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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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04 février 2011   « Je reste énormément sur mes gardes »

« Je reste énormément sur mes gardes »

Oui, cette équipe tango a une âme, de la volonté et de la combativité à revendre. Elle a aussi de belles armes à sa disposition. Mais sa capitaine ne s'enflamme pas pour autant...


Malgré l'indéniable avantage d'avoir remporté mardi l'aller, et de savoir qu'on a toujours une belle au Prado pour se rattraper, Emmeline Ndongue, la capitaine berruyère, ne s'enflamme pas. Mais a pleinement conscience des capacités de sa troupe.

« On ne pouvait pas se laisser ainsi marcher dessus!»

Emmeline, il a fallu une sacrée dose de caractère pour revenir puis passer les Slovaques, mardi.
Il y a dans le groupe une vraie âme, une volonté de ne pas se laisser faire. Sur le match aller, Kosice a mis d'entrée plus de hargne que nous, plus d'agressivité. On avait pourtant été prévenues par Pierre (Vincent, NDLR), mais on ne s'attendait pas à ce qu'elles suivent autant tous les ballons, au rebond. On n'avait pas encore été confrontées à ça, cette saison. On ne contrôlait rien, et on ne pouvait pas se laisser ainsi marcher dessus. Ce n'était pas possible. Alors, on s'est retroussé les manches, et c'était parti. On a su rectifier les choses.

On sent dans cette équipe une fierté, mais aussi une connivence nourrie, par exemple, par les galères vécues en décembre (*).
Ce fut une période difficile. Quand on est revenues d'Orenbourg, on s'est retrouvées séparées les unes des autres, ce qui a amené de l'inquiétude. Oui, on a partagé ça et on s'en souvient. Ça ajoute au fait qu'on forme un bon groupe. On aime partager, en dehors du basket. Est-ce que ça aide ? On peut très bien ne pas pouvoir se blairer, et pour autant bien jouer ensemble. Mais c'est vrai que c'est tout de même plus agréable quand ça se passe bien.

Une des différences avec la saison dernière, c'est aussi qu'on vous sent mieux armées.
Il y a l'apport indéniable de Cathy (Joens). Ça change pas mal de choses. C'est une arme supplémentaire. Elle score, mais elle attire aussi la défense adverse, et ça crée des espaces pour les autres, à l'extérieur ou non. Mais il y a aussi le fait qu'on n'a pas eu, cette fois, de blessées. Stella (Kaltsidou) me rappelait que la saison dernière, elle n'était pas à Kosice. Tout comme Ana Lelas, d'ailleurs. Enfin, le groupe a mûri, on se connaît toutes mieux, on sait aussi plus vite où veut aller le coach. On a franchi là un cap important.

« Kosice peut être plus agressif encore »
Suffisant pour passer dès ce match retour en quarts de finale ?
Je reste énormément sur mes gardes ! Sur le match aller, on a eu de l'adresse, on a vu les paniers à trois points rentrer au bon moment. On n'aura peut-être pas la même réussite sur ce match retour. En plus, Kosice peut mettre plus d'agressivité encore. La pression liée au fait d'être dos au mur peut transcender les Slovaques. Pour moi, elles peuvent hisser leur niveau de jeu à un niveau supérieur à ce qu'elles ont montré au Prado.

Il y a une chose évidente, c'est qu'il faudra garder, dans un contexte qui risque d'être chaud, toute sa lucidité.
Oui. On sait ce qu'on doit réaliser : il faudra les bloquer au rebond ; mieux contrôler aussi leur jeu de transition (passage de phase défensive à offensive, NDLR). Il faudra aussi qu'on sache, de notre côté, trouver les solutions en attaque. Pour ce qui est de ne pas céder à l'affolement, je pense que l'équipe est prête à réagir ; à garder son sang-froid. Même si ça ne sourit pas, on reste sur la même ligne, on se dit que ça va aller, qu'on va y arriver. On est entré dans une période où tout est décisif, en Euroligue au moins. Et on sait qu'on a maintenant la capacité à mieux lire ce qui se passe sur le terrain. Ça aide...

(*) Par deux fois, les Tango avaient été coincées par la neige en Allemagne. Elles avaient même mis deux jours pour aller, en ordre dispersé, d'Orenbourg à Toulouse.

 
Hervé Le Fellic

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