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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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08 décembre 2010   « Pas au niveau où je voudrais être...»

« Pas au niveau où je voudrais être...»

Épatante au Mondial avec les Bleues, Jennifer Digbeu a plus de mal, offensivement, avec Bourges pour qui elle apprend à défendre. Explications.


Malgré ses 40 sélections en équipe de France, Jennifer Digbeu est encore une très jeune joueuse. Normal, direz-vous, à 23 ans... Donc très perfectible. D'autant plus quand on doit couvrir deux postes : ailière sous le maillot tricolore, intérieure (poste 4) avec les Tango. Il faut du temps pour assimiler tout ça et apprendre à être efficace des deux côtés du terrain. En attaque comme en défense. Jenn a bien conscience qu'elle peut faire beaucoup mieux que ce qu'elle montre actuellement. Qu'on attend davantage d'elle, notamment au niveau du scoring. Mais le temps travaille pour elle. Ça va venir, c'est sûr. Et pour cela, elle suit à la lettre les consignes de son coach à la double casquette (équipe de France et Bourges Basket). Elle bosse en silence. Même si parfois elle a du mal à masquer une certaine frustration. Rencontre.

Jennifer, gagner à Corzow puis à Nantes avant de rentrer à la maison, ça fait du bien ?
Et comment ! Depuis deux semaines, avec quatre déplacements à la file (Schio, Villeneuve-d'Ascq, Gorzow et Nantes, ndlr), c'était plutôt galère. Ça fait plaisir de retrouver son lit et le Prado. À Nantes, ça a été difficile. On leur a laissé trop de paniers faciles en première période. En revanche, en deuxième, on a mieux joué en respectant nos plans de jeu.

Valence, ça va être un autre niveau...
Certes, mais ça reste un match comme les autres. Un match qu'il faut gagner, surtout au Prado.

Il n'empêche, vous aviez concédé 27 points en Espagne...
C'est vrai mais à là-bas, c'est davantage nous qui avions déjoué plutôt que Valence qui avait bien joué. C'est une équipe qui s'appuie plus sur de fortes individualités que sur un collectif. Dans les duels, on avait eu du mal. Et en Euroligue, le moindre petit moment de relâchement se paye cash. C'est ce qui s'était passé en Espagne... On a au moins appris qu'il ne fallait surtout pas les laisser jouer.

Finalement, cette défaite concédée à Valence a peut-être eu un effet bénéfique sur vos prestations ultérieures ?
Je ne sais pas mais forcément, après un tel revers, on s'interroge. On se demande ce qui a bien pu se passer pour arriver à la conclusion suivante : on n'y était pas. Point ! Et qu'il fallait passer à autre chose... D'ailleurs, contre Orenbourg, on a dû énormément s'employer et on a gagné.

Physiquement, avec un calendrier aussi démentiel, où en êtes-vous ?
Ça va, même si tout le monde aspire aux vacances. On a enchaîné directement avec le championnat et l'Euroligue après le Mondial et ça se fait sentir. Plus que les matches, ce sont les déplacements, interminables et épuisants nerveusement, qui nous coûtent.

Et sur un plan plus personnel ?
Même si je ne suis pas du genre à m'attarder sur les stats, je suis bien consciente que je ne suis pas au niveau où je devrais, où je voudrais être. Je sais ce qu'on dit. Et surtout ce que disent les stats. J'ai été recrutée l'année dernière sur mes qualités de scoreuse et force est de reconnaître que je ne marque pas beaucoup. Quelque part, c'est frustrant. Maintenant, ce n'est pas non plus dramatique dans la mesure où l'équipe gagne. Et que je fais ma part de boulot. Je n'ai pas à me dire, j'apporte quoi ? Ce serait me mettre une pression supplémentaire. D'ailleurs, le coach continue de me faire confiance et c'est le plus important. Sur ses conseils, je m'attache à bien défendre, à lutter au rebond, à gagner des duels. Moi qui ai toujours été une scoreuse, dans la mesure où je ne marque pas beaucoup, je cherche à être meilleure ailleurs, voilà !

En équipe de France, tu scorais davantage...
C'est vrai mais le contexte est différent. Et je n'évolue pas au même poste à Bourges (poste 4) et en équipe de France (poste 3). Je sais quel est mon rôle ici. Je sais aussi ce qu'attend Pierre Vincent. Il ne veut pas voir de tirs gâchés ; rien que des shoots parfaitement sélectionnés. Après, que ça rentre ou non, c'est une question d'adresse pure, ou de réussite. Mais l'esprit du jeu est respecté. En fait, si je ne marque pas beaucoup, c'est peut-être aussi parce que je ne prends pas beaucoup de tirs. Et ceux que je prends le sont à bon escient.

À 23 ans, tu as encore tout l'avenir devant toi pour devenir une joueuse complète, forte en défense et efficace en attaque.
J'espère. Je travaille pour ça. C'est vrai qu'en arrivant à Bourges, j'avais bien des lacunes en défense. Je pense avoir progressé dans ce secteur de jeu. Maintenant, j'aimerais bien me requinquer offensivement. J'en ai besoin. C'est dans mon tempérament. Pour l'instant, j'ai du mal à masquer une certaine frustration dans ce domaine...


Christian Ragot


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