Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Quand l'adresse est là, c'est plus facile
« Être capable d'agir plutôt que réagir »
Comme toute l'équipe, Endy Miyem n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau. Mais l'intérieur Tango sait pouvoir trouver la solution à ses problèmes ponctuels dans le travail et la persévérance.
Endy Miyem et ses coéquipières ont commencé l'année 2011 de façon laborieuse. Par une très large victoire, certes, mais en trompe l'œil face à Arras, suivie d'une défaite, la première cette saison en championnat, à Montpellier. Exit donc le challenge (proposé par les journalistes) de rester invaincues en phase régulière de la Ligue féminine. Rien de grave mais il convient de se remettre au boulot pour atteindre les objectifs fixés en début de saison : le doublé coupe championnat dans l'Hexagone et une qualification pour les quarts de finale en Euroligue. Pour cela, il faut un Bourges Basket à son meilleur niveau. Premier élément dé réponse ce soir contre Brno, un classique de l'Euroligue, qu'Endy Miyem, pas encore remise de ses vacances, juge décisif pour la suite de la compétition. Rencontre.
Alors Endy, ces vacances ?
Je les attendais, comme toute l'équipe, avec impatience. Le coach a trouvé que c'était trop long mais nous, les joueuses, non (rires) ! En-fait, avec une grosse semaine seulement de coupure, on n'a pas vraiment eu le temps de se reposer. On a eu une fin d'année 2010 épouvantable, avec un enchaînement de matches et de déplacements qui nous ont ruinées, physiquement en mentalement (onze matches en cinq semaines dont huit à l'extérieur, ndlr). Le retour d'Orenbourg notamment fut épique. Trop de voyages, trop de galères, c'est usant...
Ça explique votre reprise plutôt laborieuse ?
On a quand même passé plus de trente points à Arras mais c'est vrai que la manière pouvait laisser à désirer. Il y a eu des manques un peu partout ; beaucoup d'erreurs, des choix discutables... Le coach n'était pas content.
Et puis, il y a eu cette défaite à Montpellier...
La preuve que contre Arras, on avait obtenu une victoire en trompe l'œil. À Montpellier, même si on a été plutôt mieux dans le jeu, on a eu un gros problème d'adresse et d'automatismes. On a manqué de rythme et de lucidité. Et comme Montpellier a été plus réactive qu'Arras, elle nous l'a fait payer cash. Le fait de n'avoir que quelques séances d'entraînement dans les jambes a sans doute joué mais ça ne doit pas, ça ne peut plus, être une excuse.
Finalement, cette défaite dans l'Hérault peut agir comme un rappel à l'ordre...
Disons que c'est une claque préventive qui doit nous alerter sur notre niveau de jeu actuel. On saura seulement demain (lire ce soir) si elle a eu des effets bénéfiques en battant Brno. L'urgence, c'est de se reconcentrer sur le jeu, mettre les bouchées doubles à l'entraînement pour être capable d'agir plutôt que réagir.
Même si ce n'est plus le grand Brno, ça ne sera quand même pas simple...
Sûr. Ça reste un match d'Euroligue et c'est toujours difficile. À l'aller, je me souviens que cela avait été un peu chaud et qu'on n'avait fait la différence qu'en toute fin de match. Demain (ce soir, ndlr), il faudra être bien présentes d'entrée de jeu, sinon, on risque de le payer cash...
Sur un plan personnel, où en es-tu ?
Assez loin de mon meilleur niveau, je l'avoue. Depuis la reprise, je manque d'adresse. Et l'adresse, c'est mon fonds de commerce. Quand ça ne rentre pas, pour moi, ça devient vite compliqué. Il faut me remettre dedans, bosser, faire des séries de shoots à l'entraînement pour retrouver mes sensations et l'adresse. Le coach a vu que j'avais modifié mon geste. On en a parlé et on a, si je peux dire, rectifié le tir. Maintenant, il faut enchaîner les séries avec le bon geste...
Et l'adresse reviendra naturellement...
Je l'espère.
Mentalement, cette première défaite en championnat a t'elle laissé des traces ?
Je ne sais pas. À tout prendre, il est préférable qu'elle arrive maintenant. On va surmonter ça d'autant plus facilement que les autres équipes de tête du championnat, comme Tarbes ou Challes, ont également chuté. Là, on n'a plus à se poser de questions. Surtout en Euroligue. Il faut y aller... Retrouver le rythme, gagner puis enchaîner en continuant à travailler. Avec le soutien du public, j'ai confiance...
Christian Ragot