Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Les Berruyères sont sur la voie idéale
Intelligence et lucidité dans la tempête
Malmené pendant un quart d'heure, Bourges a su revenir sur de bonnes bases, défensives comme offensives. Et, à force de maîtrise et de réflexion, la gagne fut au bout.
Et voilà Bourges revenu sur les talons du champion d'Espagne, Valence. À égalité de points, à défaut d'avoir pu combler le très lourd éclat concédé dans la péninsule.
Ce fut au terme d'un vrai, d'un intense combat, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Chacune des deux formations a ses qualités propres, son domaine d'expression, son rythme favori.
Chacune imposa d'ailleurs sa science, tour à tour. Avec, comme à l'aller, avantage initial à Valence, véritablement impressionnant, quinze minutes durant.
Les Tango se laissaient trop surprendre par un adversaire gourmand comme pas permis sur les lignes de passe. « J'ai trouvé nos jeunes joueuses, nos meneuses tout particulièrement, un peu fébriles, dans les premières minutes », analysa Pierre Vincent. « Pourtant, on n'avait rien à perdre, l'enjeu n'était pas énorme. » Le souvenir de l'aller, lui, était bien présent...
« On sait que Valence est très efficace sur les lignes de passe, et on y va quand même », poursuivit le coach tango. « On a mis du temps à rentrer dans le match. Et quand l'adversaire mène au score, quand il peut se mettre en confiance, c'est difficile de revenir. »
C'est en serrant plus encore leur défense, en allant elles aussi au contact et en exploitant d'autres pistes offensives, que les Tango parvinrent à leur fin. Et qu'à son tour Valence se trouva dans l'incapacité de scorer, de développer son jeu.
« Le match fut serré tout le temps », lâcha, un peu dépité, Jordi Fernandez, le coach espagnol. « Jamais on n'a pu aller plus loin que cette dizaine de points d'écart. Ce fut à toi, à moi. Bourges a su revenir, passer devant. On est revenu à égalité, juste avant la fin... » Une fin qui, une fois encore (ah, les regrets du match de Schio), a tourné en faveur des Berruyères.
Parce qu'elles ont su mettre de l'intelligence, malgré la pression. Appliquant à la lettre les consignes de leur coach, même après son tout dernier temps mort, à quelques secondes du terme.
Laia Palau, la cible
« Bourges a mieux défendu, a su faire preuve d'agressivité, à son tour », analysa le tacticien espagnol. « Pour notre part, on n'a pas su avoir la bonne lecture du jeu. »
Tout le contraire de Berruyères redevenues solides, lucides surtout, malgré la pression d'un score étriqué en permanence. Malgré le prix de chaque attaque, de chaque rebond.
« On voulait d'abord mettre la pression sur Laia », expliqua Pierre Vincent. « Elle est le cœur de l'expression de Valence, la cible, c'était de l'user. » Mission accomplie par Anaël Lardy et Maja Miljkovic.
L'autre danger, c'était le physique, l'abattage, l'altruisme, de Rebekkah Brunson. « On commet quelques erreurs face à elle, mais on est parvenu à faire qu'elle force ses tirs, qu'elle s'énerve. » C'était essentiel, pour la gagne...
Hervé Le Fellic