Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
article du Berry précédent :
Elle est devenue une rotation essentielleretour à la liste article du Berry plus récent :
les Slovaques n'ont pas tenu la distance
Ces filles-là ne sont jamais battues...
Malmenées en première période, les Tango se sont rebiffées après le repos, prenant pour la première fois l'avantage à la 35e minute sur un panier primé de Cathy Joens avant de finir en trombe.
On le sait, à ce stade de la compétition, le niveau s'élève fortement. Depuis quinze ans que les Tango se retrouvent régulièrement en 8e de finale, c'est le même refrain. Non pas tant au plan technique ou tactique. Non, c'est plutôt au niveau de l'agressivité, de la dureté dans les duels, de la valeur des individualités que se fait souvent la différence. Et dans ce domaine, les Anges de Kosice connaissent la chanson. Rien à voir avec le train train de la Ligue féminine. Là, pour espérer, il faut y aller à fond. Se déchirer.
Est-ce l'importance de l'enjeu ? La pression (qui n'avait pas vraiment lieu d'être...) ? Le manque d'informations sur un adversaire qui venait de bouleverser son effectif (départ de Zirkova et arrivées de Langhorne et Solopova, ndlr) ?
Rejetées à 13 points...
Toujours est-il que les Berruyères eurent toutes les peines du monde à entrer dans le match. Crispées pour ne pas dire fébriles, souvent en retard, subissant la pression de l'équipe slovaque, jamais les Tango ne furent en mesure de prendre vraiment la direction du jeu. Kosice faisait la loi des deux côtés du parquet. Et au panneau lumineux. On nota bien quelques égalités à 4-4 puis à 8-8 mais le Bourges Basket devait alors surtout une fière chandelle à Cathy Joens. Non, c'est plutôt dans le combat, notamment celui du rebond (7 à 12) que les Berruyères étaient dominées. Et les nombreuses rotations effectuées par Pierre Vincent n'y changeaient rien. Kosice, avec 8 rebonds offensifs, se régala sur les deuxièmes chances. Alors que de l'autre côté, les Tango avaient bien du mal à approcher le cercle. Et pourtant, à la fin du premier quart-temps, les Berruyères étaient à un honnête 60 % de réussite. Le problème, c'est qu'elles n'avaient pris que 10 shoots contre 20 (à 40 %) aux Slovaques : 15-19 (10e).
Et quand ça ne va pas comme on le voudrait, on s'agace, on prend des fautes (la 3e pour Kaltsidou à la 11e). Le cœur y était mais ça manquait de rythme face à Dupree et Langhorne, intenables en dessous. Débordées, les Tango prenaient un cinglant 9-0 et étaient rejetées à 13 points (23-36, 18e) sur un panier bonifié de Solopova. Ça devenait franchement inquiétant. Heureusement Cathy Joens était égale à elle-même et sur deux merveilles de shoot, elle ramenait Bourges à -6 au repos (30-36). Ça restait jouable.
À condition de mettre plus de rythme, plus d'agressivité et de contrôler le rebond.
Il fallait contrôler le rebond
Durant le repos, Pierre Vincent a dû recadrer ses troupes car à la reprise, le changement fut radical. Plus vives, plus agressives, enfin dominatrices au rebond (4 seulement pour Kosice contre 9 à Bourges dans le quart), les Tango emboîtaient le pas d'Emmeline Ndongue (trois paniers à la file) pour mettre la pression sur les Slovaques. Le Prado poussait mais Solopova et Langhorne retardaient l'échéance. À nouveau rejetées à -10 (46-56, 27e), les Berruyères, alternant bien le jeu et jouant juste, avec Miyem, Digbeu et Lardy recollaient à -6 (52-58, 30°) à l'attaque de la dernière ligne droite.
Kaltsidou sonne la révolte
La révolte sonna vraiment avec le premier panier de Kaltsidou : 55-58 (31e). Tout un symbole car l'ailière grecque allait contribuer à mettre le feu au Prado. Et sur un panier primé de Cathy Joens, impériale, Bourges passait pour la première fois devant : 62-60 (35e). C'était parti pour une fin de match au couteau. Les Anges de Kosice ne volaient plus dans la peinture. Emmeline avait pris la mesure de Langhorne et l'espoir avait changé de camp.
Les Berruyères étaient les premières sur le ballon et malgré deux ultimes paniers de Langhorne, meilleure scoreuse du match, Miljkovic, Kaltsidou et Joens arrachaient une victoire à l'énergie lors d'un money-time parfaitement négocié et interdit aux cardiaques. Sacré match. Sacrées filles !
Christian Ragot