Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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« Être capable d'agir plutôt que réagir »
Il faut renouer avec le fil conducteur
Défait à Montpellier et en difficulté avec son jeu offensif, le Bourges Basket doit engranger les deux points, face à une équipe de Brno déjà éliminée.
A deux journées de la fin de la première phase européenne, le Bourges Basket peut naviguer en toute sérénité : la qualification pour les huitièmes de finale est déjà dans la poche.
Mais le travail n'est pas terminé pour autant : désormais, la tâche des Tango est d'empocher deux succès, sur Brno ce soir et sur Schio dans une semaine. Histoire d'augmenter leur capital points, et de s'offrir le meilleur classement possible, quand on rangera, selon leur nombre de victoires, les seize équipes européennes qui passeront au tour suivant. L'intérêt, c'est de figurer dans les huit premiers, histoire d'avoir droit à la belle éventuelle à domicile, en huitième de finale. « Ça pourrait nous ouvrir une voie », espère Pierre Vincent.
Sans Jennifer Digbeu
On pourrait croire que face au grand club tchèque, bien loin de son lustre d'antan, ça va tourner à la formalité. Copieusement chamboulée, et rajeunie, cette saison, la troupe de Jan Bobrovski n'a plus aucune ambition, en Euroligue. « Mais justement », prévient Pierre Vincent, le coach berruyer. « Brno n'a plus de pression, et ça rend d'autant plus dangereuse cette formation qui a une belle adresse dans le shoot extérieur ! »
Le souvenir du match aller suffit à confirmer cette réputation. Bourges l'avait emporté en République tchèque, certes (67-62). Mais avait dû ramer sec, après avoir pris 42 points dans les vingt premières minutes.
Le problème à régler, face à Brno, est triple. En tout premier lieu, il faut contenir la fougue de Cheryl Ford, qui avait inscrit 24 points à l'aller. « On va devoir défendre très fort sur elle », avance le coach berruyer. Qui va devoir se passer des services de Jennifer Digbeu, victime d'une infection. Une rotation de moins dans le secteur intérieur, ça tombe bien mal.
L'Américaine, qui tourne à 16 points et 14 rebonds de moyenne, monopolise l'attention. Mais le souci, c'est qu'on ne peut pas vraiment recourir aux aides défensives. Parce que c'est aussi se découvrir sur les positions extérieures, où des scoreuses comme Frida Heldebrink et Jelena Skerovic attendent les munitions avec délectation. Ce sera la deuxième face du problème à régler, côté tango : « Défendre intelligemment », comme le demande Pierre Vincent.
Il faut retrouver le langage offensif
La troisième tâche à accomplir concerne le jeu berruyer lui-même. Depuis la reprise, l'animation offensive hoquette. « Ce sont des soucis individuels comme collectifs », explique Pierre Vincent.
Qui a vu ses scoreuses habituelles, Cathy Joens, Stella Kaltsidou, Endy Miyem, marquer... le pas, aussi bien face à Arras qu'à Montpellier. Les conséquences de la coupure, selon le stratège berruyer. « S'arrêter autant, c'est énorme. On perd quelques repères, les lectures de jeu ne sont plus les mêmes. » Et la belle mécanique de précision, qui tournait à plein régime avant la trêve, se grippe.
Loin de s'arracher les cheveux, Pierre Vincent cherche les signes positifs. « On a été mieux en deuxième mi-temps, face à Montpellier. On a mis plus de tirs, on a trouvé les solutions, on a été davantage dans le rythme. » II faudra confirmer cette bonne tendance, pour mettre Brno à la raison.
Hervé Le Fellic