieusement inquiété. On aurait pu finir plus près encore, en maîtrisant mieux les cinq dernières secondes ».
Un vrai sommet du basket féminin
Car il y eut, finalement, deux matches en un : le final, et le premier, sur 39'15 ; qui vit chaque équipe tirer profit de ses propres arguments, et enrayer le jeu adverse. Pour aussitôt perdre un avantage si chèrement acquis. « Bourges a été largement dominant dans la maîtrise du ballon, comme le montrent ses soixante tirs. Nous, on a été largement devant, question rebonds (39 à 26, NDLR). » Ça n'a pas suffi à des Tarbaises qui peuvent regretter leurs trop nombreuses pertes de balle (22, contre 15 aux Tango).
« On n'a pas toujours maîtrisé », regretta de son côté Pierre Vincent, le coach berruyer. « Face au stress, il est arrivé qu'on subisse plus qu'on ne crée. On va par exemple chercher des fautes à la noix. C'est n'importe quoi, car on donne des lancers qui remettent l'adversaire dans le coup. Il faut garder le contrôle de son cerveau. »
Heureusement pour les Tango, les nerfs, les mains, de Cathy Joens comme d'Endy Miyem, ne tremblèrent pas, dans les derniers instants cruciaux. Bourges s'appuya aussi sur la capacité constatée lors des derniers matches d'aller arracher la gagne. « Bourges a plus l'habitude que nous de ces moments chauds », lâcha, avec justesse, l'épatante Florence Lepron. « Nous, on n'a pas su gérer ces derniers instants correctement. »
Les deux équipes ont en tout cas montré qu'elles étaient encore bien parties pour dominer, cette saison encore, la saison hexagonale. « Bourges est la première équipe que je rencontre cette saison qui sait ce qu'elle fait », estima Alain Jardel. De leur côté, les Berruyères ont été inquiétées, menacées, comme jamais depuis le début de la saison française.
Plusieurs fois, elles auraient pu, auraient dû, enfoncer le clou. Jamais elles n'ont pu cumuler dix longueurs d'avance, même en limitant bien le rayon d'action de Dubljevic, débarquée en Berry avec la pancarte de meilleure marqueuse du championnat.
Il faudra encore mieux tenir les nerfs, dans ces situations chaudes. Car elles ne vont pas manquer de se renouveler. Et pourquoi pas dès jeudi chez les Italiennes de Schio ?
Hervé Le Fellic